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[e-med] Des morts sur les bras de la ministre de la Santé

Une page du site Mali en ligne vous est suggérée par Simon KABORE 
(simonkabore@rame-bf.org ).
Vous pouvez consulter la page en question à l'adresse suivante:
http://www.lemali.fr/sante/infos_sante/des_morts_sur_les_bras_de_la_ministre_de_la_sante_200708036255.html
Cordialement.

Des morts sur les bras de la ministre de la Santé        
Prolifération des accidents mortels dûs à la négligence et à l'incompétence des 
médecins dans les centres de santé - Quel Malien ne partage pas l'engagement du 
président de la République pour l'amélioration des services de santé ? Quel 
Malien n'a pas salué les investissements dans le domaine sanitaire et les 
décisions prises pour soulager les populations de certaines charges ? Mais quel 
Malien n'est pas déçu par les pratiques déshonorantes qui ont toujours eu cours 
aussi bien dans les établissements publics de santé que dans les structures 
privées ? Malheureusement, cette déception ne peut que se renforcer au fil du 
temps avec une ministre de la Santé qui n'agit que pour se faire voir, peu 
importe si entre-temps les pauvres patients doivent y laisser la peau. 

En effet, les usagers de nos établissements ne bénéficient d'aucune assurance, 
d'où de multiples accidents mortels, conséquences de la négligence et de 
l'insouciance de certains agents de la santé qui n'en font qu'à leur tête et 
pour leurs poches. De mai à aujourd'hui, selon des sources concordantes, ils 
sont plus d'une centaine de personnes à avoir perdu la vie à la suite de 
mauvaises man?uvres de la part de personnes incompétentes dans des services qui 
ne doivent plus exister, puisqu'un rapport sur les établissements privés 
illégaux dort sur la table de la ministre de la Santé depuis longtemps. Selon 
des sources concordantes, les enquêteurs ont recommandé la fermeture pure et 
simple de plusieurs dizaines de structures. Ils ont aussi demandé des sanctions 
contre des responsables de nombreux laboratoires qui falsifient les résultats 
des analyses de produits alimentaires contre de l'argent. 

Des boissons aux qualités très contestées sont déversées sur nos marchés grâce 
à cette complicité alors que des médicaments de contrefaçon sont exposés dans 
les officines pharmaceutiques. Donc, on ne peut espérer sur une amélioration 
des services de santé dans notre pays sans mettre fin aux dérives ci-dessus 
décriées. Ce n'est pas de l'actuelle ministre de la Santé qu'on doit attendre 
le changement. Celle-ci est seulement contente quand sa photo passe dans les 
journaux et à la télévision. Quant aux pauvres Maliens, ils peuvent mourir à 
leur aise. 

Prolifération des services privés de santé : la grande anarchie. 

A la faveur de l'ouverture démocratique, on a assisté à une multiplication des 
initiatives privées dans tous les domaines d'activités et le secteur de la 
santé en est la parfaite illustration. Moins d'une dizaine avant les évènements 
de 1991, on compte pour le seul District de Bamako aujourd'hui plus d'une 
certaine d'établissements privés de santé. Une prolifération qui témoigne d'une 
course à l'enrichissement. Ce qui fait que les promoteurs, à la suite des 
autorités publiques, accordent peu d'importance à la déontologie et aux règles 
qui définissent la pratique de la médecine légale. C'est la grande anarchie 
avec n'importe qui ouvrant une clinique ou un cabinet. 

D'ailleurs, entre les prestations de ces deux types de services, on ne perçoit 
guère de différence, les cabinets offrant les mêmes services que les cliniques 
et vice-versa. Par ailleurs, on ne s'embarrasse pas d'observer certaines règles 
élémentaires pour l'installation de ces structures privées. Des cliniques ou 
des cabinets sont ouverts en plein marché, à côté des écoles et même près des 
bars et des maisons closes.  Faites le tour de la ville et vous vous rendez 
compte de la bêtise du département de la santé qui ne fait plus d'enquêtes de 
moralité sur les promoteurs (de grands avorteurs de grossesses) ni surtout sur 
la qualité et les compétences du personnel généralement sans salaire et qui 
détournent les médicaments des patients. Ainsi va la vie dans des cabinets, où 
règne la saleté. 

Services de santé de proximité : le fiasco total 

''Le santé pour tous'', l'un des slogans qui ont marqué l'histoire de votre 
pays à travers les régimes successifs depuis 1980, ne sera jamais une réalité. 
Tant les différentes politiques initiées dans ce cendre ont été toutes des 
fiascos; la dernière en date est celle de la multiplication des services de 
santé de proximité qui ont, au contraire, conduit les populations à se diriger 
vers des pratiquants aux compétences assez douteuses comme les tradithérapeutes 
et les pharmaciens dits ambulants. Pourtant, c'était une belle initiative, 
cette institution des centres de santé communautaires. Ils devaient participer 
à faciliter l'accès à la santé tout en favorisant l'implication des populations 
elles-mêmes dans la gestion et la prise en charge de leurs problèmes 
sanitaires. 

Les CSCOM, on en aura vu des dizaines s'ouvrir, des dizaines se fermer  à cause 
du manque de moyens financières et matériels ou du déficit d'expérience et de 
compétence des agents qui y officient. Il suffit d'approcher les gestionnaires 
pour se rendre compte des difficultés. Un des administrateurs du CSCOM de 
Banakabougou-Faladié regrette le fait que le gouvernement ait " créé des 
centres en oubliant de les doter de moyens de départ. Parfois, même les simples 
ciseaux manquent ici. Mes prestations sont dérisoires, car ceux qui arrivent 
sont des gens qui n'ont pas le choix. Parfois on est obligé de payer pour 
certains malades les médicaments ". 

On soutient aussi que les CSCOM emploient des personnels sans compétence. Une 
situation réelle, a reconnu le gestionnaire principal d'un centre en Commune I. 
Celui-ci confirme que " les médecins des CSCOM sont généralement sans aucunes 
expérience puisque venant du chômage. Ils viennent par nécessité. Dès qu'ils 
acquièrent de l'expérience, ils repartent à la première opportunité 
".Effectivement, durant les 5 ans passés, des CSCOM ont vu défiler une dizaine 
de médecins. Le centre de Kalabankoro a vu passer pendant l'année 2002 quatre 
médecins. C'est pourquoi les responsables municipaux se plaignent que les 
médecins cherchent à renforcer leur CV  par les CSCOM afin de passer au 
recrutement d'organisations internationales comme Médecins sans frontière. 

On explique cette instabilité des médecins par la modestie des traitements 
salariaux. " On nous offre des salaires d'infirmier, ce qui est inacceptable. 
C'est pourquoi les gens s'en vont à la première occasion ", se défend un ancien 
médecin du CSCOM de Banankabougou qui a ouvert un cabinet à Magnambougou. 
Désormais, on se rabat sur les infirmiers, une alternative qui ne fait que 
réduire la clientèle. 

Markatié Daou 
 


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