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[e-med] (16)Médicaments de la rue...

A l’occasion du 8 ème forum pharmaceutique 2007 à Lomé, ReMeD avait consacré
un dossier spécial sur le marché illicite de médicaments :
www.remed.org/Composition1_J34_20p_2.pdf.
Au préalable, tout au long de l’année 2006, ReMeD et la revue médecine
tropical avaient collaboré pour élaborer un numéro spécial sur la
problématique des médicaments dans les pays en développement :
http://www.remed.org/html/articles.html
 
Alors, je viens en appui à Gabriel BUKASA pour dire qu’en effet, 8 forums
pharmaceutiques, plusieurs rencontres sur le sujet avec un budget très
important pour constaté un résultat très mince voir négatif comme le dit
Kiema : « le problème se renforce ».
 
A Ouahigouya, PSF-CI en collaboration avec la Direction Régionale de la
Santé et CINOMAD, avaient un programme spécial et un budget pour la
sensibilisation et la lutte contre ce marché illicite de médicaments. Le
film TIIM y avait été réalisé. Mais pourquoi le fléau prend de l’ampleur ?
Pourquoi tant d’actions pour un résultat aussi nul ? 
 
Selon l’OMS, « le médicament est l’un des biens de consommation les plus
précieux qu’une nation a le plus besoin »
(http://www.cooperation.net/donald/info/98531.html).
 
Peut-on dire que les populations ont un accès aux médicaments essentiels
pour les soins élémentaires de base ? Quels sont les biens précieux que ces
populations ont réellement accès ? Quelles sont les préoccupations primaires
quotidiennes ? Quelles sont leurs priorités ? Est-ce que les risques de
santé liés aux médicaments de la rue sont perçus de la même manière chez le
Pharmacien que chez les consommateurs ? Comment les utilisateurs
perçoivent-ils ces risques ? Ce risque est-il accepté comme tel ?
J’entend souvent les jeunes dirent : « Médicaments de la rue, ça tue !
qu’est ce qui ne tue pas dans la vie ? Même l’eau tue ! ». Carine BRAXERRES
travaille pour son Doctorat sur la situation anthropologique de ce marché :
www.remed.org/Composition1_J34_20p_2.pdf. Ce serait intéressant de lire ses
conclusions.
 
Ce problème soulève une grande question sur la qualité des services
pharmaceutiques ? Sur la mise en œuvre des politiques en cours et sur les
reformes à faire. Ce problème est une conséquence de plusieurs maux dans le
secteur sanitaire et la lutte contre la pauvreté. Il exprime l’absence de
prise en charge objective de la pauvreté, le développement de la corruption
dans le secteur de la santé et surtout une mauvaise pratique de dispensation
des médicaments.
 
En tout cas, je reste convaincu qu’aucune forme de répression ne pourra
faire disparaître ce marché. Il faut travailler à rendre le médicament
accessible aux populations par des mécanismes adaptés à leurs réalitées. On
ne peut pas forcer les traditions, les coutumes, les habitudes des
populations et réussir à influencer l’esprit de "Mba Goama" sans un système
de santé équitable et adapté. 
 
C’est vrai qu’il faut le respect de la réglementation, mais pour le marché
illicite, c’est la loi de l’offre et de la demande qu’il faudra casser. La
première solution passe par un système qui favorise l’accès équitable aux
médicaments essentiels, aux soins essentiels disponibles et aux produits de
premières nécessités. Les responsabilités dépassent le cadre de l’ordre et
du syndicat des Pharmaciens. Il appartient aux Etats, aux autorités
d’assumer leur responsabilité. C’est toute la politique de lutte contre la
maladie qui sera remise en cause les années à venir si une solution réelle
n'est pas trouvée dans la lutte contre ce marché.


Dr Christian Donald Hamado SAOUADOGO
Pharmacien, Gestion du Développement
Spécialité : Santé Internationale
Tel : 00 226 70 69 17 56

Skype : hamado.saouadogo
Consultez mon web page : www.cooperation.net/donald
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