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[e-med] AFRAVIH 2014: Les chercheurs prônent une stratégie de lutte VIH/hépatite

(ceux qui étaient à cette conférence peuvent-ils nous en dire plus ?CB)

AFRAVIH 2014: Les chercheurs prônent une stratégie de lutte VIH/hépatite
http://www.scidev.net/afrique-sub-saharienne/sante/actualites/afravih-2014-
les-chercheurs-pr-nent-une-strat-gie-de-lutte-vih-h-patite.html


Selon les chercheurs lors de la conférence bisannuelle AFRAVIH qui s'est
tenue la semaine dernière à Montpellier, les stratégies de prévention et
de traitement qui ont réussi à contenir l'épidémie de VIH/SIDA  en Afrique
sub-saharienne doivent maintenant être appliquées à la lutte contre
l¹épidémie des hépatites sur le continent.

Pour la première fois, les organisateurs de la conférence AFRAVIH - la
plus grande conférence de recherche sur le VIH/SIDA dans l'espace
francophone - intègrent les hépatites B et C à l'ordre du jour de la
conférence.

Les trois infections virales chroniques ont en commun des facteurs de
risque et les méthodes de transmission et, par conséquent, la prévention
et les stratégies de traitement sont identiques, explique à SciDev.Net
Charles Kouanfack, chef du Service de l'hôpital de jour de Yaoundé.

"Les deux programmes de dépistage gagneraient à aller de pair, afin
d¹utiliser les mêmes solutions que celles utilisées pour le VIH et d'avoir
ainsi accès à des traitements pour les hépatites. C'est pour ça qu'une
collaboration étroite ­ qui prend en compte ces trois virus qui ont la
même voie de transmission et qui sont tous aussi mortels ­ est
indispensable", insiste-t-il.

Globalement environ 500 millions de personnes sont atteintes d¹hépatite B
ou C. Ces infections conduisent à plus d'un million de décès chaque année
car elles sont à l¹origine de cirrhose ou de cancer, selon les estimations
de l'Organisation mondiale de la Santé.

³L'hépatite B est presque oubliée. Elle ne faisait pas partie des
Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), même s'il y a 170
millions de personnes qui vivent avec cette maladie mortelle² Charles
Kouanfack, Chef du service de l'hôpital de jour de Yaoundé

Environ 95 pour cent de ces décès surviennent dans les pays du Sud, malgré
l'existence de traitements et stratégies de prévention qui ont stoppé avec
succès les taux de transmission dans les pays développés, explique
Georges-Philippe Pageaux, médecin et professeur au CHU Saint-Eloi de
Montpellier.

"Il est urgentissime de dire: demain, que faisons-nous pour avoir les
mêmes médicaments, la même efficacité, et la même ambition curatrice mais
à des prix qui soient adaptés aux systèmes de différents pays?²,
affirme-t-il.
 

Un vaccin pour prévenir l'hépatite B existe depuis 1998, mais la maladie -
souvent asymptomatique et difficile à diagnostiquer - est restée largement
hors du radar des priorités mondiales de la santé, explique encore Charles
Kouanfack.

"Quand vous regardez les programmes des Nations Unies, l'hépatite B est
presque oubliée. Elle ne faisait pas partie des Objectifs du Millénaire
pour le Développement (OMD), même s'il y a 170 millions de personnes qui
vivent avec cette maladie mortelle", a-t-il souligné.

 
L¹arrivée sur le marché cette année d'un régime de traitement antiviral
qui peut guérir les infections d'hépatite C dans quatre-vingt-dix pour
cent des cas - mais à un prix de ¤ 56.000 pour un traitement de 12
semaines ­ a lancé un débat quant à l¹accessibilité du traitement afin de
pouvoir l¹appliquer à grande échelle, éclaire Isabelle Meyer-Andrieux,
conseillère médicale pour Médecins sans Frontières.

Les institutions mondiales comme le Fonds mondial doivent se mobiliser
pour baisser les coûts des médicaments comme cela a été fait pour les ARVs
lors de la crise du VIH/SIDA au tournant du millénaire, insiste-t-elle.

"L'énorme enjeu aujourd¹hui est l'accès aux traitements à des prix
abordables pour les pays en voie de développement. Des financements
innovants comme UNITAID ont un rôle à jouer aujourd'hui où on a tellement
de travail à faire sur les stratégies de diagnostic et les accès aux
traitements. C'est extrêmement important que ces structures ouvrent leurs
mandats aux hépatites virales².

 
Obtenir des institutions mondiales qu¹elles prennent les hépatites en
compte dans les programmes de santé pour le VIH/SIDA est également logique
en raison du taux élevé de coïnfection, estime Charles Kouanfack, citant
des statistiques qui montrent que près de 1 patient sur 5 atteint duVIH au
Nigeria a également une infection hépatique.

Selon lui, le traitement du VIH sans traitement de l'hépatite concomitante
n'a guère de sens. ³Le VIH va aggraver les maladies hépatites et accélérer
la passage à la chronicité et aux carcinomes hépatocellulaires. En
d¹autres termes, si l¹on traite le VIH sans traiter l'hépatite, les
bénéfices du traitement antirétroviral seront perdus, le malade traité
pour le VIH mourra quand même".
 
Confronté à nouveau au problème de la disponibilité des médicaments
innovants protégés par des brevets dans les pays en développement,
Isabelle Meyer-Andrieux dit qu¹il est temps pour les décideurs de remettre
en question ce qui est devenu un problème récurrent avec chaque nouvelle
molécule.

"L'histoire des hépatites aujourd'hui nous confronte au prix des
médicaments innovants globalement. On a une question à se poser sur ce
qu'on est prêt à payer pour une molécule innovante parce qu¹aujourd'hui il
s¹agit d¹un traitement pour l'hépatite C, demain ce sera un
anti-cancéreux, après demain un nouvel antibiotique dont nous avons
absolument besoin. On ne peut pas continuer à accepter, sans se
questionner, des coûts exorbitants".



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