e-med
[Top] [All Lists]

[e-med] (4)Médicaments de la rue : Les enfants, premières victimes (Burkina-Faso)

Chers confères et chers e-médiens

Le 8ème Forum internationnal pharmaceutique de Lomé
(TOGO) en Juin dernier a encore formulé des
recommandations dans le cadre de la lutte contre le
marché illicite des médicaments, adressées non seulement
aux professionnels de santé en général et de la Pharmacie
en particulier, mais surtout aux autorités politiques et
administratives de nos pays, de même qu'aux partenaires
qui interviennent pour le financement de certains
programmes prioritaires (VIH/SIDA, TB, Malaria). Car il
faut le reconnaître, la lutte contre le marché parallèle
des médicaments en Afrique, pour être efficace, déborde
largement la compétence des seuls professionnels de la
Pharmacie, qu'ils soient autorités de régulation ou non.
Il s'agit à mon avis d'un problème hautement politique
pour ne pas dire juridique. En effet, depuis plus de 15
ans, aucun rassemblement des professionnels de la
Pharmacie n'a manqué d'aborder ce fléau et énoncé des
stratégies de lutte, mais à ce jour, non seulement le
problème demeure, mais on a même l'impression qu'il se
renforce et s'étend d'année en année. Pourquoi? Parce que
ceux qui peuvent interdire la circulation de ces
médicaments et leurs manipulations par des mains non
expertes (nos autorités politiques), n'ont pas
suffisamment perçu ce problème comme étant un problème de
santé publique préoccupant. Pourquoi ne rencontre-t-on
pas des cabinets d'avocats ou d'experts-comptables
pirates çà et là? Les professionnels de ces corps de
métiers sont-ils plus conscients, plus organisés ou plus
"puissants" que nous autres Pharmaciens? Non, je ne le
crois pas. Seulement là, la Loi portant réglementation de
ces professions est appliqué de manière stricte, ce qui
n'est pas le cas de la profession pharmaceutique hélàs!!
Ne dit-on pas que c'est de la peur du Gendarme que
commence la Sagesse? Alors si on cessait un peu de
vouloir toujours sensibiliser (et qui même?) pour
appliquer strictement le Code de la santé publique, au
besoin par une forte répression des contrevenants, on
verrait bien que ce fléau disparaîtrait en un temps
record. 

Bérenger B. KIEMA
Ancien DPM, Burkina Faso
E-mail: kbasga@yahoo.fr

<Prev in Thread] Current Thread [Next in Thread>