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[e-med] (5)Lutte contre le paludisme : les ACT seront gratuits dès le 1 mai  au Sénégal

Merci pour toutes les réflexions sur la gratuité de tel ou tel produit.

Les pratiques imposées par nombre de bailleurs en matière de gratuité
contribuent gravement à détruire complètement les systèmes de santé et le
leadership qui devrait revenir de droit aux autorités sanitaires du pays.

 
On observe ainsi, dans une Région donnée, la distribution gratuite de tel
médicament (ACT par exemple) ou intrant (moustiquaire imprégnée) dans une
zone de santé (ou un district de santé) pendant que la zone voisine ne
bénéficie pas de ce privilège, attribué parfois sans aucun critère de
jugement, ou même attribué pour des raisons de facilité, là où d’autres
partenaires interviennent déjà.

On assiste alors à la péremption de médicaments « donnés » en surplus,
pendant que la population de la zone voisine n’est pas soignée.

On favorise aussi le gaspillage et la mauvaise gestion.

En outre certains partenaires, pour assurer l’ « efficacité » de leur aide,
organisent eux-mêmes des formations, par exemple à la gestion du médicament.
On voit alors un infirmier point focal formé à la gestion des médicaments
par un programme de lutte contre le paludisme, puis par un autre programme
de lutte contre le Sida, puis contre la tuberculose etc. Alors que la
responsabilité de former les ressources humaines et de suivre leur
performance et leurs progrès revient aux autorités sanitaires : zone, Région
ou Province. Planification, programmation, organisation, réalisation,
évaluation, suivi leur reviennent pour une réelle pérennité. 

De même certains programmes imposent leurs méthodes de gestion des
ressources et de l’information sanitaire. On a alors des systèmes en
doublon, avec évidemment des données contradictoires et inexploitables. Sans
parler de protocoles de soins imposés au mépris des ordinogrammes et
protocoles nationaux.
 
Nous devons nous battre pour rendre aux structures en place leur véritable
leadership. C’est l’Etat qui donne la politique, les orientations, les
normes et référentiels. C’est le niveau intermédiaire (Province) qui appuie
techniquement le niveau périphérique et assure la responsabilité de ce qui
peut dépasser le niveau d’une zone : surveillance et riposte aux épidémies
par exemple, formation pour certains domaines etc. C’est enfin le niveau
périphérique, zone ou district de santé, qui prend toute décision concernant
la santé et la mise en œuvre des programmes de santé sur son territoire, en
conformité avec les indications et prescriptions des niveaux supérieurs. Un
partenaire ne devrait donc jamais s’introduire dans une zone sans l’avis de
l’autorité provinciale, ni dans une province sans l’avis de l’autorité
nationale.

Je pense qu’à tous les niveaux de la pyramide, les pharmaciens peuvent jouer
un rôle important en ce domaine et exercer une responsabilité qu’ils n’ont
pas toujours pu faire valoir

A bientôt

Edouard 

Dr Edouard Guévart
Conseiller Technique International
Appui au Système de Santé aux niveaux Intermédiaire et Périphérique
CTB BTC
Kinshasa Gombe
RD Congo
+243 999 669 245
 

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