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[e-med] Congo-Brazza : le Parlement veut voir clair dans la gestion des médicaments

Bulletin-Santé
Mardi 19 Mars 2013 à 10:30:00
(Congo-Brazza)

Santé publique : le Parlement veut voir clair dans la gestion des médicaments
http://www.brazzaville-adiac.com/index.php?action=depeche&dep_id=68596&olda
ction=liste&regpay_id=0&them_id=0&cat_id=3&ss_cat_id=3&LISTE_FROM=0&select_
month=03&select_year=2013

L'option a été prise à l'issue de la journée porte ouverte organisée le 18
mars à l'intention des députés et sénateurs membres des commissions santé,
affaires sociales, famille et genre des deux chambres, par la Congolaise
des médicaments essentiels et génériques (Comeg)

Après avoir visité le bloc administratif et les quatre magasins de
stockage des médicaments, puis suivi la présentation de la Comeg, les
parlementaires congolais ont décidé de déployer désormais leurs équipes
sur le terrain pour contrôler les différentes structures. Ils se sont
également félicités de l'initiative de cette structure consistant à ouvrir
ses portes aux parlementaires. Le président de la commission santé,
affaires sociales, famille et genre de l'Assemblée nationale, Alain Pascal
Leyinda, a déclaré qu'il y avait un problème mitigé sur le terrain. « Je
pense qu'il y a un problème entre ce que nous avons entendu ici et la
réalité sur le terrain. Est-ce que si nous regardons dans les centres de
soins de l'intérieur du pays, il y a tous ces médicaments ? Nous disons
non puisque tous les jours nous sommes sur le terrain, là il y a un
problème », a souligné le député de Mayoko.

Le gouvernement doit rendre compte
Les parlementaires se sont aussi rendus compte des rapports conflictuels
qui persistent entre la Comeg et le ministère de la Santé et de la
Population. En effet, en dépit des budgets colossaux inscrits chaque année
pour la gratuité des antirétroviraux, antituberculeux, des césariennes et
du paludisme, l'argent n'a plus été versé à la Comeg depuis le 2e
trimestre 2011. Les achats se font maintenant au niveau du ministère qui
utilise le logo de la Comeg dans les commandes. Toutefois, cette structure
bénéficie toujours de la subvention de fonctionnement qui s'élève à 150
millions FCFA cette année, alors qu'elle a perçu 60 millions l'année
dernière.

Le seul virement que l'État verse régulièrement, a expliqué le directeur
général de la Comeg, Guy Patrick Gandzia, concerne les hôpitaux de
Linzolo, Talangaï, Makélékélé, Ngabé et Mpissa. Quant aux médicaments
périmés distribués récemment dans les structures sanitaires, la Comeg a
indiqué que c'était des produits commandés par le ministère depuis
longtemps et bloqués au port de Pointe-Noire. D'autres seraient restés
dans les conteneurs au Port autonome de la ville océane.

Face à cette situation, Alain Pascal Leyinda a martelé que l'État avait
démissionné pour les deux premières libertés de l'être humain, parmi
lesquelles la santé. « Le gouvernement doit nous rendre des comptes, il
faudrait que le ministère de la Santé nous explique comment cela est
possible encore aujourd'hui. On ne joue pas avec la santé des Congolais,
surtout s'il y a beaucoup de milliards qui sont déversés dans le domaine
de la santé actuellement. Curieusement, la santé est restée comme si nous
étions encore à l'étape du Moyen âge, ce qui n'est pas tolérable,
inadmissible », a critiqué le député de l'Union panafricaine pour la
démocratie sociale.

Les autres membres de la délégation parlementaire se sont, quant à eux,
félicités des progrès remarquables accomplis en l'espace de quelques mois
par la nouvelle équipe de la Comeg. C'est le cas du vice-président de la
commission santé de l'Assemblée nationale, Hyacinthe Ingani, qui a, par
ailleurs, noté que les problèmes de rationalité dans l'achat des
médicaments persistaient encore.
« J'ai du mal à comprendre pourquoi le ministère de la Santé continue à
acheter des médicaments. Il y a derrière cette situation, une
responsabilité pharmaceutique, le médicament n'est pas un produit banal,
il y a des exigences, des contraintes techniques liées à la question de
dispensation et d'approvisionnement des médicaments », a souligné celui
qui est également président de l'Ordre national des pharmaciens du Congo.

Le budget 2013 revu à la hausse
Le budget de la Comeg de l'année en cours est chiffré en recettes et en
dépenses à la somme de 9,948 073 924 FCFA dont 7,910 504 444 FCFA de
transfert du budget de l'État (programme de gratuité) et 221 569 480 FCFA
de la subvention de l'Union européenne. Dans l'optique de jouer pleinement
son rôle de centrale d'achat, d'approvisionnement et de distribution des
médicaments, la Comeg envisage de remettre les magasins aux normes, après
les destructions du 4 mars ; développer une proximité avec sa clientèle,
notamment les circonscriptions socio-sanitaires et les hôpitaux par un
appui technique et une dotation de base. Elle entend également améliorer
ses bonnes pratiques pharmaceutiques et sa transparence de gestion ainsi
que le système assurance-qualité, et atteindre, à moyen terme, une
autonomie financière.
Parfait Wilfried Douniama
Photo1 : Les parlementaires visitent les magasins.
Photo2 : Les deux parties pendant les échanges.



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