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[e-med] (2)Les prises de contrôles par des étrangers menacent l'industrie du générique en Inde

Bonjour,

On se trompe de combat si on veut dicter  aux industriels indiens du 
générique de ne pas se laisser tenter par des  labos étrangers. Leur 
stratégie industrielle est de leur responsabilité et  vouloir s'en mêler est 
un non-sens sur le plan économique. Depuis le début  de cette aventure, il 
était écrit qu'ils chercheraient à se développer et  à se tourner vers des 
produits à plus forte rentabilité que les  génériques. Déjà dans les années 
80 Ranbaxy avait établi une joint-venture  avec Eli Lilly.

Au lieu de se lamenter de cette situation il faut au contraire se tourner 
vers d'autres pays ayant le potentiel de remplacer  les Indiens. Fort de 
l'expérience indienne, on sait maintenant dans  quelles conditions on peut 
assister ces nouveaux candidats, sans  déstabiliser le marché au niveau 
mondial.

Profitons de cette expérience  pour créer un contre-front au lieu de vouloir 
dicter à un industriel qu'il  gagne suffisamment pour ne pas aller vers plus 
de profit. C'est la logique  même des affaires que de vouloir augmenter son 
profit; vouloir la  combattre est la preuve d'une méconnaissance des règles 
de l'entreprise,  c'est tout! et les industriels, indiens ou d'ailleurs,ne 
se feront pas  avoir à ce jeu : leur stratégie est de leur responsabilité, 
je le répète,  et ils ne peuvent accepter qu'on leur en dicte une autre.

Par ailleurs, je comprends que les officiels en Inde s'inquiètent que des 
fonds publics utilisés pour développer la R&D par exemple résultent in  fine 
à améliorer le profit d'entreprises étrangères. Que l'Inde édictent  une 
législation empêchant leurs entreprises de se vendre au premier venu  pour 
que le bénéfice de ces incitations ne soient pas perdus, est  acceptable. Il 
appartient à l'Inde de développer cette législation.

On  connaît en France des situations semblables où des investisseurs 
étrangers  sans scrupules ont bénéficié d'avantages financiers conséquents 
pour faire  une opération dont le seul but était financier puisque l'affaire 
une fois  faite, ils sont partis sans demander leur reste. Donc je souhaite 
bonne  chance aux Indiens pour réussir dans cette direction.

Mais pour tous ceux qui regardent la situation de l'extérieur, ONG, 
organisations bi ou  multilatérales, la question n'est pas là. Il leur 
appartient de développer  un contre feu là où c'est possible, pour éviter 
notamment de devenir dépendant d'un seul fournisseur à terme : l'Inde.

Charles Rambert


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