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MONDE: Nouveau revers pour la recherche sur les microbicides

JOHANNESBOURG, 20 février (IRIN) - Le tout premier microbicide potentiel à
atteindre la phase de test finale s'est finalement avéré inefficace pour
prévenir la transmission du VIH, ont annoncé des chercheurs lundi. 

Les essais sur l'efficacité du Carraguard, un microbicide, ont été menés sur
une période de trois ans auprès de 6 000 femmes, en Afrique du Sud, et se
sont achevés en mars 2007. 

Toutefois, aucune différence n'a été constatée en termes d'infections VIH
entre les femmes du groupe auquel on avait fourni du Carraguard et les
femmes du groupe témoin, qui avait reçu un placebo. 

« Les tests [...] n'ont pas permis de démontrer l'efficacité du Carraguard
dans la prévention de la transmission du VIH », a noté le docteur Khatija
Ahmed, responsable des recherches. 

Ce microbicide créé par le Population Council, une organisation
internationale à but non-lucratif, contient du carraghénane, un dérivé
d'algues marines couramment utilisé dans le secteur de l'alimentaire et de
la cosmétique comme gel, stabilisant et épaississant. 

Les tests de laboratoire, les tests menés sur les animaux et les premiers
essais sur l'homme portaient à croire que ce microbicide pouvait prévenir le
VIH ainsi que d'autres infections sexuellement transmissibles ; selon le
docteur Ahmed, pourtant, « les résultats du Carraguard en laboratoire ne
peuvent pas être adaptés à l'homme ». 

À l'en croire, le faible taux d'adhésion pourrait également avoir joué un
rôle dans l'échec du Carraguard : les femmes qui ont participé à l'étude
avaient en effet utilisé le Carraguard pour moins d'un rapport sexuel sur
deux, et seules 10 pour cent d'entre elles l'avaient utilisé à chaque fois,
comme il leur avait été prescrit de le faire. 

Néanmoins, l'utilisation des préservatifs a considérablement augmenté,
passant de 33 pour cent au début de l'étude à 64 pour cent. 

Si le docteur Ahmed reconnaît que la nouvelle de cet échec est décevante,
elle a néanmoins souligné que ces essais constituaient un « événement clé
dans le domaine du développement des microbicides », les essais s'étant
achevés sans susciter de préoccupations de sécurité sanitaire. 

L'échec du Carraguard n'en est pas moins un nouveau revers dans la course au
développement d'un microbicide efficace - administré via toute une gamme de
produits, tels que les gels, les pellicules ou les éponges - susceptible de
permettre aux femmes d'éviter de contracter le VIH ou d'autres infections
sexuellement transmissibles. 

En 2000, déjà, des recherches approfondies à grande échelle avaient démontré
que le nonoxynol-9, microbicide potentiel, était dangereux, les femmes qui
l'utilisaient dans le cadre de l'étude ayant développé une plus grande
vulnérabilité au risque de contracter le VIH. 

Sept ans plus tard, la recherche dans le domaine des microbicides a connu un
autre revers lorsque CONRAD, une organisation américaine de recherche en
santé reproductive, a annoncé l'arrêt anticipé des essais sur l'efficacité
d'un microbicide à base de sulfate de cellulose après que le comité de suivi
et de sûreté des données eut observé un plus grand nombre d'infections dans
le groupe traité que dans le groupe témoin. 

Toutefois, les activistes et les chercheurs sont peu enclins à qualifier les
derniers essais de revers. Fiona Scorgie, coordinatrice de programmes chez
Gender AIDS Forum, une organisation non-gouvernementale (ONG) qui suit les
différents essais menés dans le domaine des microbicides en Afrique du Sud,
a notamment déclaré à IRIN/PlusNews que malgré les résultats décevants des
essais, ceux-ci avaient eu « des résultats positifs à un autre niveau ». 

Les femmes qui participaient aux essais ont notamment bénéficié d'examens de
santé réguliers ; de plus, grâce à l'innocuité du Carraguard, il sera
possible de l'utiliser, à l'avenir, pour « véhiculer d'autres substances
plus spécifiques, tels que les antirétroviraux » dans le cadre d'essais sur
l'efficacité d'autres microbicides, toutefois il faudra pour cela mener
davantage de recherches. 

Selon Mme Scorgie, les communautés doivent également participer au
processus, plutôt qu'en être les bénéficiaires passifs. « Les communautés
ont un rôle très important à jouer [...] Il est important que nous nous
informions et que nous gardions l'esprit critique ». 

kn/he/nh/ail 
[ENDS]


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