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[e-med] (2) A propos de la Conférence Internationale de l'ACAME à Ouagadougou (2007)

1- Concernant la coordination, il était recommandé suite à la conférence de 
Ouaga 2007, la mise en place d'un comité de suivi regroupant bailleurs et 
centrales.
  Au Tchad, nous pensons mettre en place ce comité dont l'objectif principal 
sera effectivement de coordonner, de suivre et évaluer les activités menées 
dans le cadre de l'appro en MEG.
   
  2- Qu'en est il du groupe de travail qui devait cogiter sur le système 
d'accréditation des centrales au label ACAME ?
   
  Bonnes vacances à tous
  Christophe

Christophe ROCHIGNEUX
Pharmacien - Conseiller Technique CPA / DPML
Projet Santé 8ème FED - CGP
Ministère de la Santé - TCHAD
Tel : 00 235 46 46 24
       
*****************
"Hélène DEGUI" <hdeguifr@yahoo.fr> a écrit :
  A propos de la Conférence Internationale de l?ACAME à Ouagadougou

La conférence internationale organisée par l?ACAME (Association des
Centrales d?Achat de Médicaments Essentiels) regroupant les centrales
d?achat de 19 pays d?Afrique Francophone a été riche d?enseignements à
plusieurs titres.

1- la Conférence de l?ACAME a permis tout d?abord de montrer qu?un organisme
fédérateur africain était capable de se remettre en cause et d?analyser ses
problèmes.

Face aux préoccupations provoquées par la mise à l?écart de la plupart des
centrales d?achats pour l?approvisionnement des programmes de lutte contre
les 3 maladies prioritaires, Sida, Tuberculose, Paludisme, la Conférence de
Ouagadougou a proposé de se réunir avec les principaux bailleurs de fonds
afin d?examiner sereinement les motifs de cette mise à l?écart.


Constatant des disparités entre ces Centrales d?Achats, l?ACAME propose de
mettre en place et respecter une charte recensant l?ensemble des principes
communs vers lesquels doit tendre chaque centrale et incite chacune à
réfléchir autour de 4 points principaux :

- Statuts des Centrales d?Achat permettant une plus large autonomie
de gestion, une meilleure représentativité incluant aussi bien les bailleurs
de fonds que les bénéficiaires et offrant ainsi plus de transparence et de
visibilité

- Procédures harmonisées d?approvisionnement permettant des achats
globalisés diminuant du même coup les prix et évitant un système
d?approvisionnement parallèle

- Implication des Centrales d?Achat dans les différents programmes
verticaux et/ou internationaux pour les ce qui concerne les aspects
pharmaceutiques : sélection, quantification, acquisition, distribution et
usage rationnel

- Renforcement des capacités propres en procédant à des évaluations
de chaque centrale afin d?identifier les problèmes et les insuffisances
constatés.

Pour nous pharmaciens et autres acteurs de santé impliqués dans des actions
de développement, tout volet pharmaceutique des programmes, qu?ils soient
financés au niveau national ou par des contributions internationales, doit
être établi, mis en place et exécuté par ces Centrales d?Achat et les
instances nationales spécialisées.

Nous proposons : 

De soutenir les centrales d?achat dans leurs démarches et de développer un
plaidoyer afin d?obtenir les financements nécessaires auprès des bailleurs
de fonds.

2- La conférence de l?ACAME a permis ensuite de constater l?absence de
coordination entre les différents programmes d?aide des bailleurs de fonds.

Cette anarchie où chacun tente d?imposer ses méthodes, sans aucune
évaluation fiable ni souvent sans concertation sur le terrain et/ou sans
formation et information à la base, risque de déstabiliser les systèmes
existants. La question de la performance en matière d?impact en santé
publique des activités des Centrales d?achat ne peut pas être résolue par
des actions isolées.

Sans vouloir ou pouvoir les citer tous, la noria d?organismes impliqués dans
ces programmes laisse songeur:
- au niveau international : Fonds mondial, OMS, ONUSIDA, GDF,
UNICEF, PNUD, UNFPA, etc.
- au niveau régional : OOAS, PRSAO, UEMOA, etc. .
- au niveau des coopérations décentralisées et des différents
programmes étatiques : PEPFAR, 
- au niveau des fondations, Fondation Clinton, Fondation Gates, etc.
pour les USA
- au niveau français : Coopération française, AFD, Ministère de la
santé, ESTHER, etc. 
- sans parler des programmes de l?UE ou des nouveaux dispositifs
tels que UNITAID..

Comment nos confrères dirigeants de structures de santé peuvent-ils s?en
sortir sans un minimum de coordination au moins en ce qui concerne les
problèmes pharmaceutiques et les questions de personnel et de leur
rémunération ?

Déjà, sur le terrain, des surstocks de médicaments, des médicaments périmés
vont devoir être détruits ! (les exemples sont nombreux)

Nous proposons :
- qu?une coordination soit mise en place dans chaque pays, 
- que des procédures soient mises en place conjointement avec les
bénéficiaires et les principaux acteurs de terrain. 
- que soit respectées des procédures pharmaceutiques internationales
et nationales (et pas seulement en incluant des pharmaciens au coup par
coup) 

- qu?au niveau français, une revue coordonnée de notre dispositif soit
organisée : initiatrice, avec l?OMS et l?Union Européenne, des centrales
d?achat de médicaments essentiels qui sont un point d?appui majeur des
systèmes de santé des PED, la France ne peut plus se permettre de saupoudrer
son aide. Le soutien financier apporté par la France dans le multilatéral
doit s?accompagner d?une aide technique appuyée au niveau bilatéral. Les
actions peuvent débuter dès à présent avec UNITAID : organisons les actions
sur le terrain avec les mêmes moyens et les mêmes objectifs de performance
que ceux qui ont présidé à l?organisation d?un mécanisme financier si
innovant. 


3- La Conférence de l?ACAME a permis enfin de constater que l?approche
macro-économique prônée dans les instances internationales (par exemple,
lors du calcul des montants de l?Aide Publique au Développement) n?est pas
relayée par ces mêmes instances au niveau des systèmes économiques
nationaux. 

L?absence de stratégie au niveau de la fixation des prix des médicaments
(gratuité pour les uns, prise en charge partielle des coûts pour les autres,
prix basés sur des dépenses réelles dans certains pays, etc..) va
déstabiliser le système de distribution pharmaceutique, et au final réduira
l?accès aux traitements quand les pharmaciens privés et les structures de
santé qui pratiquent le recouvrement des coûts, ne pourront plus être
viables. 

Le paludisme concerne 40% des consultations. L?arrivée des ACT par des
achats extérieurs risque d?amputer le chiffre d?affaire des opérateurs des
systèmes de santé, tant publics que privés et ainsi mettre en danger
l?ensemble du système d?approvisionnement et d?accès au médicament. 

A-t-on calculé les pertes de recettes des Etats en matière de droits et de
TVA, au moment même où l?équilibre des budgets nationaux est considéré comme
un facteur-clef du développement et alors que la stratégie internationale
consiste à négocier des plans de remise de dettes publiques pour relancer le
développement économique ? 

Nous proposons 

- qu?une véritable réflexion soit mise en place entre public et
privé afin d?établir le mode de distribution de ces médicaments en intégrant
les coûts de stockage, de distribution, et en valorisant de rôle de conseil
des professionnels du médicament,

- que soit développée la valorisation des personnels et leur
professionnalisation, par exemple avec une formation coordonnée au niveau
des ministères (santé, affaires sociales, éducation nationale et fonction
publique), au niveau régional (formation des cadres de santé) et au niveau
des centres de santé les plus périphériques, 

- que l?information du grand public soit renforcée pour une
meilleure participation de la société civile aux actions concernant leur
propre santé.

Nous pharmaciens et acteurs de santé impliqués dans des politiques de santé
des PED déclarons être prêts à relever le défi.

Aucune politique de santé, pharmaceutique en particulier, ne peut être menée
sans les opérateurs de terrain et sans tenir compte des populations, de la
société civile et des acteurs nationaux des pays bénéficiaires.

Merci à ceux qui partagent cette analyse de bien vouloir signer cette
lettre destinée à l?ensemble des bailleurs de fond

Alassane Ba, pharmacien, Hélène Degui, pharmacien, Jean-Louis Machuron,
pharmacien, Jean-Loup Rey, médecin de santé publique

Hélène DEGUI, hdeguifr@yahoo.fr 
tel : 06 62 40 29 84 

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