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[e-med] La formation du pharmacien d'aujourd-hui est-elle adaptée ?

[Remerciements à Hélène Degui pour le signalement de cet article.CB]

Lyon : la 10e Conférence des doyens de pharmacie francophones
La formation du pharmacien d’aujourd’hui est-elle adaptée ?
http://www.quotipharm.com/Journal+Quotidien+Pharmacien/15587/Actualite-89/Lyon+la+10e+Conference+des+doyens+de+pharmacie+francophones+La+formation+du+pharmacien+d+aujourd+hui+est+elle+adaptee+-445802.cfm

Une soixantaine de doyens de facultés de pharmacie de langue française, venus 
du Québec, d’Afrique, de Roumanie ou encore du Liban et du Maghreb, viennent de 
participer durant quatre jours à Lyon à la 10e Conférence internationale des 
doyens de facultés de pharmacie d’expression française (CIDPHARMEF). Au centre 
des débats de cette édition 2011, un enjeu majeur : comment adapter 
l’enseignement d’un métier dans un monde qui ne cesse de changer, et face à des 
systèmes de santé et des besoins sociaux qui évoluent ?

COMMENT, sans jouer les cartomanciennes, prédire l’avenir d’une profession dans 
un monde en constant mouvement, un système de santé soumis à des règles 
mouvantes, et un rapport de la population à la médecine et au médicament qui ne 
cesse d’évoluer vers toujours plus de « consommation » et d’exigence impérieuse 
à la fois de sécurité et de satisfaction immédiate ? Conscient du caractère 
risqué de son entreprise, c’est à cet exercice de haute voltige qu’Olivier 
Catala, pharmacien d’officine à Amplepuis (Rhône) et enseignant à la faculté de 
pharmacie de Lyon, s’est livré devant un congrès curieux et prêt au débat. 
Limité à la situation en France, son constat tient en peu de mots : face à la 
pénurie croissante de médecins généralistes, surtout dans les zones rurales, et 
au désengagement de la Sécurité sociale dans le « petit risque », le pharmacien 
devient de plus en plus souvent le premier recours. Jusqu’où ?

Éviter les conflits d’intérêts.

Le deuxième constat tient aux vertus de la proximité : aujourd’hui, grâce au 
maillage serré des officines sur l’ensemble du territoire national, les 
patients ont un accès aisé au médicament, profitent d’un conseil personnalisé, 
voire, bientôt, d’une éducation thérapeutique, et le pharmacien peut jouer 
pleinement l’un de ses rôles majeurs, la prévention du risque iatrogène. Mais 
demain ? Les lois de l’économie, les contraintes du métier freinant les 
vocations (voire les dernières statistiques de l’Ordre en page 2) et la 
contraction des dépenses de santé ne vont-elles pas réduire drastiquement le 
nombre d’officines ? Avec quelles conséquences ? Ces questions, pour Olivier 
Catala, conduisent inévitablement à s’interroger sur les exigences auxquelles 
doit répondre, dès aujourd’hui, un « bon enseignement » de la pharmacie, pour 
former des professionnels qui, dans moins de dix ans, sauront disposer « 
d’informations validées, mais resteront aussi capables de les obtenir 
rapidement », tout en veillant constamment, dans leur pratique quotidienne, à « 
prendre du recul, et garder un esprit critique et indépendant ».

« Je m’évertue, toute l’année, insiste le pharmacien-enseignant, à expliquer 
aux étudiants qu’ils doivent acquérir une vertu très difficile à pratiquer : 
l’indépendance d’esprit », celle qui, notamment, procède d’une « formation et 
d’une information totalement indépendante des industriels, loin des risques de 
conflit d’intérêts ». 

L’ambitieuse loi HPST.

Dans une société saturée d’informations plus ou moins validées (Internet), et 
avec des patients qui « souvent, en savent plus que leur pharmacien », comment 
concevoir des enseignements assez solides et polyvalents pour assurer la 
formation de professionnels contraints de s’adapter constamment ? Avec Bernard 
Minne, c’est aussi le regard d’un officinal qui est venu prolonger ces 
premières interrogations, doublé de celui d’un ordinal : président du conseil 
de l’Ordre de la région Rhône-Alpes, ce dernier a insisté sur les ambitions, en 
forme de « défis à la profession », de la récente loi HPST, qui « place le 
pharmacien au cÅ“ur du système », entend en faire « un acteur des soins de 
premier recours » qui participe « pleinement à la coopération entre 
professionnels de santé », à l’éducation thérapeutique des patients, à la 
permanence des soins…
On aura compris que, outre le défi d’une société en profonde mutation, avec des 
patients souvent devenus des consommateurs avertis, s’ajoute pour l’officinal 
de demain « le challenge d’une loi HPST, certes excellente pour l’essentiel, 
mais qui va peu à peu changer l’exercice ». Le véritable motif d’inquiétude, à 
cet égard, conclut le président régional de l’Ordre, restant néanmoins le 
modèle économique de l’officine, aujourd’hui en pleine crise.
GÉRARD CLAVAY
Le Quotidien du Pharmacien du : 06/06/2011


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