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[e-med] (15)Lutte contre le paludisme : les ACT seront gratuits dès le 1 mai au Sénégal

Théophile,

Tes propos sont un peu durs à mon avis. Toutes ces discussions concourent à
trouver un équilibre aussi acceptable que possible. Tous les systèmes ont des 
avantages et des inconvénients. L’histoire très proche nous rappelle
effectivement que tous les systèmes de gratuités n’ont pas réussi dans de
nombreux pays en Afrique comme on le voulait. Ils ont souvent laissé un
arrière goût d’insatisfaction.

Comment dans mes interventions précédentes, j’ai toujours posé la question
de la responsabilité. Il ne faut pas que la gratuité se fasse au détriment
de la qualité ou du système de santé. C’est gratuit, OUI. Mais qui assure la
gratuité ? Toute la question est là. S’il y a un responsable, est il sûr
d’aller au bout de son engagement ? Et pour combien de temps ? Généralement,
on a des réponses du genre : « on commence et l’Etat prendra la relève
après ». Et malheureusement, il peut se poser souvent deux situations :

-          les données peuvent changer avant la fin du projet (crise
financière par exemple) et le partenaire financier commence à réduire ses
nombre d’années d’intervention ou même revoit ses ambitions à la baisse ;

-          Le projet est bien mené et à la fin l’Etat n’arrive pas à assurer
la continuité ;

Alors, la gratuité sans lendemain bien planifiée est un échec d’avance. Mais
comment faire pour que nos populations aient de plus en plus accès
financièrement et géographiquement aux offres de santé de qualité ? Faut-il
accepter des projets à cour terme pour juste un besoin qui pourrait être
politique ? Faut-il penser un système efficace et moins cher à long terme ?
Je concède avec toi que nos populations « dites pauvres » ont besoin d’être
acteur de leur propre santé. L’initiative de Bamako a pris cela en compte.
Mais cette population malgré sa volonté a des limites. Cette limite est
réellement leur pauvreté.  Quelque soit la fierté et la volonté d’un homme,
il ne peut rien lorsque son accès à un service est limité par les finances.
Alors, parlons  d’une « gratuité compensée » car le système de santé a
besoin réellement d’être renforcé et les malades ont aussi besoin de soins
de qualité. Je m’arrête là pour ce sujet.
Cordialement.

Dr Arsène OUEDRAOGO
Pharmacien, épidémiologie d'intervention
West African Field Epidemiology and Laboratory Training Programm (WA-FELTP)
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