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[e-med] Les PED: un laboratoire pour l'innovation en soins de la santé

[Remerciements à CR pour la traduction de cet article.CB]

Les pays en développement: un laboratoire pour l'innovation en soins de la 
santé

http://www.kaiserhealthnews.org/Stories/2010/April/09/GlobalModels.aspx
Topics: Delivery of Care, Health IT
By Jaclyn Schiff
KHN Staff Writer
Apr 09, 2010

Les médecins en Colombie ont développé "Kangaroo care" (les soins 
"kangourou") où les mères bercent leurs bébés prématurés dans une écharpe. 
La méthode marche si bien qu'elle est devenue l'approche classique aux Etats 
Unis d'Amérique. En réponse aux petits budgets, de nouvelles technologies en 
santé et de nouvelles techniques apparaissent que les pays occidentaux 
adoptent.
Il y a quelques mois, GE Healthcare (la division Santé de General Electric) 
a présenté un électrocardiographe portatif MAC 800, claironnant que cet 
appareil aidera les malades où qu'ils soient.
Mais le plus intéressant au sujet de MAC 800 n'est pas ce qu'il peut faire, 
mais son origine : la Chine.

Des ingénieurs chinois financés par GE Healthcare ont développé cette 
machine pour être vendue en Chine. Au début, elle était prévue pour 
satisfaire les besoins locaux, mais le MAC 800 a trouvé un nouveau marché: 
les USA. Ici les hôpitaux avec des programmes communautaires, peuvent 
facilement l'emporter sur la route pour traiter les malades.

L'entreprise parie que d'autres produits prévus initialement pour les pays 
en développement, apparaîtront par la suite utiles ici. GE surfe sur l'idée 
de plus en plus courante qui veut que l'innovation médicale soit à double 
sens, où les pays de l'ouest tirent avantage de la richesse et de la 
frugalité des pays plus pauvres appliquées aux questions de la santé. L'idée 
n'est pas nouvelle, mais elle progresse, au delà de la création de nouveaux 
produits et de nouvelles technologies, alors que les experts en santé 
publique repensent la façon de traiter et de délivrer les soins.

Soigner dans le monde en développement est source de nombreuses leçons pour 
les pays plus riches, a noté Nigel Crisp dans le Times of London, un 
secrétaire permanent auparavant du Ministère de la Santé en Grande Bretagne. 
"Délivré de notre histoire, les pays en développement forment leurs gens 
différemment, créent de nouvelles sortes d'organisations, impliquent les 
familles et les communautés et se concentrent plus sur la promotion de la 
santé au lieu de simplement traiter la maladie".

Compte tenu de l'intérêt croissant pour la santé au niveau international, ce 
genre de réflexion va certainement devenir plus courant. Une étude en 2009 
par le Consortium of Universities pour la santé dans le monde a trouvé que 
les inscriptions pour les cours en santé mondiale ont doublé depuis 2006. 
Cette croissance rapide se traduit par un changement de la façon de penser 
la santé ailleurs, a déclaré le Dr. Michael Merson, directeur du Duke Global 
Health Institute. Il a déclaré: "Je pense que les vieux jours du 
développement ... où les riches aidaient les pauvres, ont disparu pour la 
plus grande partie. Je pense qu'on y entre avec une vraie envie de 
partenariat".

Les racines de 'Kangaroo Care'

Alors que certains experts pensent que les USA ne sont pas sur le point de 
prendre à leur compte les leçons d'ailleurs, les exemples se multiplient. 
Elles couvrent un large éventail allant du fondamental au high-tech, y 
compris les programmes d'enregistrement médical électronique utilisés dans 
plus de 20 pays.

Le projet Prevention and Access to Care and Treatment (Prévention et accès 
aux soins et aux traitements), basé à Boston, qui couvre les malades du 
SIDA, est établi d'après un programme pionnier de travailleurs 
communautaires établi en Haïti. Depuis la fin des années 90, ce projet 
cherchait les malades du SIDA les plus difficiles à traiter : ceux qui ont 
échappé aux programmes traditionnels à cause de facteurs comme les maladies 
mentales et la pauvreté. Le programme montre de bons résultats et il a 
partagé sa méthodologie avec le département de la santé de la ville de New 
York et des hôpitaux ayant des programmes semblables.

"Kangaroo care" une approche développée en Colombie en est un autre exemple. 
Avec un manque sérieux en incubateurs, les médecins ont conseillé aux mères 
de bercer leurs bébés prématurés dans une écharpe. Cela a si bien marché que 
l'approche traditionnelle connue aux USA en a été modifiée. L'approche 
américaine favorise l'absence de contacts humains pendant que les 
nouveaux-nés sont en incubateurs.

Merson a participé dans ce qui peut être considéré comme l'une des 
meilleures illustrations de ce qu'on appel un emprunt d'idées. Pendant les 
années 70 il était au Bangladesh, travaillant avec d'autres médecins sur une 
épidémie de choléra, une infection aigue grave dont l'un des symptômes est 
la diarrhée. L'équipe a fait un usage très large d'un traitement plus simple 
et moins cher de la diarrhée, cette dernière pouvant conduire à une 
déshydratation mortelle; ce traitement est devenu un standard dans le monde 
entier depuis ce temps-là.

"Cela a demandé du temps aux pédiatres pour l'adopter ici, mais maintenant 
nous avons Pedialyte et d'autres formes de solutions de réhydratation orale 
utilisées pour traiter des enfants".
De nos jours, il est très courant de voir des experts sans bagage médical 
collaborer à des programmes de la santé dans les pays en développement. 
Parmi ceux-là, il y a openMRS, un système d'enregistrement médical 
électronique libre qui a démarré en 2004 en collaboration avec Partners in 
Health and the Regenstrief Institute, une agence de Boston sans but 
lucratif, et avec une organisation de recherche médicale et informatique 
d'Indianapolis. Ces deux programmes utilisent le système de gestion de 
projets des pays en développement. C'est crucial pour des établissement qui 
suivent de nombreux patients du SIDA, a déclaré William Tierney, un expert 
informaticien de Regenstrief.

Sans support électronique, "Comment pouvez-vous savoir si des patients ne 
sont pas venus, ce qui vous permet d'aller les chercher pour améliorer le 
suivi du traitement?" se demande Tierney.
Le Rwanda, la Tanzanie et le Pérou sont parmi les pays où le programme a 
démarré. Comme la plateforme logicielle est d'accès libre, elle peut être 
modifiée par n'importe qui et elle peut être adaptée à des programmes 
spécifiques, ce qui serait bien plus difficile à obtenir de systèmes 
commerciaux plus larges. Maintenant, on l'emploie à l'école de médecine de 
l'université de l'Indiana, où Tierney est professeur, et aussi dans des 
sites du Maryland, de Boston et de Los Angeles.

"Que peuvent apprendre les Etats Unis du Ghana?"

Des étudiants en université maintenant, pourront conduire de nouvelles 
vagues d'innovations. Anjali Sastry, un chercheur en dynamique des systèmes 
et en fourniture de soins globale au MIT Sloan School of Management dit que 
ses étudiants en MBA utilisent de plus en plus ce qu'ils ont appris pour 
évaluer différents modèles de fournitures de soins. "Ainsi, le Ghana a 
entrepris un nouveau système national de sécurité sociale. Que peuvent en 
apprendre les USA?" dit-elle.

Le Dr. Jaspal Sandhu, un designer et chercheur en santé mondiale avec une 
formation d'ingénieur, fait partie de ceux qui posent des questions. En 
2004, Sandhu et deux autres chercheurs ont voyagé dans l'état du Tamil Nadu, 
en Inde pour voir de près le travail à Aurolab, une filiale de Aravind Eye 
Care System (ophtalmologie) qui a développé des lentilles intraoculaires, 
réduisant de façon significative le coût de la chirurgie des cataractes en 
Inde. Maintenant, Aurolab exporte des lentilles vers 120 pays, dont le 
Canada; le Danemark et Israel, pas encore vers les USA.

Sandhu, un consultant qui a travaillé pour la Banque Mondiale, Microsoft et 
d'autres clients, n'est pas seulement intéressé par les lentilles. C'est la 
façon dont Aravind travaille. Ce qui inclut l'emploi de personnels de la 
santé plutôt que de médecins pour certaines procédures fondamentales, l'une 
des stratégies -  parmi un petit nombre d'entre elles- qui peuvent conduire 
à "réduire les coûts et les délais", dit-il.

Tous les experts ne sont pas aussi optimistes. Josh Ruxin, professeur 
adjoint à l'école de santé publique de Columbia University's Mailman, a 
déclaré : "l'hypertechnologisation de tout" conduit au rejet de solutions 
simples pour des trucs "qui ont une base incroyablement technique".

Ruxin a ainsi déclaré: "Il y a des tonnes de leçons qu'on peut employer en 
soins primaires et dans les centres de santé communautaires venant de pays 
comme le Rwanda. Ruxin dirige un programme sur la santé et la pauvreté dans 
ce pays. "Mais je n'ai jamais pensé que les USA étaient prêts pour cela".

GE Healthcare, qui y croit, a investi 3 milliards de dollars dans un 
programme de six ans dans son initiative ""Healthymagination" (Imaginons la 
santé) pour créer des produits mondiaux pas chers et de haute qualité. On 
cherche à employer "l'imagination à l'envers", le même procédé de 
développement qui a été employé pour le MAC 800. GE a appris une dure leçon 
avant cette initiative. "Très franchement, quand on développe un truc aux 
USA et quand on essaie de le mettre à disposition dans les pays pas chers, 
ça ne marche tout simplement pas" a dit Melanie Varin, la directrice 
générale pour le marketing des produits de diagnostic en cardiologie, à GE. 
Les produits développés de cette façon sont généralement trop chers pour ces 
marchés et ils ne parviennent pas à retenir "l'état d'esprit des usagers 
locaux".

Cette expérience a conduit GE à poursuivre son approche actuelle, comme 
souligné dans un article d'octobre 2009 de la Harvard Business Review, 
co-écrit par le Président de GE Jeffrey R. Immelt. "Une fois que des 
produits ont fait leurs preuves dans des marchés émergents, ils doivent être 
retenus pour le monde entier" lit-on dans cet article.

----- Original Message ----- 

Developing Nations: Laboratories For Health Care Innovation
http://www.kaiserhealthnews.org/Stories/2010/April/09/GlobalModels.aspx
Topics: Delivery of Care, Health IT
By Jaclyn Schiff
KHN Staff Writer
Apr 09, 2010

Doctors in Colombia developed "Kangaroo care," where mothers cradle preterm 
babies in a sling. The method worked so well that it became the conventional 
approach in the U.S. As a result of small budgets, new health technologies 
and techniques have emerged that Westernized countries have adopted. (Photo: 
Flickr User thedayhascome)
A few months ago, GE Healthcare rolled out a portable electrocardiogram 
machine, trumpeting the new product's ability to help patients wherever they 
might need it.
But the most interesting thing about the MAC 800 is not where it can go, but 
where it came from: China.
Chinese engineers funded by GE Healthcare helped develop the machine for 
sale in China. Although initially tailored to local needs, the MAC 800 has 
found a new market - the United States, where hospitals with community 
programs can easily take it on the road to treat patients.
The company is betting that other products originally created for the 
developing world ultimately also can be useful here. GE is tapping into the 
increasingly popular idea that medical innovation should be a global two-way 
street in which the West benefits from the resourcefulness and frugality 
poorer nations apply to health problems. The idea isn't new, but it's 
gaining traction, beyond the creation of products and technology, as public 
health experts rethink ways to prevent disease and deliver care.
Health care in the developing world holds several "general lessons for 
richer countries," Nigel Crisp, a former permanent secretary of Britain's 
Department of Health, observed in a recent Times of London op-ed. 
"Unconstrained by our history, [developing countries] train people 
differently, create new sorts of organisations, involve families and 
communities and concentrate more on promoting health rather than on just 
tackling disease."
With interest in international health expanding, this type of thinking is 
likely to become more common. A 2009 survey by the Consortium of 
Universities for Global Health found that enrollment in global health 
courses had doubled since 2006. This rapid growth is changing the way people 
think about health care abroad, says Dr. Michael Merson, director of the 
Duke Global Health Institute. "I think the old days of development . where 
the rich helped the poor, for the most part have passed," he says. "I think 
we go into this with a true sense of shared partnership."
The Roots Of 'Kangaroo Care'
While some experts doubt the U.S. is really ready to embrace lessons from 
abroad, there is a growing number of examples. They run the gamut from basic 
to high-tech - including an electronic medical records program in use in 
more than 20 countries.
The Boston-based Prevention and Access to Care and Treatment project, which 
serves HIV/AIDS patients, is modeled on a community health worker program 
pioneered in Haiti. Since the late 1990s, the project has sought out the 
most difficult-to-treat HIV patients: those who fail in conventional 
programs because of factors such as mental illness and poverty. The program 
reports good results and has been sharing its methods with the New York City 
health department and hospitals with similar programs.
"Kangaroo care," an approach developed in Colombia, is another example. With 
a major shortage of incubators, doctors advised mothers to cradle preterm 
babies in a sling. They did so well that it changed what had been the 
conventional approach in the U.S., which encouraged only limited human 
contact while newborns were in incubators.
Merson participated in what became one of the best known illustrations of a 
borrowed idea. During the 1970s he was in Bangladesh working with other 
doctors to treat an outbreak of cholera, an acute infectious disease whose 
symptoms include severe diarrhea. The team made extensive use of a cheaper, 
simpler treatment for diarrhea, which can result in life-threatening 
dehydration, and it is now the recommended standard for care worldwide.
"It took a while for pediatricians to use here," Merson says, "but now we 
have products like Pedialyte and other kinds of oral rehydration fluids that 
are used to treat kids."
These days, it's increasingly common to find experts without medical 
backgrounds collaborating on health-related projects for developing 
countries. One example is OpenMRS, an open-source electronic medical record 
system that started in 2004 as a collaboration between the Boston-based 
nonprofit Partners in Health and the Regenstrief Institute, an informatics 
and health care research organization in Indianapolis. Both programs use the 
system to manage projects in the developing world. It's especially critical 
for hospitals that track large numbers of HIV-positive patients, says 
William Tierney, an informatics expert at Regenstrief.
Without electronic information, "How do you know when patients aren't coming 
in, so you can go out and chase them down to enhance adherence to the drug?" 
Tierney asks.
Rwanda, Tanzania and Peru are among the countries where the program has 
caught on. Since the software platform is open source it can be customized 
by anyone and tailored to specific programs, which would be more challenging 
with bigger commercial systems. Now it is being used at Indiana University's 
School of Medicine - where Tierney is a professor - as well as at sites in 
Maryland, Boston and Los Angeles.
'What Can The U.S. Learn From Ghana?'
Students now in school might lead a new wave of innovation. Anjali Sastry, a 
global health delivery and system dynamics researcher who lectures at the 
MIT Sloan School of Management, says her MBA students are increasingly using 
what they learn to experiment with different models for care delivery. 
"Ghana tried a national health insurance system, for instance," she says. 
"What can the U.S. learn from Ghana?"
Dr. Jaspal Sandhu, a global health designer and researcher with an 
engineering background, is among those asking such questions. In 2004, 
Sandhu and two other researchers traveled to Tamil Nadu state in India to 
closely examine the workings of Aurolad, an affiliate of Aravind Eye Care 
System, which developed an intraocular lens that significantly reduced the 
cost of cataract surgery in India. Today, Aurolab exports the lenses to 120 
countries, including Canada, Denmark and Israel, though not the U.S.
It's not just the lenses that interest Sandhu, a consultant who has worked 
with the World Bank, Microsoft and other clients. It's the way the Aravind 
system works. This includes the use of health workers rather than doctors 
for certain basic procedures-one of a handful of strategies that could 
promote "lower costs and shorter waiting periods," he says.
Not every expert is as optimistic. Josh Ruxin, an assistant professor at 
Columbia University's Mailman School of Public Health, says  in the U.S., 
"hyper-technologization of everything" leads to rejection of simple 
solutions in favor of "the stuff that has some incredibly overly technical 
basis."
"I think there are a ton of lessons that can be applied in primary care and 
at community health centers from countries like Rwanda," says Ruxin, who 
runs a health and poverty program in that country. "But I haven't sensed 
that the United States is ready for that."
GE Healthcare, a believer, is investing $3 billion over six years in its 
"Healthymagination" initiative to create low-cost, high-quality products 
worldwide. It aims to use "reverse innovation," the same development process 
that produced the MAC 800. GE learned a hard lesson prior to the initiative. 
"Quite frankly, when we develop stuff in the U.S. and try to make it 
available for lower-cost markets, it just doesn't work," says Melanie Varin, 
GE's general manager of marketing for diagnostic cardiology. Products 
created that way tend to be too expensive for those markets and are unable 
to capture "the mindset of the local user."
That experience led GE to pursue its current approach, which is outlined in 
an October 2009 Harvard Business Review article, coauthored by GE's CEO, 
Jeffrey R. Immelt. "Once products have proven themselves in emerging 
markets," the article says, "they must be taken global." 




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