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[e-med] Sanofi condamné à 40,6 millions d'euros d'amende pour dénigrement

Sanofi condamné à 40,6 millions d'euros d'amende pour dénigrement
L'Autorité de la concurrence a jugé, mardi, que le géant pharmaceutique
avait tenté d'empêcher médecins et pharmaciens de prescrire et vendre les
génériques de son médicament star, Plavix.
Par Nora Bouazzouni

Mis à jour le 14/05/2013 | 10:53 , publié le 14/05/2013 | 09:44
http://www.francetvinfo.fr/le-laboratoire-sanofi-lourdement-condamne-a-40-6
-millions-d-euros-d-amende-pour-strategie-de-denigrement_248985.html#xtor=E
PR-51-[alerteinfo]-20130514-[titre]-[]

40,6 millions d'euros. C'est le montant de la lourde amende infligée,
mardi 14 mai, par l'Autorité de la concurrence
<http://www.autoritedelaconcurrence.fr/user/standard.php?id_rub=482&id_arti
cle=2090> au laboratoire français Sanofi (ex-Sanofi-Aventis)
pour"stratégie de dénigrement". La condamnation est assortie d'une
publication obligatoire faisant état de ces pratiques dans Le Quotidien du
médecin et Le Quotidien du pharmacien. C'est un séisme pour le géant
français du médicament, qui a déjà annoncé la suppression d'"environ 900
postes (?) à l'horizon 2015" afin d'économiser 2 milliards d'euros
<http://www.francetvinfo.fr/le-geant-pharmaceutique-sanofi-supprime-900-pos
tes-en-france_145655.html>, même s'il reste bénéficiaire en 2012
<http://www.francetvinfo.fr/licenciements-et-plan-d-economies-ou-en-est-le-
cac-40_275805.html>.

La condamnation de Sanofi vise son médicament phare : Plavix. Cet
"antiagrégant plaquettaire" empêche la formation de caillots dans les
artères grâce à son principe actif, le clopidogrel. Prescrit aux patients
qui risquent ou ont été victimes d'une crise cardiaque, un accident
vasculaire cérébral ou un infarctus du myocarde, il est le deuxième
médicament le plus vendu au monde en 2011. "Plus de 92 millions de
patients dans 115 pays" et un million en France en ont bénéficié, note
l'Autorité  
<http://www.autoritedelaconcurrence.fr/pdf/avis/10d16.pdf>(PDF). Le Plavix
a rapporté 540 millions d'euros de chiffre d'affaires à Sanofi-Aventis
rien qu'en France en 2009, selon la Sécurité sociale dans son rapport de
septembre 2011 
<http://www.securite-sociale.fr/IMG/pdf/ccss2011-9-versiondefinitive.pdf>(P
DF). 

Pourquoi l'Autorité de la concurrence s'attaque-t-elle à ce médicament ?
Un retour en arrière s'impose. En 2010, les génériqueurs contournent
l'exclusivité de Sanofi-Aventis sur le principe actif du Plavix. En
quelques années, la plupart des génériques obtiennent une autorisation de
mise sur le marché pour du clopidogrel. Ils utilisent une molécule proche
mais équivalente. Et se distinguent surtout par leur prix : une vingtaine
d'euros, contre jusqu'à 37,11 euros la boîte de Plavix. Sanofi-Aventis
riposte en sortant son "autogénérique", Clopidogrel Winthrop. Mais le labo
met en place d'autres stratégies pour éviter de perdre des parts de marché.

Dénigrement et intimidation

Dans cette bataille, les principaux soldats sont les visiteurs et les
délégués médicaux. Des documents destinés à leur formation
<http://www.autoritedelaconcurrence.fr/pdf/avis/10d16.pdf> préconisent
notamment de suggérer aux médecins "de rajouter sur l'ordonnance (?) la
mention 'non substituable' ou 'NS' à la suite de Plavix", pour empêcher
les pharmaciens de vendre le générique. Un conseil qui fait mouche.
L'assurance-maladie note, dans un rapport publié en 2012
<http://www.ameli.fr/fileadmin/user_upload/documents/06062012_DP_etude_NS_v
def2_01.pdf>, que sur"12 000 ordonnances délivrées sur la
quasi-totalité du territoire, (?), le taux de mention non substituable
(?) s'élève à 4,2% seulement sur les ordonnances analysées" mais à
"12,6% pour le clopidogrel".

Des médecins et pharmaciens assurent aussi que les visiteurs médicaux de
Sanofi-Aventis tenaient "des propos dénigrants au sujet des génériques
concurrents", à la suite desquels "des pharmaciens auraient refusé de
s¹approvisionner en clopidogrel" générique. L'un des visiteurs aurait
"indiqué que les autres génériques utilisaient un [principe actif]
différent et que [les pharmaciens] engageaient leur 'responsabilité en cas
de problème, ce qui n¹est pas le cas avec l¹autogénérique'".

L'aspirine trop peu utilisée

Mais ce que les groupes pharmaceutiques évitent de crier sur tous les
toits, c'est que le clopidogrel peut souvent être remplacé par de
l'aspirine, qui est elle aussi un antiagrégant plaquettaire. Elle est
recommandée "à faible dose" en prévention de certaines maladies, soit
seule, soit en complément du clopidogrel. "Mais son efficacité est moins
bien documentée" que ce dernier, explique l'assurance-maladie
<http://www.ameli.fr/fileadmin/user_upload/documents/272012fiche_simple_AAP
_bat.pdf> (PDF). Elle exige en 2012 de développer son usage, afin que "85%
des patients traités par antiagrégants plaquettaires le soient par
aspirine".

Et pour cause, le gain financier est énorme : "En 2012, le coût mensuel
d¹un traitement par aspirine est en moyenne moins de 3 euros versus plus
de 26 euros sous clopidogrel générique."
Pourtant, d'après l'assurance-maladie, "la France est l'un des pays
européens où l¹on utilise le moins d¹antiagrégants plaquettaires par
habitant et où l¹on consomme le plus de clopidogrel". Et "65% des dépenses
liées à la prescription d¹un médicament [de la classe des antiagrégants
plaquettaires] sont générées par les 25% de patients qui ne sont pas
traités par aspirine", détaille un autre document
<http://fr.scribd.com/doc/141135558/Capi-Antiagregants> de
l'assurance-maladie.

Les génériques peinent à s'imposerPlavix est un cas d¹école. C'était en
2008 le médicament le plus coûteux pour la Sécurité sociale, avec plus de
450 millions d'euros de remboursements. Avec l'arrivée des versions
génériques, le gouvernement prévoyait 200 millions d'euros d'économies.
D'autant que pour pousser les pharmaciens à substituer le générique et
coûter moins cher à l'assurance-maladie, le Code de la Sécurité sociale
(article L.138-9) autorise les fabricants à accorder aux pharmaciens une
remise pouvant atteindre 17%, contre 2,5% pour le médicament original.

L'économie n'était finalement que de 163 millions d'euros en 2010. La
faute au taux de pénétration des génériques de Plavix, "inférieur de 10
points à l'objectif", note un rapport de la Sécurité sociale
<http://www.securite-sociale.fr/IMG/pdf/ccss2011-9-versiondefinitive.pdf>
(PDF). Des ventes faibles, qui s¹expliqueraient donc en partie par ces
stratégies "anticoncurrentielles".



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