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Un rapport pointe l’influence excessive du secteur pharmaceutique à Bruxelles
Le Monde.fr |  02.09.2015 à 08h37 • Mis à jour le 02.09.2015 à 11h10 | 
Par  Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau 
européen)http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2015/09/02/un-rapport-pointe-l-influence-excessive-du-secteur-pharmaceutique-a-bruxelles_4743132_3234.html

Si elle veut respecter ses promesses d’assurer la transparence dans les 
pratiques du lobbying à Bruxelles, la Commission européenne a encore beaucoup 
de chemin à faire. Telle est la conclusion que l’on tire après la publication, 
mercredi 2 septembre, d’une étude détaillée de l’organisation Corporate Europe 
Observatory (CEO) consacrée aux activités de l’industrie pharmaceutique dans la 
capitale européenne.« Ce secteur tient fermement les rênes d’une vaste machine 
de lobbying, richement dotée, qui dispose d’un accès presque systématique aux 
décideurs de la Commission », écrivent les auteurs, qui parlent d’une influence 
excessive, au détriment de la santé publique et de l’équité commerciale.

Accès aux « groupes consultatifs » et contacts étroits avec les membres des 
institutions bruxelloises, y compris l’Agence européenne du médicament : le 
secteur vise surtout à obtenir la levée de certaines barrières réglementaires 
afin de faciliter le lancement de nouveaux médicaments sur le marché, affirme 
CEO. Et l’activité des lobbyistes s’intensifie alors que l’Union européenne et 
les États-Unis négocient toujours un éventuel accord commercial – le traité 
transatlantique, ou TTIP.

Une cinquantaine de réunions depuis fin 2014

Les dizaines de firmes ayant des relais à Bruxelles déclarent officiellement un 
budget global de lobbying qui atteint 40 millions d’euros. Un montant sans 
doute inférieur à la réalité puisque certaines sociétés ne sont pas inscrites 
dans le registre officiel censé, depuis 2012, instaurer davantage de 
transparence, mais sont bel et bien clientes de sociétés de lobbying.

Ces 40 millions, un montant qui a crû de 700 % depuis 2012 et qui peut être mis 
en rapport avec les 2,3 millions déclarés par les organisations de 
consommateurs et des groupes actifs dans le domaine de la santé, servent 
notamment à rémunérer une armée de 176 lobbyistes liés à l’industrie du 
médicament. En échange, ceux-ci décrochent des réunions avec les diverses 
directions générales de la Commission (santé, recherche et développement, 
commerce, croissance…). Une cinquantaine au total depuis la mise en place de la 
nouvelle Commission en novembre 2014, a recensé CEO : 15 pour GlaxoSmithKline, 
8 pour Novartis, 6 pour Johnson & Johnson et pour Sanofi, 5 pour Eli Lilly et 
Pfizer, etc.

Textes taillés sur mesure

Dans le registre officiel de 2014, qui recense les budgets consacrés au 
lobbying, c’est l’Allemand Bayer qui est au premier rang, avec 2,46 millions 
d’euros dépensés, devant GSK, Novartis et AstraZeneca, des entreprises dont les 
budgets oscillent entre 1,5 et 2 millions. La compagnie Rohde Public Policy 
dispose à elle seule des budgets de 19 sociétés pharmaceutiques, 
Burson-Marsteller en possède 18.

Le rapport détaille le rôle clé de la Fédération européenne des industries 
pharmaceutiques (EFPIA), la plus puissante des huit associations du secteur. Il 
affirme que divers textes ont été façonnés selon ses désirs, dans le domaine 
des essais cliniques ou des secrets d’affaires (avec la menace de sanctions en 
cas de divulgation), par exemple.

L’Innovative Medecines Initiative, un projet public-privé visant à accélérer le 
développement de nouvelles substances et doté de 3,3 milliards, aurait quant à 
lui été taillé sur mesure pour l’industrie, qui fait financer la recherche et 
conservera les bénéfices, dénonce l’étude.

Aux États-Unis, les labos financent aussi les partis politiques


Aux États-Unis, les montants dépensés par les firmes pharmaceutiques en 
lobbying atteignent des sommets. 

Selon les chiffres compilés par le site Opensecrets, elles ont dépensé, en 
2014, près de 125 millions de dollars dans le but d’influencer les élus du 
Congrès. Les laboratoires ont par ailleurs versé 16 millions de dollars aux 
partis politiques afin de financer leurs campagnes électorales.Les américains 
Amgen et Pfizer ont été les plus zélés avec près de 5 millions investis en 
lobbying. 
Numéro mondial du secteur, le suisse Novartis a dépensé plus de 4 millions de 
dollars, son compatriote Roche près de 3,5 millions et le français Sanofi près 
de 3 millions. Le groupe tricolore a aussi financé à hauteur de 458 000 dollars 
les partis politiques, 60 % de cette somme ayant été versés aux Républicains.

Le rapport est disponible(en anglais) ici
 
http://corporateeurope.org/power-lobbies/2015/09/policy-prescriptions-firepower-eu-pharmaceutical-lobby-and-implications-public
                                          

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