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[e-med] (2)Tuberculose, sida et paludisme dans le monde : que fait la France de François Hollande ?

Bonjour Céline,

Merci
de nous avoir fait partager ce plaidoyer.

Vous avez raison d'insister sur le fait que les bailleurs doivent
respecter leurs engagements, notamment au travers des 0,7%. Il faut
aussi je crois rappeler que les engagements des dirigeants africains
doivent être tenus, notamment les accords d'Abuja (15%), ceci étant
tout à fait possible en Afrique sub-saharienne en comprimant les
inégalités sociales qui ne cessent de se développer et qui sont
une menace interne forte à l'équilibre même des sociétés
africaines. Et sur ce chapitre, il est souhaitable que la bonne
gouvernance et la lutte contre la corruption soient renforcées pour
créer un cadre propice à la correcte exécution des politiques de
santé; tous ces aspects sont liés et ne doivent pas être
dissociés. C'est comme un contrat global.

Pour ce qui concerne les stratégies verticales versus les stratégies
horizontales, plusieurs questions émergent.

1. Pourquoi sélectionner trois pathologies sur le fonds mondial, et pas quatre 
(avec les hépatites, également reconnue comme priorité de santé publique) ou 
cinq ou plus.

2. Quels sont les avantages opérationnels d'avoir ces systèmes
verticaux, plutôt que d'avoir des systèmes totalement intégrés,

3. Quels sont les surcoûts financiers ou administratifs que cela
engendre d'avoir des systèmes parallèles.

Personne ne remet en question l'importance cruciale du combat contre ces trois
pathologies qui reste entier, mais les critiques portent plutôt sur
l'approche retenue. Un pays comme Cuba par exemple n'a pas de système
vertical, et avec un socle de soins primaires très efficace a il
me semble des résultats assez probants dans la lutte contre le VIH.

Peut-on raisonnablement attendre de très bons résultats dans la
prévention sur les trois pathologies citées si le système de santé
primaire n'est pas correct, surtout avec du personnel insuffisant et
mal formé.

Ce questionnement est partagé par beaucoup d'acteurs, venant de multiples
disciplines, y compris de personnes qui ont beaucoup travaillé sur
le VIH. Même Oxfam France qui s'est jointe à votre plaidoyer a
soulevé des questions intéressantes dans un récent article :

http://www.oxfamfrance.org/Vers-des-politiques-de-sante,1571


Il y a en Afrique de nombreux professionnels de santé très compétents.
Beaucoup se plaignent régulièrement de ne pas assez être entendus
ou même écoutés, à juste titre. C'est très difficile pour eux
d'émettre des critiques sur des systèmes principalement pilotés de
l'extérieur, ce qui n'est pas bon ni pour l'émancipation ni même
pour la mise en application des politiques.

Je pense qu'en Afrique on fait des choses trop compliquées et qu'il
faut tendre vers la simplicité, meilleur garant d'une santé pour
tous. Sans vouloir me fait l'apotre du système cubain, a t-on
véritablement fait des études comparatives sur l'efficacité des
différents systèmes et la capacité des sociétés africaines à
s'approprier des systèmes tout de même complexes.

Je  que le débat est ouvert et qu'il ne faut pas craindre
l'altérité, l'objectif devant être d'offrir une qualité de soins
la plus élevée possible à l'ensemble des populations en Afrique.

Merci pour ce partage qui pousse à la discussion et à très bientôt,

Bertrand Livinec
 
__________________________ 
Initiative Panafricaine de Lutte contre les Hépatites (IPLH)

Pour une vaccination de tous les enfants dès la naissance contre l'hépatite B 
en Afrique

Retrouvez l'actualité des hépatites en Afrique sur www.hepatitesafrique.org     
        
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