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[e-med] JMS 2014: Ebola remet en cause les acquis et aggrave la situation des PVVIH

Journée Mondiale contre le VIH/Sida
Ebola remet en cause les acquis et aggrave la situation des PVVIH

La Guinée est dans une situation d’épidémie de type généralisé avec une
prévalence du VIH au sein de la population générale  qui est de 1,70%,
selon l’EDS 2012. Le pays peine à répondre aux défis liés à cette
situation, notamment la prise en charge et l’accompagnement des personnes
vivant avec le VIH/Sida (PVVIH). L’apparition du virus Ebola dans le pays
en mars 2012 vient compliquer davantage la situation et menace les acquis
en matière de lutte contre le VIH/Sida. Le Réseau Accès aux Médicaments
Essentiels (RAME) et le Réseau Guinéen des Associations de PVVIH,
souhaitent profiter de la célébration de la Journée Mondiale contre le Sida
pour interpeller les autorités guinéennes et la communauté internationale
sur cette menace.

Selon le rapport 2013 sur la riposte nationale contre le Sida du
Secrétariat Exécutif du Conseil National de Lutte contre le Sida (SECNLS),
le nombre de personnes vivant en Guinée avec le VIH/Sida est estimé à 121
951  dont 57 845 sont éligibles au traitement ARV selon les critères du
protocole national de prise en charge de l’infection à VIH. Cependant, en
fin 2013 seulement 27 792 personnes étaient sous ARV soit seulement 48% des
personnes en besoin de traitement. Une analyse de l’évolution du nombre de
personnes sous ARV de 2009 à 2013 montre une réduction du nombre de
nouvelles inclusions entre 2012 et 2013. En 2013, seulement 1 126 nouvelles
personnes ont été mises sous traitement ARV. Au-delà de cette
contreperformance numérique, la qualité de la prise en charge du VIH est
mise à rude épreuve en Guinée à cause de nombreuses ruptures de
médicaments, des insuffisances dans le suivi-biologique et l’accompagnement
psychosocial des PVVIH.

Depuis mars 2012, ce tableau déjà sombre de la situation des PVVIH en
Guinée s’est davantage compliqué avec l’apparition de l’épidémie à virus
Ebola. En effet, la hantise créée par cette nouvelle épidémie est venue
créer un fossé et une crise de confiance entre les PVVIH et les agents de
santé. Insuffisamment informées, des PVVIH pensent que le virus Ebola est
une invention des agents de santé pour bénéficier des ressources de l’aide
extérieure. Plusieurs d’entre eux ont même fuit les centres de traitement,
de peur d’être contaminées par le virus Ebola. «On peut au moins faire
quelques années  avec le VIH même sans traitement, mais avec Ebola c’est la
mort immédiate », confie une PVVIH perdue de vue à un agent communautaire
travaillant dans le cadre de l’Observatoire Communautaire sur l’Accès aux
Services de Santé (OCASS).

Les agents de santé, quant à eux, rechignent de plus en plus à toucher les
personnes malades par peur d’une contagion. « Je me souviens qu’un jour
nous avons vu  au centre communal médical de Matam une femme qui  vomissait
et aucun médecin ne voulait s’approcher par crainte d’Ebola. Alors que la
femme semblait être enceinte et avait besoin de soins », témoigne un autre
acteur de l’OCASS. La stigmatisation s’est amplifiée dans ce contexte,
marginalisant davantage toutes les PVVIH n’ayant pas une bonne apparence
physique.

Les conseillers psychosociaux se sont vus investit, malgré eux, de
nouvelles missions qui sont d’informer les PVVIH sur le virus Ebola et
rétablir la confiance entre le personnel de santé et les PVVIH. Ils
s’acquittent de ces tâches autant qu’ils peuvent, sans formation préalable,
mais seulement mus par la foi de leur engagement à contribuer au
soulagement les personnes malades.

Considérant que ces situations sont de nature à remettre en cause les
acquis de la lutte contre le VIH/Sida en Guinée, et porteuses de violations
graves des droits des PVVIH, nous saisissons l’opportunité de la Journée
Mondiale de lutte contre le Sida, pour interpeller les autorités guinéennes
et la communauté internationale afin que :

- un plan de communication spécifique à la situation du VIH/Sida dans le
contexte de la crise Ebola soit mis en place au plus tôt pour permettre
d’informer davantage les PVVIH et les agents de santé et restaurer un
climat de confiance entre eux

- des dispositifs de diagnostics rapides du virus Ebola soient développés
et mis à disposition dans les formations sanitaires pour favoriser la
détection rapide des cas d’infection et réduire ainsi les risques de
contamination

Contacts de presse

Simon KABORE (RAME)
Tel : (+226) 70 24 44 55
E-mail : simonkabore@rame-int.org
Maïmouna Diallo (REGAP+)
Tel : (+224) 628 75 08 20
E-mail : mounadiallo26@yahoo.fr

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