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[e-med] Ebola : les restrictions de transport n'empêchent pas la diffusion du virus (Inserm)

Ebola : les restrictions de transport n'empêchent pas la diffusion du virus
07 novembre 2014
http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/ebola-les-re
strictions-de-transport-n-empechent-pas-la-diffusion-du-virus

Les suppressions de vols ou la fermeture de frontières ne font que
retarder de quelques jours à quelques semaines l'arrivée du virus Ebola
dans les pays qui ne sont pas concernés par l'épidémie en cours. Telles
sont les conclusions d'une équipe de chercheurs qui étudient la diffusion
des maladies infectieuses.

Trois semaines : c'est le délai supplémentaire avant l'arrivée d¹un
éventuel cas  d'Ebola
<http://www.inserm.fr/thematiques/microbiologie-et-maladies-infectieuses/do
ssiers-d-information/ebola> en Europe, obtenu grâce à la suppression de
vols de trois compagnies aériennes en provenance ou à destination des pays
d'Afrique de l'Ouest endémiques. Telle est la conclusion d'une équipe
Inserm qui s'est essayée à cet exercice de simulation. Son objectif était
d'évaluer l'impact des mesures de restrictions de transports et de
voyageurs sur la diffusion globale du virus, entre août et septembre
dernier, pour l'ensemble du monde.

Les restrictions étudiées correspondent à des situations réelles de
suppressions de vols par trois compagnies aériennes européennes, deux
compagnies asiatiques et six africaines au cours du mois d'août 2014,
ainsi que des mesures adoptées par 19 pays d¹Afrique pour interdire
l'accès de personnes provenant de pays endémiques ou encore imposer la
fermeture totale des frontières. "Toutes ces informations étaient
disponibles publiquement. Quand elles variaient d'une source à une autre,
nous avons pris en compte la restriction le plus sévère pour obtenir
l'impact le plus fort possible en terme de diffusion du virus", explique
Vittoria Colizza, coauteur des travaux. Au final, les auteurs ont estimé
que le trafic aérien entre les pays d'Afrique endémiques et l'Europe avait
été réduit de 42% durant la période étudiée. Cette réduction est estimée à
10% pour l'Amérique du Nord, 41% pour l'Asie, 66% pour l'Océanie, 8% pour
l'Amérique du Sud et 71% pour l'Afrique non endémique.

Les auteurs ont ensuite utilisé un modèle informatique de diffusion virale
<http://www.inserm.fr/tout-en-images/comprendre-la-propagation-des-maladies
pour observer l'effet de ces mesures de restriction sur la propagation
de la maladie à virus Ebola. Ce modèle tient compte de la distribution de
la population humaine dans le monde, de la mobilité locale et
internationale ainsi que des caractéristiques du virus Ebola lui-même :
durée d¹incubation, taux d¹infection, probabilité et rapidité de
l'infection aux différents stades de la maladie...

Ils ont constaté que ces mesures ne font que retarder de quelques jours
l¹arrivée possible du virus dans les différents pays du monde : les
restrictions telles que celles mise en ¦uvre en août et septembre 2014
accordent un délai supplémentaire de 22 jours en Europe, deux jours en
Amérique du Nord, 27 jours en Océanie, 11 jours en Asie, 30 jours en
Afrique et aucun en Amérique du Sud. Les pays à l¹origine de ces mesures
sont néanmoins ceux qui profitent le plus de ce délai. "Les restrictions
aériennes internationales sont très controversées car elles ont un impact
économique et logistique important, sans que leur effet sur la diffusion
du virus soit bien évalué. Elles peuvent même priver les pays endémiques
de certaines ressources pour lutter contre la maladie. L¹Organisation
mondiale de la santé et les Nations unies plaident en défaveur de ces
mesures. Avec cette étude, nous avons voulu apporter des données chiffrées
pour informer au mieux les décideurs, raconte Vittoria Colizza. Si un Etat
souhaite empêcher l¹importation du virus, alors fermer une frontière ne
servira à rien. Par contre, cette mesure peut lui laisser le temps de
s¹organiser pour les soins à venir, illustre-t-elle. Pour limiter la
diffusion globale, d¹autres travaux montrent qu¹une solution efficace est
de lutter contre la transmission du virus au niveau local, à sa source,
via une hospitalisation plus rapide des nouveaux cas ou encore via
l¹augmentation des capacités d¹accueil en centres de soins",
rappelle-t-elle.
 

Note
*unité 1136 Inserm/UMPC Paris 6, Institut Pierre Louis d¹épidémiologie et
de santé publique, Paris
Source
C. Poletto et coll. Assessing the impact of travel restrictions on
international spread of the 2014 West African Ebola epidemic.
Eurosurveillance, édition en ligne du 23 octobre 2014





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