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[e-med] (2)Cambodge: La résistance de la malaria fait craindre pour la santé

Nous savons depuis longtemps que la région de Pailin est l'épicentre de 
l'émergence des résistances de souches de /Plasmodium/ en Asie. Pourquoi 
l'OMS, avec l'aide des bailleurs de fonds internationaux, n'ont pas 
encore décidé qu'il était une priorité internationale d'éradiquer la 
transmission du paludisme dans cette zone restreinte avant d'assister à 
l'expansion des résistances sur l'ensemble de l'Asie du Sud Est, puis du 
reste du monde ?

Pascal Millet
Université Victor Segalen Bordeaux 2


remed a écrit :
> [remerciements à C.Rambert pour la traductin de cet article inquiétant.CB]
>
> Cambodge: La résistance de la malaria fait craindre pour la santé
> Dimanche 7 mars 2010
>  http://www.reuters.com/article/idUSTRE62600220100307
>
> PAILIN, Cambodge (Reuters) - Dans un village poussiéreux près de la
> frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, Oeur Samoeun, 24 ans, est assis
> dans un hamac vert foncé, récupérant après une crise de paludisme qui a 
> résisté
> aux traitements disponibles les plus puissants.
>
>
> Ravagés par des jours de fièvres et de tremblements, on pense qu'il a eu de
> la chance: le parasite est parti. Mais pour mains autres, la maladie
> potentiellement mortelle ne disparaît presque jamais.
>
> Sa province de Pailin est l'épicentre de souche de la malaria qui se moquent
> des experts en santé de par le monde, faisant craindre une forme nouvelle
> dangereuse de la malaria qui pourrait se disperser à travers le monde.
>
> Pour le Dr. Charles Delacollette, le coordinateur pour l'OMS du Programme de
> la Malaria de la région du Mékong.
>
> L'an dernier, une étude du New England Journal of Medicine a montré que les
> traitements pour lutter contre la malaria, dérivés de l'artémisinine,
> demandaient presque deux fois plus de temps pour éradiquer le parasite
> auteur de la maladie à Pailin et dans le Nord Ouest de la Thaïlande, faisant
> craindre que le médicament ne perde de son pouvoir dans cette zone.
>
> Ce qui renvoie aux propos de USAID, l'agence de développement américaine,
> qui a déclaré que les traitements à base d'artémisinine demandent maintenant
> deux à trois fois plus de temps pour tuer le parasite de la malaria dans
> cette région de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, qu'ailleurs.
> Cette agence a participé à la lutte contre le paludisme dans cette région
> pendant des années.
>
> La maladie, qui est transmise par les piqûres de moustiques, tue plus de un
> million de personnes chaque année dans le monde et les enfants représentent
> 90 % des décès dans les zones les plus atteintes du sud Sahara en Afrique et
> dans certaines parties de l'Asie. L'étude jette un éclairage sur la province
> isolée de Pailin, autrefois une place forte des rebelles khmers
> ultracommunistes, province aussi connue pour ses rubis rouges comme le sang
> et la luxuriance de ses forêts.
>
> PLUSIEURS et DISPERSES
>
> Au cours des cinq dernières années, Pailin apparaît à l'origine de trois
> parasites du paludisme résistants aux traitements. A cause du long conflit
> civil de la densité de la jungle et des mouvements migratoires  vers les
> mines de pierres précieuses dans les années 80 et 90, les souches se sont
> multipliées et dispersées à travers la Birmanie, l'Inde et deux d'entre
> elles ont même atteint l'Afrique.
>
> Peu sont capables de dire pourquoi Pailin est le foyer de la résistance,
> mais les experts souligne les facteurs sociaux associés à une histoire
> difficile allant de la période des Khmers rouges, au cours de laquelle 1,7
> millions de personnes, soit près du quart de la population cambodgienne,
> sont mortes d'exécutions, de travaux forcés ou sous la torture pendant les
> années 1975 - 79.
>
> Venus de la capitale, les rebelles ont conduit l'insurrection à partir de
> l'ouest du Cambodge, faisant de Pailin leur dernier bastion avant la défaite
> vers la fin des années 90.
>
> Sophal Uth, un cadre du Consortium de la lutte contre la malaria basé à
> Pailin, a déclaré: "A l'époque des Khmers rouges, les gens venaient ici
> illégalement. Quand ils attrapaient le paludisme, ils allaient au marché
> acheter des médicaments et faisait de l'automédication ... Il était 
> difficile
>  pour le gouvernement de contrôler la situation".
>
> A cause de la faiblesse des infrastructures du système de la santé et de la
> croissance du paludisme, le Cambodge a permis la vente libre des
> antipaludiques il y a plus de dix ans. Beaucoup de Cambodgiens n'ont pas
> accès au système de la santé publique et se tournent vers le secteur privé.
>
> Cette stratégie comporte ses risques. L'accès facile réduit le nombre de
> cas mais il conduit aussi  à des doses incorrectes et à l'emploi de
> médicaments sous dosés ou contrefaits, qui rendent le parasite plus fort au
> lieu de l'éliminer.
>
> Pour certains comme Oeur, un travailleur migrant qui a certainement attrapé
> la malaria lors d'un chantier d'abattage de bois ou en dormant dans son abri
> délabré sans la protection de moustiquaires, le traitement à base
> d'artémisinine marche encore.
>
> L'Artemisinine, extraite de la douce armoise, une plante annuelle appelée
> Artemisia, est le meilleur médicament contre le paludisme actuellement,
> notamment en associations à doses fixes ACT, comme en produisent le Suisse
> Novartis ou le Français Sanofi-Aventis.
>
> LA ¨PLUPART ONT EU LA MALARIA
>
> Après trois jours de traitement par un ACT, Oeur est faible mais il est sans
> parasite. La région du Mékong en Thaïlande, au Cambodge, au Vietnam et au
> Laos emploie des ACT contre le "falciparum", auteur des formes les plus
> graves de la malaria, comme suggéré par l'OMS.
>
> "L'artemisinine est l'antipaludique le plus efficace qu'il nous reste " a
> déclaré le Dr. Chansuda Wongsrichanalai du service de l'USAID de la santé
> publique à Bangkok. "Nous  ne disposons pas d'alternatives idéales et prêts
> à l'emploi dans un programme de contrôle pour l'instant".
> Les mines de pierres précieuses de Pailin ont disparues, et la population
> des migrants en a fait autant, les soldats aussi.
> La déforestation sévère a laissé nus les sommets des collines. Cependant le
> parasite est aussi virulent qu'auparavant. Ici la plupart des habitants ont
> eu au moins un épisode de paludisme dans leur vie.
>
> Les experts du paludisme, craignant de paraître alarmistes, continuent à
> déclarer que les ACT marchent bien, ils demandent seulement plus de temps
> pour agir. L'OMS ne parle même pas de résistance, on préfère parler de
> "réponse altérée" ou de "tolérance à l'artémisinine".
>
> "Sur le plan de la santé publique, parler de résistance ou d'autre chose,
> compte peu, sachant qu'à la fin du mois, les patients reviennent vers les
> centres de santé avec le même palu", tels sont les propos tenus par le
> Dr. John MacArthur, directeur de President's Malaria Initiative at the U.S
> (programme du Président des Etats Unis de lutte contre le paludisme).
>
> Les Centers for Disease Control and Prevention CDC ont déclaré: "les
> retombées potentielles de la résistance aux ACT a conduit la Fondation Bill
> & Melinda Gates a financer à hauteur de 22,5 millions de dollars USA, un
> programme de limitation de l'expansion du paludisme, pour lutter contre
> elle pendant les cinq prochaines années".
> Le programme de la Fondation Gates emploie le dépistage, les moustiquaires
> et la sueur de tous pour contenir le parasite dans la zone frontière et
> l'éliminer avant qu'il ne se répande ailleurs.
>
> En novembre dernier, le Consortium contre la Malaria a annoncé que des
> études montrent que la résistance à l'artémisinine se trouve sans doute en
> Birmanie, en Chine et au Vietnam, où de 12 à 31% des malades ont encore le
> parasite en eux après trois jours de traitement.
>
>
> ----- Original Message ----- 
>
>   
>> Cambodia drug-resistant malaria stirs health fears
>> Thin Lei Win
>> PAILIN, Cambodia
>> Sun Mar 7, 2010 5:25pm EST
>> http://www.reuters.com/article/idUSTRE62600220100307
>> People sit in the village of Phnom Dambang where around 95 percent of
>> people suffered from malaria, according to a local health care worker near
>> Pailin in western Cambodia January 28, 2010.
>> Credit: Reuters/Damir Sagolj
>> PAILIN, Cambodia (Reuters) - In a dusty village near the Thai-Cambodia
>> border, 24-year-old Oeur Samoeun sits on a dark green hammock recovering
>> from a strain of malaria that has resisted the most powerful drugs
>> available.
>> Health
>> Ravaged by days of fever and chills, he is considered lucky: the parasite
>> has left his body. But for many others, the potentially deadly disease
>> never quite disappears.
>> His province of Pailin is the epicenter of strains of malaria that have
>> baffled healthcare experts worldwide, raising fears a dangerous new form
>> of malaria could already be spreading across the globe.
>> "The fear is what we're observing right now could be the starting point
>> for something worse regionally and globally," said Dr. Charles
>> Delacollette, Mekong Malaria Program Coordinator at the World Health
>> Organization.
>> A New England Journal of Medicine study last year showed that conventional
>> malaria-fighting treatments derived from artemisinin took almost twice as
>> long to clear the parasites that cause the disease in patients in Pailin
>> and others in northwestern Thailand, suggesting the drugs were losing
>> potency in the area.
>> That is echoed by U.S. development agency USAID, which says
>> artemisinin-based combination therapy is "now taking two to three times
>> longer to kill malaria parasites along the Thai-Cambodian border than
>> elsewhere." The agency has helped to monitor the situation in the area for
>> years.
>> The disease transmitted via mosquito bites kills more than 1 million
>> people worldwide each year and children account for about 90 percent of
>> the deaths in the worst affected areas of sub-Saharan Africa and parts of
>> Asia.
>> The studies shine a spotlight on the remote province of Pailin, a former
>> stronghold of ultra-communist Khmer Rogue rebels and once renown for
>> blood-red rubies and lush forests.
>> MULTIPLIED AND DISPERSED
>> Pailin is the origin of three drug-resistant malaria parasites over the
>> past five decades. Thanks to prolonged civil conflict, dense jungles and
>> movement of mass migrants in the gem mines in the 1980s and 90s, the
>> strains multiplied and dispersed through Myanmar, India and two eventually
>> reached Africa.
>> Few can say why it is a hotbed for drug-resistant malaria but experts
>> point to a combination of sociological factors and a complicated history
>> spanning the Khmer Rouge era when 1.7 million people, nearly a quarter of
>> Cambodia's population, perished from execution, overwork or torture during
>> their 1975-79 rule.
>> Driven from the capital, the rebels waged an insurgency from western
>> Cambodia with Pailin one of their last holdouts until their defeat in the
>> late 1990s.
>> "During the Khmer Rouge era, people came here illegally and when they get
>> malaria, they go to the market, buy pills and self-medicate," Sophal Uth,
>> a Pailin-based field officer for non-profit Malaria Consortium said. "It
>> was difficult for the government to control."
>> With weak public health infrastructure and rising malaria cases, Cambodia
>> made malaria drugs available over the counter more than a decade ago. Most
>> Cambodians don't have access to public health services and rely on private
>> medical centers.
>> The strategy carried risks. Easy access reduced the number of cases but
>> also led to incorrect dosages and substandard or counterfeit medicine,
>> which instead of killing the parasites only make them stronger.
>> For some like Oeur, a migrant worker who likely caught malaria on a
>> logging trip or while sleeping in his rickety shed without a mosquito net,
>> artemisinin-based medicine still works.
>> Artemisinin, derived from the sweet wormwood, or Artemisia annual plant,
>> is the best drug available against malaria, especially when used in
>> artemisinin combination therapy (ACT) medicines made by firms such as
>> Swiss drugmaker Novartis AG and France's Sanofi-Aventis.
>> MOST HAVE HAD MALARIA
>> After three days of ACT, Oeur is weak but parasite-free.
>> The Mekong River region of Thailand, Cambodia, Vietnam and Laos use ACTs
>> against the "falciparum" parasite, the most severe form of malaria, as
>> suggested by the World Health Organization.
>> "Artemisinin is the most effective antimalarial we have left," Dr.
>> Chansuda Wongsrichanalai of USAID's office of public health in Bangkok
>> said. "We don't have any ideal alternatives available and ready to for use
>> in a control programme right now."
>> Pailin's gem mines are gone and so are most foreign migrants and the
>> troops. Severe deforestation has left most hill tops barren. Yet the
>> parasites are as virulent as ever. Most of its inhabitants have had
>> malaria at least once in their lives.
>> Malaria experts, weary of being called alarmists, are quick to point out
>> ACTs still work -- they are just taking longer. The WHO isn't even calling
>> it drug-resistance, they preferred to use the term "altered response" or
>> "tolerance to artemisinin."
>> "From a public health perspective, I don't think it really matters much if
>> it's resistance or something else given that at the end of the month,
>> patients are returning to the health facility with the same malaria," Dr.
>> John MacArthur, chief of the President's Malaria Initiative at the U.S.
>> Centers for Disease Control and Prevention said.
>> Potential fallout from ACT resistance led the Bill & Melinda Gates
>> Foundation to fund a $22.5 million containment programme. Cambodia will
>> also receive $102 million from The Global Fund to fight malaria in the
>> next five years.
>> The Gates Foundation programme aims to use screening, bed nets and
>> grass-roots muscle to contain the parasites along the border area and
>> eliminate them before they can spread further.
>> Last November, Malaria Consortium said studies show artemisinin resistance
>> already may be present in Myanmar, China and Vietnam, where between 12-31
>> percent of patients still had the parasite in the system after three days
>> of treatment.
>> (Editing by Jason Szep and Bill Tarrant)
>>
>>
>>     
>
>
> _______________________________________________
>
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