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[e-med] 5ème conférence francophone sur le sida à Casablanca

pour en savoir plus www.vih.org
ci-dessous 2 articles

5ème conférence francophone sur le sida à Casablanca - La question du
financement domine les débats
Une correspondance particulière de Bamba Youssouf
30 Mars 2010
http://fr.allafrica.com/stories/201003300891.html

La question du financement de la lutte contre le sida est au centre de la
5ème conférence francophone sur le VIH/sida qui a ouvert ses portes
dimanche (jour anniversaire de la création du REMASTP à Casablanca au
Maroc avec au total 1 350 délégués venus de l'espace francophone. En
effet, après Montréal en 2001, Lyon en 2003, Bruxelles en 2005 et Paris en
2007, c'est l'université Hassan 2 de Casablanca au Maroc qui accueille la
5ème Conférence francophone placée sous le thème "Renforcer les
ressources".

Les débats sont donc dominés par les questions de financement de la lutte
contre le sida. Plusieurs intervenants dont Monsieur Michel KAZATCHINE,
directeur Exécutif du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la
Tuberculose et le Paludisme et Monsieur Malick SENE, Secrétaire Exécutif
du Comité National de Lutte Contre le Sida au Mali, ont rappelé l'intérêt
pour les dirigeants du monde entier d'investir dans l'homme en renforçant
leurs dégrés d'engagements par la multiplication des ressources.

Face à la menace de la réduction des financements par les principaux
bailleurs de fonds, Monsieur Henri Mukumbi, directeur de l'organisation
AMO-CONGO en RDC et Pr Françoise Barré Sinoussi, prix Nobel de la médecine
2008 ont lancé un appel aux chefs d'Etat africains, pour qu'ils respectent
leurs engagements de 2001 à Abuja, consistant à consacrer au moins 15% des
budgets nationaux à la lutte contre le Sida.

Au cours de cette cérémonie d'ouverture, l'on a eu droit à plusieurs
autres communications et le plaidoyer de Jean-William Pape, directeur des
Centres Gheskio en Haïti, un pays frappé récemment par un séisme aux
conséquences dramatiques dans le secteur de la santé.

Notons que la 5ème conférence francophone sur le Sida est présidée par le
Professeur Hakima Himmich, de l'université Hassan 2 de Casablanca et
permettra aux participants de se faire une idée des avancées de la lutte
contre le sida dans l'espace francophone.

La fin de la conférence est prévue pour le mercredi 31 mars 2010 en
présence de Monsieur Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSDA et sera
précédée d'un dîner gala le mardi 30 mars à 20h30 au Royal Golf d'Anfa de
Casablanca.

***************
Maroc: 2010, année de « profondes inquiétudes » pour la lutte contre le sida
31 Mars 2010
http://fr.allafrica.com/stories/201003310544.html

Qu'il s'agisse de l'avenir des financements de la lutte contre le sida
dans un contexte de crise économique mondiale ou de l'accès futur, à un
prix abordable, à des médicaments récents protégés par des brevets, 2010
est une année décisive au cours de laquelle des choix politiques devront
être faits pour que l'éradication de l'épidémie, une perspective rendue
possible par les progrès scientifiques, se concrétise, ont dit plusieurs
intervenants lors de la 5ème Conférence francophone VIH/SIDA qui se tient
du 28 au 31 mars à Casablanca, au Maroc.

« Des progrès considérables ont été accomplis [dans la lutte contre le
sida], mais 2010 est aussi un moment où nous avons de profondes
inquiétudes », a dit lors de la cérémonie d'ouverture, Hakima Himmich,
présidente de cette conférence qui réunit quelque 1 500 participants -
dont près de la moitié d'Afrique - venus d'une cinquantaine de pays
francophones dans le monde et qui se tient, pour la première fois depuis
sa création en 2001, sur le continent africain.

Fin 2008, plus de quatre millions de personnes vivant avec le VIH dans le
monde avaient accès au traitement antirétroviral (ARV) dans le monde et
les progrès scientifiques ont permis de réduire quasiment à néant le
risque de transmission du virus de la mère à l'enfant. Pourtant,
l'épidémie est loin d'être éradiquée : seulement 42 pour cent des
personnes qui auraient besoin de traitement en reçoivent effectivement et
pour deux personnes mises sous traitement, cinq autres sont infectées,
selon le Programme commun des Nations Unies sur le sida (ONUSIDA).

« 2010 est une année décisive : nous nous trouvons aux deux tiers du
chemin vers les Objectifs du millénaire pour le développement et c'est
l'année de reconstitution des fonds du Fonds mondial », a dit Michel
Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida,
la tuberculose et le paludisme, lors d'une conférence de presse.

La mise en à "uvre des nouvelles directives de l'Organisation mondiale de
la santé (OMS), qui préconisent entre autres un démarrage plus précoce du
traitement ARV, impliquent que pour atteindre une couverture de 85 pour
cent des besoins en ARV des personnes infectées, il faudrait augmenter les
financements actuels d'au moins 57 pour cent, a dit Teguest Guerma de
l'OMS, lors d'une session de la conférence, et cette augmentation devrait
se maintenir sur plusieurs années. Pour la période 2008-2010, le Fonds
mondial a récolté environ 10 milliards de dollars.

« On sait maintenant que quand on donne des traitements, on empêche le
virus de se multiplier et de se transmettre : s'il n'y a plus de virus
dans les fluides corporels, l'épidémie s'arrête, c'est mathématique »

Les acteurs de la lutte contre le sida doivent aussi se préparer à faire
face à l'application stricte des accords sur la propriété intellectuelle
dits ADPIC, signés en 2003 dans le cadre de l'Organisation mondiale du
commerce, qui rendront impossible d'ici fin 2012 toute copie de médicament
breveté. Actuellement, plus de 90 pour cent des ARV utilisés dans les pays
en développement sont des médicaments génériques et devoir recourir à des
molécules brevetés multiplierait par 10 à 15 au minimum le coût des
traitements de deuxième ligne dont ont besoin de plus en plus de patients,
ont rappelé plusieurs intervenants.

Les progrès de la science rendent aujourd'hui possible ce qu'il n'était
pas permis d'espérer il y a encore quelques années, a rappelé Christine
Katlama, présidente de l'AFRAVIH (Alliance francophone des acteurs de
santé contre le VIH), organisatrice de la conférence de Casablanca. « On
sait maintenant que quand on donne des traitements, on empêche le virus de
se multiplier et de se transmettre : s'il n'y a plus de virus dans les
fluides corporels, l'épidémie s'arrête, c'est mathématique ».

Mais avec la crise financière et économique mondiale, certains pays
donateurs ont commencé à remettre en cause leurs engagements dans la lutte
contre l'épidémie. « 2010 devait être l'année de l'accès universel, mais
c'est celle où les donateurs vont décider de laisser repartir l'épidémie
», a dit Henri Mukumbi, directeur de l'organisation non gouvernementale
AMO-Congo en République démocratique du Congo.

Pour Françoise Barré Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008, « il n'est pas
acceptable que nous, les chercheurs, nous soyons tellement investis pour
que des traitements existent et qu'ils ne soient pas disponibles pour tous
».

Or tout cela est « uniquement une question de choix politique », a dit à
IRIN/PlusNews Philippe Douste-Blazy, président de l'initiative de facilité
d'achat de médicaments UNITAID, appelant à la mise en place d'une «
communauté de brevets » (patent pool, en anglais) - qui permettrait,
moyennant le paiement de droits aux détenteurs des brevets, de fabriquer
des médicaments récents à un coût abordable - et à la mise à "uvre de
financements innovants, tels que l'extension de la 'taxe sur les billets
d'avion' aujourd'hui appliquée dans 16 pays et qui a rapporté 1,5 milliard
de dollars depuis 2006, et l'instauration d'une taxe sur les transactions
de change interbancaires de 0,005 pour cent qui rapporterait à elle seule
40 milliards de dollars par an, selon UNITAID.

Face à ces défis, la francophonie a un rôle à jouer, à condition qu'elle
soit mieux représentée au niveau des instances de décision, ont plaidé
plusieurs intervenants, M. Kazatchkine saluant « la vitalité de la
réflexion stratégique et de la recherche dans l'espace francophone ».
Selon l'ONUSIDA, quelque 340 000 des quelque 2,7 millions de nouvelles
infections dans le monde en 2008 sont survenues dans l'espace francophone.



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