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Le tour de force de l'Egypte contre l'hépatite C 
10 septembre 2017
VOA Afrique
https://www.voaafrique.com/a/le-tour-de-force-de-l-egypte-contre-l-hepatite-c/4022490.html

Comme plus d'un million d'Égyptiens, Ahmed Nada a souffert de l'hépatite C, 
avant de trouver le chemin de la guérison dans un pays devenu destination 
mondiale pour des patients en quête de traitement.

Le jeune homme de 31 ans a contracté la maladie par accident lorsqu'il a voulu 
donner son sang.
Auparavant, une contamination par l'hépatite C, même diagnostiquée, aurait été 
à peine prise en charge, voire non traitée. Mais un nouveau médicament bon 
marché produit en Egypte depuis 2015 et un programme gouvernemental destiné à 
éradiquer le virus a permis à M. Nada d'être soigné facilement.

"Au début, j'étais très en colère", se souvient M. Nada, parlant du moment où 
il a appris qu'il était atteint de l'hépatite C.

Il s'est inscrit sur un site gouvernemental dédié aux patients souffrant de 
cette maladie, puis a été dirigé vers le centre de soin le plus proche.

Aujourd'hui guéri comme 1,3 million d'Égyptiens, M. Nada raconte que l'ensemble 
du processus a été simple "dès le moment de l'inscription".

Prix très attractif 

L'Égypte a longtemps abrité le niveau de prévalence de l'hépatite C le plus 
élevé au monde, une épidémie déclenchée dans les années 1950 à cause d'un 
programme national de vaccinations massives avec des seringues non stérilisées.

Environ 20% des malades atteints par ce virus transmissible par le sang, qui 
peut conduire à un cancer du foie et une cirrhose, se rétablissent sans avoir 
besoin de traitement, mais les autres peuvent rester infectés plus de 30 ans 
sans symptôme.

"Quasiment toutes les familles égyptiennes sont touchées", assure Henk Bekedam, 
responsable à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans un rapport de 
2014 consacré à cette maladie qui a provoqué la mort de 40.000 Égyptiens par an.

Depuis 2006, l'Égypte mène des enquêtes sur la propagation de l'épidémie et 
négocie des bas prix pour importer des médicaments.

Première avancée: l'entreprise pharmaceutique américaine Gilead a développé le 
Sovaldi, un médicament approuvé par la FDA, l'Agence américaine des produits 
alimentaires et des médicaments en 2013.

L'Egypte a réussi à négocier une réduction du prix de ce traitement onéreux, 
estimé à 84.000 dollars, ou 1.000 dollars pour un comprimé.

Le Comité national pour le contrôle de l'hépatite virale a ensuite mis en place 
un site internet pour l'enregistrement des patients qui a connu un succès 
immédiat.

"Le premier jour, nous avions 100.000 patients (...) et la semaine suivante 
50.000 par jour", indique Manal Hamdy el-Sayed, membre fondateur du comité.

Un nouveau cap a été franchi lorsque l'Egypte a lancé en 2015 la production de 
ce médicament sur son propre sol, réduisant encore le prix du traitement à 
1.485 livres (environ 70 euros), rapporte le directeur exécutif du comité Kadry 
al-Saïd.

Patients étrangers 

De son côté, une société égyptienne, Tour N'Cure, a profité du bas prix du 
traitement pour attirer les patients venant de pays où le médicament reste 
inabordable.

Pour 7.000 dollars (environ 5.900 euros), elle offre le vol, un séjour d'une 
semaine, des tests sanguins et un traitement, et même cinq jours consacrés au 
tourisme en Egypte.

Cette société affirme que cette somme représente 8% environ du prix du 
traitement seul appliqué ailleurs, comme aux Etats-Unis.

Les patients repartent chez eux avec un suivi médical et le reste des 
médicaments en poche.

"Nous soignons des patients originaires de presque tous les pays", assure 
Mostafa el-Sayed, directeur général de Tour N' Cure, propriété de la compagnie 
pharmaceutique égyptienne Prime Pharma.

"Le traitement a fonctionné dès les cinq premiers jours", se réjouit Mirel 
Dâmboiu, un Roumain de 59 ans, venu en Egypte sur les conseils de sa famille.

M. Dâmboiu réalisera un dernier cycle de traitement en septembre, avant une 
batterie de tests.

Avec ce nouveau traitement, "nous n'avons plus peur" de l'hépatite C, explique 
M. Sayed, qui dit cependant s'inquiéter d'une chose: le fait que "des malades 
n'ont pas conscience d'être infectés". 

Selon M. Saïd, le gouvernement est en effet à la recherche de trois millions 
d'Égyptiens qui seraient porteurs du virus sans le savoir.

Avec AFP


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