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[e-med] Invitation à la 9ème Conférence AFD-EUDN , Paris, 26 mars 2012.

 
 BROUILLET Pascal BROUILLETP@afd.fr

Bonjour à tous, 

L’Agence Française de Développement (AFD) et le réseau des chercheurs
européens EUDN (European Research Developpement Network) organisent leur 9e
conférence annuelle. Cette conférence se tiendra à Paris, au centre de
conférences du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, le
26 mars 2012. 

Cette année, la conférence sera consacrée au rôle de l’évaluation dans le
développement. Son programme a été défini en étroite collaboration avec
François Bourguignon, en sa double qualité de Président du réseau EUDN et de
Président du Comité des évaluations de l’AFD. 

Site bilingue de la conférence 
 http://www.afd.fr/eudn2012

Inscription en ligne via le lien suivant : 

http://www.afd.fr/inscription/formAddInscription.action?request_locale=fr&ma
nifestationId=37

*********************

9ème Conférence AFD / EUDN

MALAISE DANS L’EVALUATION :
quelles leçons tirer de l’expérience du développement ?
26 Mars 2012
Centre de conférence Pierre Mendès-France,
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, Paris

8h30 – Accueil.

9h00 – Ouverture.
Dov ZERAH, Directeur général, Agence Française de Développement
François BOURGUIGNON, Président d’EUDN

9h15 - Un bref panorama des instruments d'évaluation des politiques
économiques.
Président: François BOURGUIGNON, Ecole d’Economie de Paris
Intervenant: Sir James A. MIRRLEES, Prix Nobel d’Economie 1996

De tout temps, les politiques économiques, quel que soit leur domaine
d'application, ont été évaluées ne serait-ce que de façon intuitive avant la
prise de décision ou, a posteriori, par de simples comparaisons avant-après.
Mais des méthodes plus rigoureuses sont évidemment nécessaires pour générer
le "contrefactuel", c'est-à-dire l'état du monde avec ou sans la politique
ou le projet mis en oeuvre.

S'agissant de politiques ou de projets de nature plutôt micro-économique,
trois grandes approches ont été adoptées à un moment ou un autre au cours
des 50 dernières années : l'analyse coût-bénéfice, la micro-simulation (avec
ou sans modélisation des comportements) et l'expérimentation (contrôlée ou
"naturelle"). Sur un plan plus macro-économique, les deux principales
approches ont été la modélisation de l'ensemble des économies (modèles
d'équilibre général) et les régressions en coupe transversale sur des
échantillons de pays.

L'objectif de cette session sera de replacer ces diverses méthodes dans leur
cadre conceptuel et empirique puis de s'interroger d'une part sur leur
succès relatif dans l'évaluation des politiques et projets, notamment dans
le domaine du développement, et d'autre part sur le degré de validité de
leurs résultats dans des contextes différents de ceux de l'évaluation
initiale. Comment expliquer par exemple que l'analyse coût-bénéfice soit
tombée dans une certaine désuétude, ou que les régressions en simple coupe
transversale (par opposition aux travaux sur données de panel) aient connu
un tel succès dans les années 1990 ? Au total, quel est le contenu de la
boîte à outil de l'évaluateur d'aujourd'hui ?

10h45 – Pause.

11h05 - L'expérimentation et l'évaluation d'impact : avantages et limites.
Président: Pierre JACQUET, Chef économiste, Agence Française de
Développement
Intervenants: Paul GERTLER, Université de Californie, Berkeley
Jean David NAUDET, Agence Française de Développement

On a parfois qualifié l'expérimentation contrôlée, c'est-à-dire la
comparaison entre des groupes de traitement et des groupes de contrôle
sélectionnés de façon aléatoire, comme « l'étalon or » de l'évaluation. Ses
résultats sont en effet scientifiquement indiscutables. De fait, le nombre
d'expérimentations de ce type croît de façon exponentielle et tend à envahir
les revues académiques, tout particulièrement celles qui sont consacrées au
développement. Par ailleurs, la comparaison de groupes de traitement et de
groupes témoins constitue de plus en plus la base de l'évaluation d'impact
d'un projet donné, même si le choix des groupes n'est pas aléatoire et si ce
type d'évaluation se réduit parfois à une simple comparaison avantaprès.

Séduisante au plan scientifique, ce type d'approche permettra-t-elle, comme
le clament certains, de déterminer progressivement "ce qui marche" et "ce
qui ne marche pas" et d'établir ainsi un catalogue de politiques et de
projets parmi lesquels les décideurs n'auront plus qu'à choisir ceux qui
correspondent à leurs objectifs et leurs moyens? Probablement pas, à moins
de pouvoir multiplier à l'infini les expériences et d'attendre suffisamment
longtemps pour que le catalogue offre la diversité désirée. Tout n'est pas
évaluable par l'expérimentation contrôlée, les résultats de politiques ou de
projets donnés dépendent du contexte de leur mise en oeuvre en même temps
que de leurs caractéristiques.

L'expérimentation ne permettra jamais de couvrir rigoureusement l'ensemble
des possibles.

Dans ces conditions, la question se pose de l'utilisation qui doit être
faite de ces techniques d'évaluation et du champ précis qu'on peut leur
demander de couvrir. Se pose également la question de leur relation avec
d'autres approches, notamment des approches plus "structurelles" basées sur
une certaine connaissance du comportement des agents. Peut-on par exemple
imaginer une véritable stratégie d'expérimentation et d'évaluation d'impact
de projets prenant en compte leur coût, leur faisabilité, les enseignements
à en tirer et, également, la façon dont cette stratégie peut modifier le
comportement des gestionnaires de projets en termes de transparence et de
redevabilité ?

12h50 - Déjeuner.

14h00 - La gestion par indicateurs est-elle gage d'efficacité ?
Président: Mamadou DIOUF, Université Columbia
Intervenants: Jodi NELSON, Fondation Bill et Melinda Gates
Catherine PARADEISE, Université de Marne-la-Vallée

La question de l'évaluation n'est certes pas propre aux politiques publiques
ou aux projets gérés par des instances publiques. Elle se pose aussi dans
l'entreprise. En fait, nombre de pratiques dans les organisations publiques
sont dérivées de principes de management depuis longtemps à l'oeuvre dans
l'entreprise. C'est le cas de la gestion par indicateurs qui a gagné la
sphère managériale dans pratiquement tous les types d'organisation. Cette
pratique joue en fait plusieurs rôles: réflexion sur la détermination
d'objectifs, incitations à l'efficacité des acteurs, et, in fine, évaluation
des résultats par examen des divers indicateurs. C'est sur ce dernier aspect
que portera cette session.

Tout en relevant d'un principe relativement évident de gestion,
l'utilisation d'indicateurs peut ne pas conduire à l'efficacité espérée
s'ils ne satisfont pas un ensemble de propriétés: observabilité, précision,
non-manipulation, exhaustivité, … Des indicateurs approximatifs pourront par
exemple être atteints par les acteurs qu'ils sont censés évaluer sans pour
autant que les résultats d'ensemble soient satisfaisants. Ceci peut se
produire lorsque les indicateurs ne portent que sur des aspects plutôt
secondaires des actions menées. A l'inverse, un indicateur trop général
tendra à incorporer des facteurs extérieurs aux opérations que l'on cherche
à évaluer mais que l'on ne pourra pas toujours rattacher à l’intervention
des acteurs.

Dans la mesure où la gestion par indicateurs a gagné le milieu du
développement, que ce soit au niveau très agrégé des Objectifs de
Développement du Millénaire ou celui plus détaillé des indicateurs
d'efficacité de l'aide posés par la déclaration de Paris, il convient de
réfléchir à la façon optimale d'utiliser cette forme de gestion.

15h45 - Pause

16h00- L'évaluation appliquée au développement et à l'aide au développement.
Président: Alexandra SILFVERSTOLPE TOLSTOY, Ministère des
affairesétrangères, Suède.
Intervenants: Ruerd RUBEN, Ministère des affaires étrangères, Pays - Bas
Leonce NDIKUMANA, Université du Massachusetts, Amherst
Miguel SZEKELY, ancien sous-secrétaire d’Etat en charge de la

Planification et de l’Evaluation du Mexique
Michael CLEMENS, Center for Global Development, Washington

Tout donateur, y compris les ONG, désire faire la preuve à ses mandants de
l'efficacité de ses dépenses dans les pays qu'il veut aider. De la même
façon, les dirigeants des pays en développement peuvent vouloir prouver à
leur population – et/ou à leurs bailleurs de fonds - que leurs politiques de
développement sont bonnes et efficaces dans la lutte contre les diverses
dimensions de la pauvreté. L'une des raisons de l'hésitation que l'on
observe aujourd'hui vis-à-vis de l'aide publique au développement (APD) dans
les pays développés est la difficulté à montrer les résultats de cette aide,
et par conséquent le doute qui en découle sur son efficacité. Là peut être
la cause de la "fatigue" observée vis-à-vis de l'APD, de la tendance
croissante de celle-ci à se concentrer dans les domaines sociaux (éducation,
santé), de la fragmentation des initiatives des donateurs qui influe sur
l’efficacité de l’aide, mais également du relatif succès rencontré par les
ONGs qui savent mieux communiquer sur leurs résultats.

La transparence sur les opérations d'aide au développement et les résultats
obtenus par les pays aidés constitue la principale voie de sortie de
l'enlisement qui semble caractériser la communauté du développement. Cette
transparence ne sera obtenue que par l'application rigoureuse de procédures
d'évaluation des projets, programmes et politiques mis en œuvre dans les
pays en développement, avec ou sans aide extérieure. La condition d'une plus
grande efficacité des politiques de développement et de l'aide au
développement est la levée des obstacles, politiques, économiques,
institutionnels ou techniques, à la mise en oeuvre de ces évaluations. Tel
sera le principal thème de cette session.

18h00 – Conclusion.
François BOURGUIGNON, Président d’EUDN, Ecole d’Economie de Paris

SYNOPSIS DE LA CONFERENCE

La demande sociale pour l'évaluation des politiques économiques croît
partout avec l'exigence chaque jour plus forte de transparence et de
redevabilité de la part des décideurs, et souvent un doute persistant quant
à l'efficacité de la dépense publique. Ceci estparticulièrement vrai dans le
domaine du développement à un moment où l’aide estsévèrement critiquée pour
son efficacité limitée, et où la rigueur budgétaire chez nombre depays
donateurs rend l’effort encore plus difficile.

L'évaluation des politiques publiques n'est pourtant ni une idée ni une
pratique nouvelle. La question se pose cependant de savoir si elle est
correctement menée, si elle donne effectivement lieu à une accumulation de
savoir, qui peut être utilisé ou non, par les décideurs, ou si le contexte
dans lequel les politiques sont mises en oeuvre change trop rapidement pour
que les expériences d'hier puissent permettre de tirer des enseignements
pour demain.

Peut-on apprendre de nos expériences et de celles des autres dans le domaine
du développement ? Si oui, pourquoi semblons-nous ne pas en voir l'effet ?
Si non, quels sont les facteurs de blocage à l'apprentissage ?

Ces questions seront débattues par des experts de premier plan, venus du
monde entier, lors de la prochaine conférence AFD-EUDN. Chacun dans son
domaine interrogera la capacité de l’évaluation à nourrir le processus
d’apprentissage et plus largement, à tirer les leçons de l’expérience pour
améliorer les stratégies de développement. Il sera plus particulièrement
question de l’évolution et de l’efficacité relative des méthodes
d’évaluation appliquées ces cinquante dernières années, ainsi que des
raisons qui expliquent le succès ou à l’inverse l’échec de certains outils
utilisés pour analyser les interventions de l’aide au développement, tant
d’un point de vue microéconomique, que dans une perspective macroéconomique.

Seront également examinés les avantages et les limites de techniques
d’évaluation relativement innovantes et séduisantes, mais néanmoins
controversées telles que les analyses d’impact et la gestion par
indicateurs. Enfin, une attention particulière sera portée aux pratiques
développées par divers acteurs de l’aide pour valoriser l’utilité de
l’évaluation dans la mise en oeuvre opérationnelle des projets, et plus
largement en tant que vecteur de capitalisation et d’apprentissage au sein
de leurs organisations.

 


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