e-med
[Top] [All Lists]

[e-med] Algérie : 17 médicaments soupçonnés dangereux

Pharmacovigilance
17 médicaments soupçonnés dangereux

http://www.elwatan.com/actualite/17-medicaments-soupconnes-dangereux-23-05-
2013-214831_109.php

le 23.05.13 | 10h00

Un cas de décès a été enregistré il y a un mois, mais
l¹enquête est toujours en cours pour déterminer si un des médicaments
suspectés d¹être dangeureux n¹en est pas la cause.

La déclaration du nombre de cas de pharmacovigilance et de
matério-vigilance a enregistré une augmentation significative ces dernières
années. Plus de 700 déclarations d¹effets indésirables ont été notifiées
par les prescripteurs et les centres hospitaliers au Centre national de
pharmacovigilance depuis septembre 2012 à ce jour. 17 médicaments
enregistrés et inscrits à la nomenclature nationale des médicaments au
ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière ont
fait l¹objet d¹une enquête par les services du Centre national de
pharmacovigilance et en matério-vigilance (matériels consommables ; CNPM),
dont 5 sont jugés dangereux et 1 produit a été retiré suite à un cas
mortel. Cinq médicaments utilisés en cancérologie et en néphrologie
(maladie des reins) sont classés en observation, dont trois marqués au
rouge en attendant les dernières vérifications et les résultats définitifs
des enquêtes qui pourraient éventuellement être en faveur de leur retrait
du marché national.

Une suspension temporaire d¹une autorisation de mise sur le marché (AMM)
d¹un médicament importé et utilisé pour la première fois en Algérie a été
déclarée. Le produit en question a été signalé dès sa première utilisation
dans des grands hôpitaux de la capitale et a fait l¹objet d¹interdiction à
la prescription suite à des effets indésirables graves enregistrés chez les
patients. Un autre traitement utilisé dans la maladie cancéreuse a été
également concerné par cette enquête du CNPM. Ces produits figurent sur la
liste de médicaments enregistrés pour la première fois en Algérie, en 2012,
dans la précipitation sur instruction de l¹ex-secrétaire général du
ministère de la Santé, M. Bouchenak. Ainsi, la prescription de cette
chimiothérapie a été suspendue suite à des cas de toxicité grave chez des
patients.

Un cas de décès a été enregistré, il y a moins d¹un mois, mais l¹enquête
est toujours en cours. Un premier rapport délivré par le CNPM parle
d¹«imputabilité probable». Interrogé à ce propos, le chef de département de
pharmaco et matériovigilance, le Dr Nadjet Loumi, signale que le produit a
été effectivement notifié par certains services d¹oncologie, mais aucune
conclusion n¹est encore possible. «Des pré enquêtes sont organisées dans la
confidentialité dans les différents centres. On ne peut rien dire pour le
moment tant que toutes les données ne sont pas réunies. Il s¹agit d¹un
produit de cancérologie important. Nous devons suivre de très près tous les
éléments pour pouvoir mettre un lien de causalité», nous a-t-elle expliqué.
Et de préciser qu¹il y a «d¹autres aspects à prendre en considération tels
que l¹état général de santé du patient et surtout la susceptibilité de
l¹individu à répondre à un produit chimique et toxique. Comme il ne faut
pas aussi négliger l¹association de plusieurs médicaments et surtout
l¹automédication».

Le Dr Loumi estime que tous ces éléments doivent être pris en compte afin
de décider des suites à donner. «La décision est collégiale dans le cadre
d¹un comité ad hoc constitué de représentants des différentes institutions
relevant du ministère de la Santé et des spécialistes concernés pour chaque
produit», a-t-elle souligné avant de relever qu¹il est parfois difficile de
statuer lorsque le produit n¹est pas incriminé par d¹autres services ou
centres médicaux. «C¹est le plus gros problème qui peut freiner à prendre
une décision définitive.»

Le Pr Helali, directeur du CNPM, a indiqué que des pré enquêtes et des
enquêtes sont menées auprès des utilisateurs pour savoir si le médicament
est réellement en cause dans l¹effet indésirable notifié. «Mais il est
aussi important de savoir s¹il y a les documents nécessaires justifiant son
enregistrement par le ministère de la Santé. Il est important de savoir
s¹il y a des bioéquivalences, des études cliniques qui ont été effectuées
et quelle est la pharmacopée utilisée dans l¹analyse de ces produits,
notamment pour les produits cancéreux qui sont les plus concernés. Car il
faut dire que la courbe en matière de besoins est montée en flèche pour les
produits de spécialité contre des molécules de base. L¹Algérie est devenue
un déversoir», regrette-t-il.

Du côté du Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques
(LNCPP), les médicaments en question sont soumis au contrôle qui est
effectué sur des échantillons pris au hasard et lorsque la conformité est
avérée, elle est systématiquement signalée. Mais il reste que de nombreux
produits anticancer sont validés par le LNCPP «sous la responsabilité du
fabricant, le produit est libéré à la commercialisation sous toute
réserve», car on explique que «ces produits sont photo-toxiques». Ce qui
nécessite en fait un suréquipement de ce laboratoire pour une meilleure
sécurité des médicaments et de leur usage.

6 médicaments retirés en 2011 :

Pour l¹année 2011, 24 produits ont été déclarés au Centre national de
pharmacovigilance contre 6 en 2010, une déclaration estimée à 400%, tandis
que la matério-vigilance a enregistré une augmentation de déclaration de
200% (13 en 2011, 7 en 2010). Le nombre de retraits de médicaments en 2011
a été de 6, tandis que 5 sont mis en observation pour insuffisance de
preuves, 3 produits sans AMM. D. K.

Djamila Kourta

© El Watan






<Prev in Thread] Current Thread [Next in Thread>
  • [e-med] Algérie : 17 médicaments soupçonnés dangereux, Simon Kabore <=