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[e-med] VIH/SIDA: Des mécanismes novateurs pour combler le déficit de financement

VIH/SIDA: Des mécanismes novateurs pour combler le déficit de financement

WASHINGTON D.C., 26 juillet (IRIN) - Le financement mondial de la lutte
contre le VIH est resté stable au cours des dernières années, mais les pays
les plus pauvres ont progressivement investi plus d'argent dans les
programmes de réponse au VIH. « Il se passe quelque chose de très
intéressant » en Afrique actuellement, a dit Bernhard Schwartländer,
directeur du département Réalité, stratégie et résultats du Programme des
Nations Unies sur le sida (ONUSIDA) lors d'une séance plénière de la 19e
conférence internationale sur le sida, qui s'est tenue à Washington D.C. 

Malgré un financement stagnant, le nombre de traitements administrés
continue d'augmenter. « Des gens très brillants et dévoués travaillent
d'arrache-pied pour améliorer l'efficacité des services et. administrer des
traitements à un plus grand nombre de personnes avec la même somme d'argent.
» 

Dans plusieurs pays africains, comme le Kenya, la Namibie, la Sierra Leone
et l'Ouganda, le budget consacré à la lutte contre le VIH/SIDA a augmenté de
plus de 100 pour cent entre 2006 et 2011. Les gouvernements nationaux ont
ainsi décidé de relever le défi de la redistribution des ressources et, pour
la première fois, les ressources nationales allouées aux programmes de
réponse au VIH/SIDA ont dépassé le financement international, a noté
l'ONUSIDA. 

Dans la réalité toutefois, les programmes nationaux de lutte contre le sida
sont aujourd'hui beaucoup trop vastes pour être financés entièrement par les
gouvernements. Si le Malawi, par exemple, devait assumer le financement de
son programme antirétroviral (ARV) - actuellement subventionné par le Fonds
mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme -, il
devrait y consacrer les deux-tiers de son budget de santé, a dit Sharonann
Lynch, conseillère en matière de politiques auprès de l'organisation
internationale Médecins Sans Frontières (MSF). 

Ainsi, les pays les plus pauvres dépendent toujours largement des ressources
mondiales. « La vie de 80 pour cent des Africains qui reçoivent des
traitements contre le sida dépend des chèques des bailleurs de fonds. C'est
inacceptable - il faut mettre fin à une telle dépendance », a dit M.
Schwartländer. 

Des nouvelles sources de revenus 

Les gouvernements tentent de plus en plus de trouver des solutions de
rechange au soutien des bailleurs de fonds en développant des mécanismes
innovateurs pour combler le déficit de financement. Au Zimbabwe, la taxe
sida - qui représente 3 pour cent de l'impôt sur le revenu des particuliers
et des sociétés - a généré plus de 26 millions de dollars en 2011, a
récemment rapporté l'ONUSIDA. Toutefois, Albert Manenji, directeur des
finances du Conseil national sur le sida du Zimbabwe, a dit à IRIN/PlusNews
que seulement 30 pour cent des Zimbabwéens travaillaient dans le secteur
formel et contribuaient à la taxe sida. Le pays cherche donc à élargir
l'assiette de la taxe en incluant les petites entreprises et le secteur
informel. 

Le Rwanda et l'Ouganda ont commencé à imposer une taxe sur l'utilisation des
téléphones portables pour financer les programmes de santé, et le Botswana,
le Gabon et le Malawi, entre autres, examinent actuellement la possibilité
d'instaurer une telle taxe pour financer la lutte contre le sida. 

La taxe sur l'alcool et le tabac [ou sin tax, taxe sur le vice] pourrait
être l'une des mesures les plus ambitieuses instaurées pour permettre un
accès universel aux antirétroviraux. 

Des chercheurs de l'université de Liverpool ont réalisé une modélisation en
se basant sur les 20 pays les plus affectés par la pandémie de VIH/SIDA. Les
résultats suggèrent que 10 de ces pays, incluant l'Afrique du Sud, le
Botswana et le Malawi, pourraient réussir à financer l'accès universel [aux
antirétroviraux] dans les années à venir si leurs gouvernements décidaient
de prélever une faible « taxe de santé » sur l'alcool et les cigarettes. [
http://pag.aids2012.org/Abstracts.aspx?AID=2816 ] 

Selon Andrew Hill, titulaire d'une bourse de recherche à l'université de
Liverpool, la taxe proposée pourrait aussi générer « des fonds
supplémentaires substantiels pour traiter le paludisme, la tuberculose et
d'autres maladies ». Elle pourrait par ailleurs avoir un effet dissuasif sur
la consommation d'alcool et de tabac et alléger le fardeau des maladies non
transmissibles qui y sont associées. 

L'idée d'une « taxe sur le vice » existe depuis un certain temps déjà dans
les pays industrialisés. La « taxe sur le gras » [fat tax], qui concerne les
boissons sucrées et les autres aliments associés à l'obésité, gagne
également en popularité. D'après M. Hill toutefois, il pourrait être
difficile d'appliquer ce genre de taxes dans les pays plus pauvres. 

M. Schwartländer a également suggéré que les amendes qui ont été imposées
récemment aux grandes compagnies pharmaceutiques pourraient servir au
financement des services de santé « au lieu de disparaître dans les coffres
de ces pays ». 

En juillet 2012, le groupe pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline a
plaidé coupable à des accusations criminelles et accepté de payer une amende
de 3 milliards de dollars. Il avait été accusé de faire la promotion de ses
antidépresseurs les plus populaires pour des utilisations non approuvées et
d'avoir omis de communiquer certaines données de sécurité concernant un
important médicament antidiabétique. 

Selon M. Schwartländer, « on pourrait facilement, avec ces trois milliards
de dollars, payer les médicaments de tous ceux qui sont actuellement en
traitement pendant un an ». 

kn/he-gd/amz

[FIN]


Cet article en ligne:
http://www.irinnews.org/reportfrench.aspx?ReportID=95956




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