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[e-med] Un nouveau test de dépistage de la tuberculose plus efficace pour les malades du SIDA

Un nouveau test de dépistage de la tuberculose plus efficace pour les malades 
du SIDA
IRD FICHES SCIENTIFIQUES 2008 n°286
http://www.ird.fr/fr/actualites/fiches/

Ces dix dernières années, le VIH est devenu le principal facteur responsable de 
la hausse de l’incidence de la tuberculose observée en Afrique. Chez les 
patients porteurs du VIH, la sensibilité au test tuberculinique (TT), est 
diminuée, ce qui le rend peu fiable pour le diagnostic et le suivi de 
l’infection tuberculeuse.

De nouvelles techniques reposant sur la mesure in vitro du niveau 
d’Interféron-γ produit par les lymphocytes T en présence d’antigènes 
spécifiques du bacille de la tuberculose, ont été récemment développées. Des 
études menées principalement en zone de faible endémie tuberculeuse ont déj�  
montré une sensibilité et une spécifi cité accrue de ces tests par rapport au 
TT. Une équipe de l’IRD, en collaboration avec plusieurs organismes de 
recherche1, vient de publier une étude visant �  comparer la validité d’un de 
ces tests, utilisant la méthode ELIspot2, avec celle du TT chez des patients 
infectés par le VIH. D’après les premiers résultats obtenus, il apparaît que 
l’ELIspot est plus sensible que le test cutané pour le diagnostic de 
l’infection tuberculeuse, permettant ainsi un meilleur dépistage chez les 
malades du SIDA.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime �  9 millions le nombre de 
nouveaux cas de tuberculose survenant dans le monde chaque année.
Sur le continent africain, la croissance de cette maladie reste 
particulièrement forte du fait de la proportion importante de patients 
séropositifs au VIH (près de 13% contre moins de 1%, par exemple, dans les pays 
asiatiques). Dans cette région du monde, le SIDA et la tuberculose, dont la 
progression conjuguée s’accélère, forment en effet une association meurtrière 
car le virus affaiblit le système immunitaire des individus qui en sont 
victimes.

De ce fait, une personne infectée par le VIH qui est aussi contaminée par le 
bacille de Koch a un risque accru de développer la tuberculose par rapport �  
une personne non infectée. Depuis plusieurs décennies, le diagnostic de 
l’infection tuberculeuse s’établit sur la base de la positivité au test cutané 
tuberculinique.

Celui-ci a cependant une fi abilité limitée dans les pays �  forte endémie car 
la présence, dans l’environnement, de mycobactéries similaires �  celle de la 
tuberculose et la vaccination, dès la naissance, par le BCG, peuvent fausser 
les résultats. De plus, chez les patients porteurs du VIH, la sensibilité du 
test est fortement diminuée du fait de leur incapacité �  développer une 
réaction allergique, sur laquelle repose justement le test cutané. La 
tuberculose contribuant largement �  la mortalité par le VIH, il est cependant 
primordial de pouvoir diagnostiquer l’infection précocement afin d’entreprendre 
un traitement adapté et prévenir le développement d’une tuberculose maladie.

La mise au point de nouveaux tests IGRA3 reposant sur la mesure in vitro de la 
sécrétion d’Interféron-γ par les cellules T mises en présence d’antigènes 
spécifi ques de Mycobactérium tuberculosis, le germe responsable de la 
tuberculose, permettent aujourd’hui de pallier les défauts du test cutané. Bien 
que ces nouvelles méthodes de diagnostic soient plus effi caces que le test 
tuberculinique (TT) dans un contexte de faible endémicité tuberculeuse, leur 
validité dans des populations où le risque d’infection 

tuberculeuse latente est élevé, doit encore être clairement établie. La 
publication récente des résultats d’une étude menée au Sénégal et coordonnée 
par l’IRD en collaboration avec d’autres institutions scientifiques permet d’en 
savoir plus sur l’effi cacité comparée de la méthode immunologique et du test 
tuberculinique classique. Pour cela, les chercheurs ont établi deux cohortes de 
patients résidant dans la région de Dakar : la première regroupait des 
personnes infectées par le VIH mais ne présentant pas de tuberculose avérée ; 
la seconde rassemblait des patients tuberculeux ainsi que les personnes du 
foyer ayant été en contact avec eux pendant une période donnée.

Pour la première cohorte, 285 adultes nouvellement infectés par le VIH et ne 
présentant aucun signe clinique ou radiologique de tuberculose ont été 
sélectionnés au Centre hospitalier national universitaire de Fann (Dakar) entre 
2003 et 2004. Au début de l’étude, un test ELIspot et un TT ont été réalisés 
pour chacun des patients.

Sur la base du TT, 21% (53/247) d’entre eux présentaient une infection 
tuberculeuseau moment du test. Cette proportion
atteignait en revanche 51% (125/247) avec le test ELIspot. Il apparaît donc que 
ce dernier est plus sensible que le TT quel que soit le stade de l’évolution de 
la maladie. Les scientifi ques ont toutefois observé que la capacité de réponse 
du test ELIspot décroît avec la diminution du taux de lymphocytes CD4, ce qui 
semble indiquer les limites de ce type de test chez les patients fortement 
immunodéprimés, comme peuvent l’être des personnes �  un stade avancé d’une 
infection par le VIH.

En parallèle, une cohorte de ménages de 243 patients tuberculeux a été suivie 
pendant 2 ans. L’objectif était cette fois
de déterminer la capacité du test ELISpot �  prédire, parmi les personnes 
vivant au contact de ces individus, ceux qui encourentle plus de risque de 
développer la maladie. Entre janvier 2004 et mars 2005, 3072 contacts ont été 
identifi és pour l’ensemble des patients tuberculeux. Selon les résultats 
préliminaires, la sensibilité des deux tests était comparable dans cette 
cohorte, l’ELIspot disposant toutefois d’une meilleure spécifi cité puisqu’il 
n’est pas infl uencé par la vaccination récente par le BCG.

Les données recueillies tout au long de ces études doivent maintenant être 
analysées plus en détail afi n de déterminer si les nouveaux tests basés sur la 
mesure de la réponse immunitaire �  des antigènes spécifiques de M. 
tuberculosis peuvent servir de moyen de diagnostic fiable de l’infection 
tuberculeuse dans les zones géographiques où la maladie est endémique et bénéfi 
cie d’une forte couverture par le BCG. Ces investigations devraient également 
permettre de savoir si ces tests pourront, �  l’avenir, servir de marqueurs du 
développement de la maladie au sein d’une population donnée. 

Rédaction DIC - Grégory Fléchet
Pour en savoir plus
Grégory Fléchet, coordinateur
Délégation �  l’information et �  la communication
Tél. : +33(0)1 48 03 76 07 - fax : +33(0)1 40 36 24 55 - fi chesactu@ird.fr

1. Ces travaux coordonnés par l’IRD ont été menés dans le cadre du projet 
AFTBVA C (Développement d ’un vaccin anti-tuberculeux en Afrique), en 
collaboration avec des chercheurs du Medical Research Council anglais, de 
l’université d’Oxford, de l’Institut Pasteur de Bruxelles, du Laboratoire de 
bactériologie et virologie de l’hôpital Le Dantec (Sénégal), des services des 
Maladies infectieuses et de Pneumologie du Centre hospitalier national de Fann 
(Dakar).

2. Le test mesure la libération d’interféron-γ (IFN-γ) par les cellules T 
stimulées par des antigènes spécifi ques du germe de la tuberculose 
(Mycobacterium tuberculosis).
Le nombre de cellules T sécrétant l’IFN-γ est déterminé en comptant les taches 
(“spots”) sur une membrane recouvrant les puits d’une plaque d’ELISA. Chaque 
“spot” représente une cellule T sécrétant l’IFN-γ.

3. Ces tests sont dénommés de manière générique IGRA (Interferon-γ Release 
Assays). Les versions commerciales
disponibles sont le QuantiFERONT B - G o l d ® e t l e T- S P O T T B ® .
Résultats d’un test IGRA : chaque point violet ou «spot» correspond �  une 
cellule T sécrétant l’interféron-γ.


>> Institut de recherche pour le développement - 213, rue La Fayette - F-75480 
>> Paris cedex 10 - France - www.ird.fr

RÉFÉRENCE :
KARAM F, MBOW F, FLETCHER H, SENGHOR CS, COULIBALY K, LEFEVRE A, NGOM GUEYE NF, 
DIEYE T, SOW PS, MBOUP S, LIENHARDT C,
Sensitivity of IFN-γ Release Assay to detect Latent Tuberculosis Infection is 
retained in HIVinfected Patients but dependent on HIV/AIDS Progression, PLOS 
One, 3(1) : e1441, 2008 


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