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[e-med] L'ancienne notion de « tiers-monde » n'a plus cours dans la nouvelle économie mondiale multipolaire (Banque Mondiale)

 L'ancienne notion de « tiers-monde » est dépassée
Une nouvelle économie mondiale multipolaire demande une nouvelle approche
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Communiqué de presse n°:2010/347/EXC

Contacts:
In Washington: David Theis
+1-202-458-8626
dtheis@worldbank.org

Washington, le 14 avril - L'ancienne notion de « tiers-monde » n'a plus 
cours dans la nouvelle économie mondiale multipolaire. Il faut trouver de 
nouveaux moyens de prendre en compte les intérêts des pays en développement, 
a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick.

Dans un discours prononcé à la veille des réunions de printemps de la Banque 
mondiale, Robert Zoellick a déclaré que la crise économique mondiale de 2009 
et la montée en puissance des pays en développement dans l'économie mondiale 
avaient sonné le glas de l'ancienne notion de tiers-monde en tant qu'entité 
distincte, tout comme 1989 avait marqué la fin du deuxième monde avec la 
chute du communiste. Cette situation est lourde de conséquences - pour le 
multilatéralisme, pour la coopération internationale, pour les rapports de 
forces, pour le développement et pour les institutions internationales comme 
le Groupe de la Banque mondiale - et demande d'aborder les problèmes sous un 
jour nouveau.

« Depuis des décennies, les spécialistes des questions de sécurité et de 
politique internationale débattent de l'émergence d'un système multipolaire. 
Il est temps de reconnaître la dimension économique de ce concept. Après 
avoir assisté à la disparition du « deuxième monde » en 1989, lors de la 
chute du communisme, nous avons observé en 2009 la fin de ce que l'on 
appelait le « tiers monde » : nous vivons maintenant dans une nouvelle 
économie mondiale multipolaire qui évolue rapidement », a déclaré M. 
Zoellick lors d'un discours au Woodrow Wilson Center for International 
Scholars à Washington, rappelant que certains avaient qualifié d'« occasion 
manquée » l'action menée par l'ancien président des États-Unis. « Nous ne 
pouvons plus nous permettre de tenir les mêmes discours géopolitiques qu'avant. 
 »

« La pauvreté continue de sévir et doit être combattue. Les États 
défaillants existent toujours et doivent être pris en compte. Les défis 
mondiaux s'intensifient et doivent être relevés. Toutefois, nous devons 
aborder ces questions dans une optique différente », a déclaré M. Zoellick. 
« Les notions désuètes de pays développés et de tiers monde, de donateurs et 
de demandeurs, de leaders et de suiveurs ne correspondent plus à la 
réalité. »

S'il reste à surmonter des problèmes tels que la pauvreté et les États 
fragiles, les pays en développement occupent une place grandissante dans 
l'économie 
mondiale et représentent une source de demande importante pour relancer 
l'économie 
mondiale après la récente crise, comme on a pu le constater non seulement en 
Chine et en Inde, mais aussi en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et au 
Moyen-Orient. L'Afrique pourrait aussi devenir un pôle de croissance 
mondiale. Zoellick a noté que les pays en développement méritaient qu'on 
leur fasse une plus grande place dans la gestion du système mondial et que 
les solutions envisagées en matière de réglementation financière, de 
changements climatiques et de gestion des crises devaient tenir compte de 
leurs intérêts. Il est important de reconnaître les implications de la 
nouvelle économie mondiale multipolaire pour la coopération multilatérale et 
de résister aux forces qui poussent les États-nations à privilégier à 
nouveau la défense de leurs intérêts particuliers, a déclaré Robert 
Zoellick.

« Le pouvoir confère des responsabilités.Les pays en développement doivent 
reconnaître qu'ils font aujourd'hui partie de l'architecture mondiale. », a 
ajouté M. Zoellick.
Vu les ravages causés par l'effondrement du système financier, il est clair 
qu'il faut améliorer la réglementation financière, la structure du capital, 
la liquidité et les normes de contrôle, a indiqué M. Zoellick. « Mais 
méfions-nous des conséquences indésirables ! », a-t-il ajouté. « Il faut se 
garder d'aggraver la situation en encourageant le protectionnisme financier 
ou en restreignant injustement l'accès des pauvres aux services financiers. 
Une réglementation élaborée à Bruxelles, Londres, Paris ou Washington peut 
donner de bons résultats dans le cas des grandes banques du monde développé, 
mais qu'en est-il des banques plus petites, qu'elles se trouvent dans les 
pays développés ou en développement ? »

Le changement climatique pose un autre défi, car des solutions toutes faites 
imposées par les pays développés seront inefficaces dans les pays en 
développement, a expliqué M. Zoellick. « Les mesures de lutte contre les 
changements climatiques peuvent aller de pair avec la croissance et inciter 
les pays en développement à se rallier à un modèle sobre en carbone - mais à 
condition qu'elles ne leur lient pas les mains. » a-t-il précisé. « Les pays 
en développement ont besoin d'aide et de moyens financiers pour investir 
dans une croissance plus propre. Pas moins de 1,6 milliard de personnes sont 
privées d'accès à l'électricité. Le défi à relever est de faciliter l'évolution 
vers des sources d'énergie moins polluantes sans compromettre l'accès, la 
productivité et la croissance nécessaires pour arracher des centaines de 
millions de personnes à la pauvreté. »

La réponse aux crises est un troisième domaine dans lequel les idées 
anciennes ne s'appliquent plus et où les intérêts des pays en développement 
doivent être davantage pris en considération. « Dans un monde en mutation, 
le danger est que les pays développés privilégient les réunions au sommet 
consacrées aux systèmes financiers ou qu'ils se focalisent sur les problèmes 
de gestion de pays développés comme la Grèce », a déclaré M. Zoellick. « 
Prêter l'oreille aux problèmes des pays en développement n'est plus une 
simple question de charité ou de solidarité : il y va de notre propre 
intérêt. Ces pays sont aujourd'hui des moteurs de croissance et des 
importateurs de biens d'équipement et de services produits par les pays 
développés. »

L'évolution de l'économie mondiale et du système multilatéral a des 
conséquences importantes pour la Banque mondiale, a déclaré M. Zoellick. Le 
développement se décline aujourd'hui en plusieurs axes - Nord-Sud, mais 
aussi Sud-Sud et Sud-Nord. La Banque mondiale doit poursuivre une politique 
de réforme permanente pour s'adapter rapidement au changement afin de mieux 
répondre aux besoins des pauvres dans les pays en développement. À ses 
réunions de printemps, l'institution compte annoncer sa décision d'accorder 
un minimum de 47 % des droits de vote aux pays en développement et de 
procéder à une augmentation de capital - la première depuis plus de 20 ans - 
pour consolider une situation financière qui lui a permis de fournir plus de 
100 milliards de dollars d'aide financière depuis juillet 2008. Elle compte 
également élargir l'accès à l'information et améliorer ses politiques de 
prêt dans le cadre du programme de réforme le plus ambitieux de toute son 
histoire.

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Liens connexes
Discours du Président Zoellick
La fin du tiers-monde ?
http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/NEWSFRENCH/0,,contentMDK:22542412~menuPK:51200699~pagePK:34370~piPK:34424~theSitePK:1074931,00.html

Pour en savoir plus sur le programme de la Banque mondiale, consulter le 
site www.banquemondiale.org 




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