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[e-med] (2)Dihydroartemisinine+ piperaquine: une nouvelle arme contre le paludisme ?

Bonjour,

Il manquait l'article qui allait avec ce mail...
Il n'y avait que le titre et le commentaire de Carinne...

Merci pour tout ce travail,

Bien à vous,

Carine Baxerres.*

******

[Merci pour la remarque, voici l'article.CB]

Une nouvelle arme contre le paludisme d?importation
http://www.slateafrique.com/91175/une-nouvelle-arme-contre-le-paludisme-d-importation

L?Agence européenne du médicament vient d?autoriser la commercialisation d?un 
médicament antipaludéen. Il a été expérimenté avec succès en Afrique et en 
Asie, mais il n?y est pas disponible. Les avis divergent quant à son réel 
intérêt.

Afrique  artémisinine  CMVI  EMA  endémie  Eric Caumes  Eurartesim  médicaments 
 MMV  OMS  paludisme  paludisme d'importation  Plasmodium falciparum  recherche 
scientifique  santé 

Percée médicamenteuse contre un fléau majeur ou simple actualisation de la 
pharmacopée de portée réduite?

L?Agence européenne du médicament (EMA) a donné son feu vert à la 
commercialisation d?un nouveau médicament utilisable dans le traitement du 
paludisme.

Il est développé sous le nom de marque Eurartesim® par la firme Sigma-Tau Group 
(dont le siège est en Italie) et la fondation (financements publics et privés) 
à but non lucratif Medicines for Malaria Venture (MMV).

Son originalité tient au fait qu?il est constitué de deux principes actifs et 
dérivé de l?artémisinine, une substance médicamenteuse isolée de la plante 
armoise annuelle et qui joue aujourd?hui un rôle majeur et croissant dans la 
lutte antipaludéenne. 

La firme Sigla-Tau précise que son produit est déjà disponible dans les 
pharmacies en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Belgique et au Portugal.

Le paludisme voyage beaucoup moins

Il s?agit notamment de proposer une nouvelle méthode de traitement des 
paludismes dits d?importation, l?infection parasitaire ayant été contracté en 
zone impaludée avant de se manifester cliniquement au retour. Soit environ 
4.000 cas par an en France et une dizaine de décès .

Les dernières données épidémiologiques rendues publiques font état d?une chute 
du nombre des cas de paludisme d?importation en France.

    «Nous sommes passés en une décennie d?environ 8.000 cas estimés par an à 
3.650 cas estimés en 2011, le nombre de cas ayant encore baissé de 25% entre 
2010 et 2011», explique le Dr Eric Caumes, président du Comité des maladies 
liées aux voyages et des maladies d?importation (CMVI).

Dans un contexte de résistances croissantes à des médicaments jusqu?ici 
efficaces, le parasite réapparaît actuellement en Grèce et l?anophèle vecteur 
s?adapte aux moustiquaires imprégnées d?insecticide et, malgré cette 
protection, parvient de plus en plus fréquemment à piquer avant l?heure du 
coucher.

Il existe aussi, plus anecdotiques, des cas de «paludisme d'aéroport» transmis 
par des moustiques anophèles infectées ayant transité par un avion en 
provenance d'une zone impaludée.
L'artemisinine, prévenir vaut mieux que guérir

Il s?agit aussi pour le fabriquant de proposer ce médicament comme outil de 
précaution aux voyageurs se rendant dans les pays où le paludisme sévit sur un 
mode endémique.

Toujours selon la firme productrice, ce médicament est aujourd?hui prêt à être 
livré au Cambodge «premier pays où le paludisme est endémique, à avoir passé 
une commande».

Des négociations sont en cours avec l?Organisation mondiale de la santé (OMS) 
et Sigma-Tau «est sur le point de soumettre le médicament pour enregistrement 
auprès de pays africains clés, tels que le Burkina Faso, le Mozambique, la 
Tanzanie, le Ghana et bien d?autres».

Rien ne permet toutefois de savoir quand les formalités administratives seront 
terminées ni, surtout, qui assurera la prise en charge financière de ce nouvel 
outil médicamenteux.

L?objectif affiché du laboratoire est de parvenir «à un prix abordable pour les 
populations vulnérables».

En France il est aujourd?hui proposé environ 40 euros (le traitement de trois 
jours) aux pharmaciens d?officine, soit un prix public qui devrait se situer 
autour de 70 euros.   

Officiellement l?autorisation à la commercialisation n?a pour indication que le 
traitement du  paludisme «non compliqué» dû à Plasmodium falciparum.  

Le médicament est une combinaison de deux principes actifs dans le même 
comprimé: un dérivé d?artemisinine (dihydroartemisinine), et un deuxième 
antipaludique (piperaquine tétraphosphate), qui prolonge l?effet thérapeutique.

Ce médicament est soumis à prescription médicale. Le traitement «généralement 
bien toléré» doit être administré une fois par jour pendant trois jours à jeun.

Il assurerait, d?autre part, une protection durable contre les nouvelles 
infections.

    «Ceci est crucial pour tous les enfants vivant dans des régions à haute 
transmission qui, s?étant remis d?un épisode paludique succombent souvent au 
suivant», souligne le fabriquant. 

Efficacité contestée

Pour étudier l?efficacité de son produit, le laboratoire a organisé avec 
l'université d'Oxford des expérimentations cliniques comparatives dans les pays 
où le paludisme est endémique en Asie et en Afrique.

L?association «dihydroartemisinine-piperaquine tétraphosphate» a été testée par 
rapport à deux autres associations médicamenteuses concurrentes: 
«artéméther‐lumefantine» et à celle «artesunate-méfloquine».

Les essais ont été menés plus de 2.700 personnes au Burkina Faso, en Zambie, au 
Kenya, au Mozambique et en Ouganda ainsi qu?en Thaïlande, en Inde, et au Laos. 
Ils ont aussi été menés sur plus d?un millier d?enfants africains âgés de 6 
mois à 10 ans, tous atteints d?un paludisme non compliqué à Plasmodium 
falciparum.

Le fabriquant fait état d?un taux global de guérison «de plus de 95%». Il 
estime d?autre part à 50% le nombre de la réduction des nouvelles infections 
dans les deux mois qui suivent le traitement.

Tout le monde ne partage pas un tel enthousiasme. C?est le cas, en France, de 
la Haute autorité de Santé (HAS) qui estime, en substance, que l?innovation 
apportée est réduite.

Ou plus précisément que ce médicament ne présente pas d?avantage clinique 
démontré par rapport à son concurrent direct Riamet® (de la multinationale 
Novartis).

Ce qui ne veut pas dire que le «service médical» rendu ne soit pas jugé 
«important» et son remboursement utile. La HAS observe notamment que le nouveau 
médicament n?a pas été testé contre son concurrent la Malarone® (de 
GlaxoSmithKline).

    «Je ne perçois pas l?intérêt que peut présenter ce médicament, en cas de 
paludisme déclaré dans les pays du Nord au retour de voyages dans les pays du 
Sud», a déclaré le Dr Alain Fisch, spécialiste de médecine des voyages (center 
hospitalier de Villeneuve-Saint-Georges). 

Pour ce qui sera de son hypothétique intérêt dans le traitement rapide sur 
place des paludismes des autochtones, la décision revient à l'OMS et au 
programme Roll Back Malaria. 

    «Compte tenu du succès actuel du programme reposant sur les seuls dérivés 
de l'artémisinine, on peut douter que ces instances donnent un avis favorable. 
Sauf si la résistance à ces dérivés (étroitement liée à la contrefaçon) se 
répand à large échelle; ce médicament pourrait alors trouver sa place. Mais ce 
n'est pas d'actualité à ce jour», ajoute le Dr Fisch.

Pour sa part le Dr Eric Caumes (groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris) 
président du Comité des maladies liées aux voyages et des maladies 
d?importation dit ne pas partager le jugement sévère, de son collègue:

    «Les dérivés de l?artémisinine constituent un progrès peu contestable dans 
la prise en charge de cette maladie. L?absence de conflit d?intérêt particulier 
avec ce laboratoire me permet de dire que ce médicament est utile, sans aucun 
doute, pour le paludisme d?importation car il est beaucoup plus facile à 
prendre que son concurrent direct le Riamet.»

Jean-Yves Nau

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