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Gabon / Sida : nouvelle rupture de stocks d’antirétroviraux
poste par Dimitri Mimongo / 28 janvier, 2022
https://www.gabonreview.com/gabon-sida-nouvelle-rupture-des-stocks-dantiretroviraux/

Trop focus sur le Covid-19 qui n’a fait que 301 décès en 3 ans, les autorités 
sanitaires du Gabon abandonnent le Sida qui a fait 1100 morts durant la seule 
année 2019. Les personnes vivant avec le VIH/Sida sont confrontées, depuis 
quelques semaines à une rupture de stock d’ARV. Le cri d’alarme des patients et 
des ONG.


Lutte contre le Covid-19 ou pas, les ruptures de stocks d’ARV sont 
littéralement devenues cycliques au Gabon. © Gabonreview

Alors que le pays dispose d’un Programme national de lutte contre le VIH/Sida, 
cette maladie n’a pas moins fait 1100 morts au Gabon en 2019. Aucune commune 
mesure avec les 300 morts du Covid-19 depuis bientôt 3 ans. Autrement dit, le 
Sida tue normalement plus que le Covid-19. 
Vraisemblablement, le ministre de la Santé n’en a cure. Une seule maladie 
compte et existe pour lui : la pandémie à la mode. « Le Sida ne lui permet pas 
de s’enrichir. Il ne s’occupe que de la Covid qui lui permet de s’en mettre 
plein les poches ! », vocifère une Gabonaise désabusée ayant tout simplement 
voulu connaitre son statut sérologique.

Le Gabon enregistre en effet une nouvelle fois une rupture de son stock de 
traitements antirétroviraux (ARV), destinés à soigner les personnes vivant avec 
le VIH/Sida. Présidente de l’Association nationale des droits des PVVIH du 
Gabon (Anad-Gabon), Nathalie Bikene Bidzang, qui s’est personnellement rendue à 
l’infectiologie, confirme la rupture des ARV «sur l’ensemble du territoire 
national.» Une information qu’elle tient de 7 médecins chefs et de nombreuses 
personnes vivant avec le VIH/Sida (PVVIH) suivies dans les 10 Centres de 
traitement ambulatoire (CTA) des provinces.

Discrimination sournoise

Pour la présidente de l’Anad-Gabon, l’impact de la pandémie de la Covid-19 est 
à l’origine de cette rupture. «Avec leur affaire d’unité de compte secours, les 
fonds destinés aux activités liées à la riposte au VIH Sida ont été octroyés 
aux plus pressés, c’est-à-dire aux activités de lutte contre la Covid-19 au 
sein des communautés les plus touchées, laissant ainsi les PVVIH à leur propre 
sort.» Le leader associatif parle de discrimination sournoise. Pour elle, la 
stratégie gouvernementale de lutte contre le Covid-19, notamment le couvre-feu, 
ont entrainé une montée vertigineuse du chômage, avec son cortège de 
conséquences. « Du coup, les PVVIH ont été les plus touchées car étant déjà 
fragiles et vulnérables. Le gouvernement se préoccupait de plus en plus de la 
nouvelle pandémie tendant à oublier ou négliger la riposte au VIH Sida. Les 
PVVIH sont devenues des laissées pour compte », explique et regrette-t-elle.

Lutte contre le Covid-19 ou pas, les ruptures de stocks d’ARV sont 
littéralement devenues saisonnières au Gabon. En 2016, le pays en avait 
enregistré sur plusieurs semaines. En 2019, une autre rupture d’antirétroviraux 
avait même amené la RDC à secourir le Gabon. Transmis alors par la Cour des 
comptes au gouvernement, un rapport d’audit des dépenses relatives à la lutte 
contre le VIH/Sida et le paludisme, sur la période 2000-2014, pointait le 
mauvais usage des crédits alloués à ces deux maladies.

Vers une marche pacifique ?

Selon des chiffres de l’Onusida Gabon datant de juin 2018, 56 000 personnes 
sont infectées par le VIH, dont 34 000 sous traitements antirétroviraux. On est 
tout de même loin des 46 000 testés positifs au Covid – avec seulement en trois 
ans, 4700 cas réellement actifs – en plus de deux ans au Gabon. Le ministère de 
la Santé devrait revenir à la lucidité, sortir de sa berlue supposée causée par 
l’argent engrangé avec le Coronavirus et mettre l’accent sur les vraies 
priorités sanitaires du pays. « Il est inadmissible que des personnes vivant 
avec le VIH soient privées de médicament », s’indignait déjà, en mars 2019, Guy 
René Mombo Lembomba, le président de l’ONG GFAN Gabon.

L’Anad-Gabon et certains malades ont adressé une lettre d’information au 
ministère de la Santé. A ce jour, la position de la tutelle reste inconnue. 
Exaspérée, Nathalie Bikene note que le ministre de la Santé est dans la logique 
publicitaire d’Orangina : secouez-moi, secouez-moi ! Pour elle, «les membres du 
gouvernement aiment la publicité de l’Orangina : toujours secouer avant de 
consommer. Nous pensons que les PVVIH doivent faire une marche pacifique pour 
faire revenir les ARV.»

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