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[e-med] (4)La mystérieuse maladie du hochement de tête tue les enfants en Ouganda

A propos de la maladie du hochement de tête en Ouganda
e-med du 22 février (voir ci-dessous)

le texte dit que des spécialistes étudient cette maladie depuis plusieurs
années mais toute donnée supplémentaire peut être utile et les pharmaciens
doivent jouer un rôle et peuvent apporter des informations très importantes
car ils sont proches des patients.
 

D?après ce qui est dit dans le texte il est impossible d?envisager
sérieusement des hypothèses concrètes. Il est juste possible de poser
quelques questions supplémentaires.

Pour tout phénomène de ce type il faut étudier la répartition des cas dans
le temps (quand ?), dans l?espace (où ?) et dans la population (qui ?).

Il est dit que seuls les enfants étaient touchés mais quelle est la
répartition exacte par âge ; les enfants pouvaient être âgés de 0 à 14 ans.

Il est absolument primordial de faire une carte de répartition des cas
connus et de faire une courbe des cas selon le temps en mois ou année.

 

Avec ces données il sera possible d?envisager les différentes étiologies
possibles.

 

Celle qui a déjà été évoqué est la cause toxique ; la maladie étant due à
l?ingestion d?un produit nuisible à la santé. Cela pourrait être renforcé si
les cas se concentrent sur une tranche d?âge ou selon une répartition
spatiale limitée.

Outre l?ergotisme évoqué, mais le seigle n?existe en Ouganda  (sauf
éventuellement par l?aide alimentaire au sud Soudan), de multiples autres
étiologies sont possibles

            1° les pesticides et les exemples de maladies mystérieuses en
Afrique sont nombreux ;

            2° une plante toxique et on connaît les intoxications à Blighia
sapida ;

            3° la consommation de miel contaminé par des fleurs toxiques ;

4° empoisonnement criminel ;

5° empoisonnement par des aliments avariés ou « parasités » par agents
producteurs de toxines (aflatoxines);

6° contamination chimique de l?eau de boisson ou d?aliments.

 

La 2° hypothèse envisageable est la cause microbiologique.

Des épidémies similaires ont été décrites soit avec des parasite soit avec
des virus. Les parasites à l?origine de ces phénomènes sont ceux dont les
kystes peuvent se loger dans le cerveau  c'est-à-dire échinoccose,
toxoplasmose, hydatidose et pour ces affections il devra être possible de
trouver une source alimentaire commune. Les virus en cause sont des virus
d?encéphalites le plus souvent à transmission vectorielle (flavivirus,
bunyavirus).

 

Ne pas oublier aussi qu?il est possible que les causes de cette maladie, à
la clinique aussi floue, peuvent être multiples.

    

********************

-----Message d'origine-----

De : e-med-bounces@healthnet.org [mailto:e-med-bounces@healthnet.org
<mailto:e-med-bounces@healthnet.org> ] De la part de remed

Envoyé : mercredi 22 février 2012 15:05

À : 'Essential Drugs in French'

Objet : [e-med] La mystérieuse maladie du hochement de tête tue les enfants
en Ouganda

[qui a une idée de l?étiologie ?]

La mystérieuse maladie du hochement de tête tue les enfants en Ouganda 

http://www.romandie.com/news/n/_La_mysterieuse_maladie_du_hochement_de_tete_
<http://www.romandie.com/news/n/_La_mysterieuse_maladie_du_hochement_de_tete
_> 

tue_les_enfants_en_Ouganda190220120602.asp

 

TUMANGA (Ouganda) - Personne ne sait pourquoi Patrick Anywar, 14 ans, gît
recroquevillé, nu dans la poussière et sous le soleil au zénith, dans le
nord de l'Ouganda, luttant pour relever la tête et apercevoir son frère et
sa soeur cadets qui jouent devant le domicile familial.

Après quelques minutes d'effort, sa tête retombe sur sa poitrine et son
corps amaigri est saisi de convulsions.

Patrick est l'un des 3.000 enfants du nord de l'Ouganda atteints d'un mal
mystérieux, connu sous le nom de maladie du hochement de tête ou maladie du
tremblement (nodding disease).

Les scientifiques qui l'étudient depuis plusieurs années se perdent en
conjectures sur l'origine de cette maladie qui a déjà tué au moins 200
enfants dans la région.

Le peu qu'ils sachent est qu'elle ne touche que les enfants. Elle se traduit
par des crises de convulsion qui les empêchent de se nourrir, provoquant des
retards de croissance, des membres amoindris, des handicaps mentaux, jusqu'à
ce que parfois ils meurent de faim.

La maladie a déjà pris un fils, Watmon, à la mère de Patrick Anywar, Rugina
Abwoyo, qui dit ne pouvoir rien faire d'autre que d'assister impuissante aux
ravages de celle-ci sur son autre fils.

Avant, il marchait et courait comme les autres enfants, mais maintenant,
quelqu'un doit veiller sur lui en permanence, explique-t-elle. La maladie
est terrible, elle l'empêche de manger et de boire tout seul.

Sur un sentier ouvert dans un champ de sorgho, Joe Otto, un auxiliaire
médical volontaire de 54 ans, raconte que la pathologie a ravagé son village
de Tumangu, dans le district de Kitgum, à environ 450 km au nord de Kampala.

Dans le village vivent 780 personnes et nous avons 97 cas. Presque toutes
les familles ont été touchées, explique-t-il.

- Un mal incurable -

Quand le dispensaire local, à plusieurs kilomètres, reçoit l'une de ses
épisodiques livraisons de médicaments, Joe Otto enfourche sa bicyclette pour
s'en procurer. Mais ces traitements ne sont qu'un pis-aller.

Nous donnons des médicaments contre l'épilepsie, comme la carbamazepine,
mais cette maladie est différente de l'épilepsie, souligne-t-il.

Face à ce mal incurable, les habitants sont passés de la crainte au
fatalisme, dit-il: On commence à dire que les patients qui sont morts ont
guéri, parce que finalement, ils ne souffrent plus de cette maladie
douloureuse.

Depuis 2010, des scientifiques de toutes disciplines - épidémiologistes,
biologistes, neurologues, toxicologues, psychiatres - ont mené toutes sortes
de tests pour tenter de découvrir les origines de la maladie.

Plusieurs hypothèses ont été étudiées: d'un parasite tel que celui
provoquant l'onchocercose (ou cécité des rivières) aux possibles effets
secondaires de la guerre civile dans le nord de l'Ouganda, où sévit la très
brutale rébellion de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Nous avons examiné tout cela, mais malheureusement nous n'avons pu
identifier aucun réel facteur déterminant ou de risque (...) les recherches
de l'agent pathogène continuent, explique Miriam Nanyunja, du service de
prévention et contrôle des maladies à l'Organisation mondiale de la Santé

(OMS) à Kampala.

Les résultats ont même souvent suscité plus de questions que de réponses.

Les scientifiques ne savent pas si la maladie est liée à des épidémies
similaires au Soudan du Sud et en Tanzanie, tentent de comprendre si elle
continue de s'étendre ou a commencé à décliner, et pourquoi elle se limite à
quelques communautés.

Fin janvier, sous la pression de députés ougandais, le ministère de la Santé
a mis en place un plan d'intervention d'urgence pour tenter d'identifier et
de circonscrire la maladie.

Mme Nanyunja, de l'OMS, estime qu'en attendant la découverte de l'origine de
l'affection et d'un possible traitement, les médecins doivent se consacrer à
tenter de soulager les patients.

Il existe de nombreuses maladies dont nous continuons à traiter les
symptômes sans en connaître la cause exacte, souligne-t-elle.

Mais pour Patrick Anywar, toute tentative de guérir sa maladie ou d'en
atténuer les effets arrivera sans doute trop tard, craint sa mère.

Nous espérons que les médecins travaillent sans relâche pour trouver un
remède à cette maladie, explique-t-elle néanmoins. L'avenir pour nous
n'existe plus, car tellement d'enfants sont déjà touchés, mais nous espérons
que les plus jeunes puissent être sauvés.

 

(©AFP / 19 février 2012 06h16) 



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