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[e-med] Lutte contre le VIH/Sida et les IST: Le Rame réclame des mesures plus volontaristes

Lutte contre le VIH/Sida et les IST: Le Rame réclame des mesures plus
volontaristes

http://fasozine.com/index.php/actualite/10277-lutte-contre-le-vih-sida-et-les-ist-le-rame-reclame-des-mesures-plus-volontaristes
Post 28 mai 2013

Dans ce communiqué de presse parvenu à notre rédaction, le Réseau accès aux
médicaments essentiels (Rame) dit sa satisfaction devant l’implication des
plus hautes autorités du pays, le chef de l’Etat en tête, dans la lutte
contre le VIH/Sida et les IST. Le Rame estime également que la crise des
intrants contre le VIH/Sida connait un net recul au Burkina. Cependant, il
notre quelques défis que le pays devrait relever, s’il veut voit son combat
contre la maladie aboutir.
«Le mardi 07 mai 2013, s’est tenue la 12e session du Conseil national de
lutte contre le VIH/Sida et les IST, sous la présidence du Président de la
République du Burkina Faso. Le RAME note des motifs de satisfaction, mais
trouve qu’il est temps que le Burkina Faso s’engage sur des mesures plus
volontaristes, s’appuyant sur des engagements politiques très courageux
pour espérer une victoire sur le VIH/Sida.

Le premier motif de satisfaction que nous relevons de cette 12e  session du
CNLS-IST est la présence effective du Chef de l’Etat. Comme l’a laissé
entendre le Coordonnateur de l’ONUSIDA au Burkina Faso, «C’est la première
fois que je vois un Chef d’Etat présider de cette manière une session sur
le VIH/Sida : distribuer la parole, interpeller les acteurs concernés,
résumer les échanges et responsabiliser. C’est pour moi un modèle
d’engagement et de leadership politique ». La session, qui avait été prévu
pour environ trois heures de temps a duré enfin de compte cinq heures,
compte tenu de l’ouverture aux échanges.

Le deuxième motif de satisfaction est que le Burkina Faso maitrise mieux
ses approvisionnements en matière d’intrants (ARV, médicaments contre les
infections opportunistes et réactifs) contre le VIH/Sida. Lors de la 11e
session du CNLS tenue en mai 2012, le RAME, avec ses partenaires de la
société civile, réuni au sein de la Plateforme de la société civile
intervenant dans la lutte contre le VIH/Sida et la santé, avait dénoncé la
tension des stocks d’ARV qui avait entrainé la suspension des nouvelles
inclusions dans le traitement antirétroviral. A ces tensions de stocks
d’ARV extraordinaires, s’ajoutaient les ruptures récurrentes des stocks de
médicaments contre les infections opportunistes et les réactifs pour le
suivi biologique. Face à la situation, le Président de laRépublique avait
décidé de la mise en place du Comité de Réflexion et d’Anticipation sur les
Questions liées au VIH/Sida (CRAQ Sida) placé sous sa présidence, auquel le
RAME fait partie. Une année après la prise de cette décision, nous notons
que, selon les données de notre observatoire, la tension de stock d’ARV a
été résorbée depuis le 2e semestre de l’année 2012. Les ruptures de stocks
de médicaments contre les infections opportunistes et les réactifs de
laboratoire perdurent, même s’il faut noter une forte amélioration. Lors de
cette 12e session du CNLS, nous avons également reçu la confirmation que le
Burkina Faso a réussi à mobiliser les ressources nécessaire pour financer
son plan d’approvisionnement des intrants contre le VIH/Sida pour l’année
2013.

Cependant, si la crise des intrants contre le VIH/Sida connait un net
recul, les conditions d’accès aux services contre le VIH/Sida demeurent
très difficiles pour les PVVIH. En effet, malgré la déclaration de la
gratuité du traitement antirétroviral, faite par le Président de la
République en janvier 2010, des PVVIH sont toujours obligées de supporter
les frais des examens de bilans initiaux et de suivi-biologiques. Les couts
de ces examens, estimés en moyenne autour de 15 000 FCFA (environ 23
euros), ne sont pas à la portée de nombreux PvVIH et freinent leur  accès
aux ARV, en ce qui concerne le bilan initial, et compromet la qualité du
traitement, en ce qui concerne les examens du suivi biologique.

En outre, la faible décentralisation de la prise en charge médicale des
PVVIH contraint des patients à parcourir parfois une centaine de kilomètre
pour accéder à leur traitement. Ces patients, sont souvent obligés de
dormir à la belle étoile, dans les rues des centres urbains pour respecter
le calendrier des formations sanitaires. Ce qui fait dire à Simon Kaboré,
Directeur Exécutif du RAME, qu’il existe des « réfugiés sanitaires dû au
VIH/Sida » dans les grandes villes du Burkina Faso.

Le Burkina Faso, demeure dans une situation de « vulnérabilité financière »
par rapport à la lutte contre le VIH/Sida, étant donné qu’il dépend
toujours à 85% des financements extérieurs. Malgré les différentes
recommandations sur la mise en place d’un système de financement innovant
de la lutte contre le VIH/Sida, aucune initiative d’envergure, n’a été
engagée jusqu’à nos jours. Cette situation de vulnérabilité ne peut
permettre au Burkina Faso d’assurer de manière pérenne la protection de ses
populations vulnérables.

Face à ces défis actuels de la lutte contre le VIH/Sida, nous pouvons
considérer comme autres motifs de satisfaction les instructions données par
le Chef de l’Etat, afin que :
-    la prise en charge des PVVIH soit décentralisée jusqu’au niveau des
Centres de Santé et de Promotion Sociale (plus bas niveau de l’échelle
sanitaire)
-    le CRAQS Sida intègre dans ses travaux la réflexion sur les
financements innovants et que des mesures concrètent soient proposées au
mois de juin prochain lors de la revue à mi-parcours du Cadre Stratégique
de Lutte contre le Sida 2011-2015

Le principal motif d’insatisfaction du RAME est le fait qu’une décision
satisfaisante et aucune directive n’a été donnée par rapport à la gratuité
des examens biologiques des PVVIH. Ainsi, des PVVIH, attendront toujours
des mois avant d’être mis sous ARV, parce qu’ils ne peuvent pas payer leur
bilan initial. Des médecins seront obligés de conduire des traitements à
l’aveuglette, sans orientation sur les effets biologiques des médicaments
dans l’organisme de leurs patients. Le Burkina Faso, continuera ainsi de
maintenir les conditions qui l’empêcheront de maitriser la mortalité et la
morbidité liées au VIH/Sida.

Nous savons que le principal obstacle à la décision de la gratuité du suivi
biologique des PVVIH est la peur des conséquences financières. Mais nous
restons convaincus que le capital de vie humaine qui sera sauvé par cette
décision est hors de prix. Par conséquent, le RAME demande au Chef de
l’Etat, Président du CNLS-IST :
-    de déclarer la gratuité du suivi-biologique des PVVIH
-    de s’engager à donner une suite diligente aux conclusions des travaux
sur les financements innovants afin que des sommes conséquentes soient
dégagées pour faire face aux besoins sanitaires des burkinabè, notamment
des groupes vulnérables.»


Contact de presse
Kaboré Simon
Directeur Exécutif du RAME
Tel : 70 24 44 55, e-mail : simonkabore@rame-int.org
Belemviré Mahamoudou
Chargé de communication
Tel : 79 62 24 10, e-mail : mahamoudoubelemvire@rame-int.org

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