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[e-med] « Au Cameroun, le pharmacien est un maillon clé pour sensibiliser aux génériques »

« Au Cameroun, le pharmacien est un maillon clé pour sensibiliser aux 
génériques »
Joseph Patrick Kouamou Wouogang
CARNET DE SANTÉ. Pour le visiteur médical Joseph Patrick Kouamou Wouogang, ce 
type de médicament est encore perçu comme un second choix par la population.
Publié hier à 18h00   Temps de Lecture 2 min. 
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/09/25/au-cameroun-le-pharmacien-est-un-maillon-cle-pour-sensibiliser-aux-generiques_6013030_3212.html

Tribune. Au Cameroun, le marché pharmaceutique est estimé à 100 milliards de 
francs CFA par an (environ 150 millions d’euros), avec 90 % de dépendance à 
l’étranger. Pour les 10 % restant, une dizaine de sociétés de fabrication de 
médicaments se battent pour émerger. Si ces dernières développaient des 
médicaments génériques, le Cameroun gagnerait en autonomie d’approvisionnement 
et les populations en modicité des traitements.

Un générique est un médicament dont le brevet, créé par une autre société, a 
expiré. Il est équivalent au produit initial en termes de dosage, d’efficacité, 
de voie d’administration et de performance, car il contient les mêmes 
ingrédients actifs que le princeps (médicament original). Reste que le 
générique est encore perçu comme un second choix pour les populations 
camerounaises. Sur les 24 millions d’habitants, 37,5 % vivent pourtant en 
dessous du seuil de pauvreté et l’absence de couverture santé universelle fait 
planer sur chaque famille un risque d’endettement en cas de maladie, car les 
traitements sont très chers.

Malgré de nombreux efforts consentis par les pouvoirs publics ces dernières 
années, et en dépit du souhait de construire un système viable, la couverture 
de la population par les professionnels de santé n’est guère optimale et 
l’officine est devenue le premier point du parcours du patient. En effet, sept 
malades sur dix vont directement en pharmacie, une pratique encouragée par 
l’écoute empathique du patient, la proximité des officines et, surtout, cette 
impression d’avoir une consultation gratuite, assortie soit de la délivrance 
des médicaments, soit d’une orientation vers une structure sanitaire pour une 
prise en charge plus appropriée. Dans ce contexte, le pharmacien est un maillon 
clé pour faire évoluer la situation.

Renforcer le système d’alerte
Aussi avons-nous enquêté sur l’approche que ces professionnels ont du 
médicament générique. Via un questionnaire, nous avons évalué le ressenti de 
280 pharmaciens. Et d’après cette étude, 54 % d’entre eux attribuent aux 
génériques un taux de rotation de 60 à 80 % de leur stock total. Ces données 
tranchent avec celles des pays industrialisés, où les populations sont plus 
sensibilisées à ces molécules et où le système de remboursement encourage la 
consommation de génériques.
Pour 90 % d’entre eux, les pharmaciens camerounais sont pourtant satisfaits du 
rapport qualité/prix des génériques. En revanche, ils déplorent à la marge les 
abus de certains laboratoires, certains génériques étant plus chers que les 
princeps ou l’écart de prix étant trop faible. Enfin, ils regrettent la qualité 
douteuse de certains génériques, qui font d’ailleurs l’objet de nombreuses 
plaintes. Pour avancer, il est important que les pharmaciens renforcent et 
encouragent au niveau de leur ordre professionnel le système d’alerte, dans le 
but de faire remonter immédiatement ces cas d’irrégularités.

Aux yeux des tenants d’officines, les points forts des génériques doivent être 
la qualité de leur conditionnement (90 % des pharmaciens y sont sensibles), le 
packaging (86 %) et la notoriété du laboratoire fabricant (79 %). Ces points 
facilitent leur acceptation par les pharmaciens, tout comme le relationnel avec 
le visiteur médical (67 %). Le marché pharmaceutique camerounais étant le plus 
grand d’Afrique centrale, de telles études sont superposables à d’autres pays 
d’Afrique subsaharienne francophone aux problématiques sanitaires similaires.

Joseph Patrick Kouamou Wouogang, visiteur médical titulaire d’un master en 
biochimie de l’université de Dschang (Cameroun) et d’un master en communication 
et marketing de l’université Mohammed-1erd’Oudja (Maroc), est l’auteur d’une 
étude intitulée « Médicaments génériques et satisfaction des pharmaciens 
d’officine au Cameroun ».





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