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[e-med] La circoncision masculine serait liée à un surrisque d'infection par le VIH de la femme en cas de cicatrisation incomplète

[Après une circoncision, en cas de relation hétérosexuelle avant
cicatrisation complète, le risque d'infection de la femme par le vih serait
majoré]

 
 La circoncision masculine serait liée à un surrisque d'infection par le VIH
de la femme en cas de cicatrisation incomplète  

(Par l'envoyé spécial de l'APM, Romain LOURY)

BOSTON, 5 février 2008 (APM) - La circoncision masculine est probablement
liée à un risque accru de transmission du VIH de l'homme à la femme tant que
la cicatrisation n'est pas complète, selon deux études présentées lundi à la
15ème Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI) qui a
débuté dimanche à Boston.

A la suite de plusieurs études montrant une baisse d'environ 60% du risque
d'infection par le VIH chez les hommes, la circoncision masculine a été
reconnue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme un outil de
prévention dans les pays à forte prévalence, notamment ceux d'Afrique
subsaharienne, rappelle-t-on.

Plusieurs réserves ont été émises à l'égard de la circoncision masculine,
notamment le fait que ses bénéfices se portaient avant tout sur les hommes
(cf dépêche APM RLKD2002). Or, en raison des inégalités de genre, ce sont
les femmes, particulièrement en Afrique, qui rencontrent les plus grandes
difficultés à imposer le port du préservatif à leur partenaire.

Conduite sur la cohorte ougandaise RAKAI, l'une des deux études présentées
lundi à la CROI confirme que la femme ne bénéficie pas de la circoncision
masculine en ce qui concerne le VIH, et même que le risque pourrait être
accru tant que la cicatrisation n'est pas complète.

Maria Wawer, de la Johns Hopkins University de Baltimore (Maryland), et ses
collègues ont randomisé 1.015 hommes VIH+ en deux bras, le premier étant
immédiatement circoncis (bras d'étude) tandis que le second ne l'était que
deux ans plus tard (bras contrôle). 

Initialement séronégatives, les femmes présentaient à deux ans une incidence
d'infection de 13,8 cas pour 100 personnes-années dans le bras d'étude,
contre 9,6 dans le bras contrôle. Cette tendance à la hausse avec la
circoncision n'était pas significative d'un point de vue statistique.

L'incidence était plus marquée au cours des six premiers mois suivant
l'opération, de respectivement 27,3 et 17,8 cas pour 100 personnes-années.
Entre six mois et deux ans, ces chiffres n'étaient plus que de 5,7 et 4,1
cas pour 100 patients-années.

Cette forte incidence au cours des premiers mois suggérait un risque accru
de contamination tant que la cicatrisation n'était pas complète,
généralement un mois après l'opération, note-t-on. C'est ainsi que 27,8% des
hommes ayant eu un rapport sexuel plus de cinq jours avant que la
cicatrisation soit avérée ont transmis le VIH, contre 9,5% de ceux qui ont
attendu ce seuil.

"Chez les femmes, il n'y a pas de bénéfice direct de la circoncision en
termes de VIH, et il y aurait même potentiellement un risque accru lorsque
les rapports sexuels sont repris trop tôt", a conclu Maria Wawer, selon qui
cette nouvelle difficulté à la mise en place de programmes de circoncision
nécessitera "une éducation et un suivi appropriés" des couples.

Présentée lors de la même session, une autre étude de circoncision menée sur
RAKAI, cette fois chez des hommes séronégatifs, montre en revanche une
baisse du risque de lésion génitale ulcérative (-24%), de trichomoniase
(-47%) et de vaginose bactérienne (-47%) chez les femmes. Il n'y avait en
revanche aucun effet en termes de décharge vaginale ou de dysurie.

Chez les hommes, les chercheurs ont noté une baisse de 24% du risque de
contracter le virus de l'herpès génital de type 2 (HSV2).

Cette protection contre le HSV2 "pourrait influencer celle observée contre
le VIH", le risque d'infection par le VIH étant accru en cas de présence
d'une autre IST, et notamment de celle par le HSV2, a commenté Aaron Tobian,
également de la Johns Hopkins University de Baltimore.

rl/eh/APM
        



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