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[e-med] (3)CÔTE D IVOIRE : La politique de prévention du VIH est inadaptée

Cet article de Côte d'Ivoire sur la politique de prévention du VIH 
inadaptée demande de nombreux compléments, en voici trois.

Il y a surement de nombreuses contaminations nosocomiales en chiffre absolu 
mais toutes les données épidémiologiques montrent que la transmission 
sexuelle est très majoritaire, plus de 90 95 % des cas.
Tous les indicateurs classiques le confirment et ces données sur les 
chiffres de l'infection sont souvent plus précises et valides que dans les 
pays du nord.
Par ailleurs, les contaminations nosocomiales concernent le monde des soins 
et donc n'ont pas à faire l'objet de campagnes de sensibilisation grand 
public.
Ce serait, dans l'idéal et en première intention, au corps médical et para 
médical (ordres, syndicats) à prendre en main la qualification et 
certification des structures de santé.

Il est faut de dire que abstinence et fidélité sont impossibles en Afrique : 
de nombreuses données récentes montrent le contraire (diminution de l'âge du 
premier rapport; diminution du nombre de partenaires, diminution du nombre 
de plaintes au tribunal, statistiques économiques concernant les bars, 
etc..)
Comment expliquer aussi le succès des églises dites révélées qui pronent le 
plus souvent fidélité et abstinence (avec sanctions sévères en cas d'écart)?

Il est certain que la prise en charge des malades pêche parce que le système 
de santé est déficient, mais pas la prévention primaire qui n'est pas du 
domaine du secteur santé, du moins pas seulement. Au contraire, la 
prévention primaire a pu pécher parce que le secteur santé a voulu la 
contrôler alors qu'elle doit être pluri disciplinaire et pluri sectorielle.
Les bailleurs n'ont pas pris concsience tout de suite que les patients ne 
pourraient pas être pris en charge avec un système de santé déficient mais 
la plupart des fonds disponibles actuellement accepte un soutien à la 
réhabilitation des strutures de santé pour répondre aux inquiétudes 
exprimées dans l'article, même si parfois il faut insister.

Dr Jean Loup REY
Quartier Le Barry
F. 04180 Villeneuve

(33) 04 92 78 54 60
(33) O6 16 53 83 30

jean-loup.rey@wanadoo.fr

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From: "ReMeD" <remed@remed.org>
To: "e-med e-med" <e-med@healthnet.org>
Sent: Monday, March 20, 2006 12:12 PM
Subject: [e-med] CÔTE D IVOIRE : La politique de prévention du VIH est 
inadaptée


CÔTE D IVOIRE : La politique de prévention du VIH est inadaptée - Médecin

ABIDJAN, le 17 mars (IRIN) - La politique nationale de prévention du sida en
Côte d'Ivoire devrait tenir compte de l'état des structures sanitaires de ce
pays, l'un des plus affectés par l'épidémie en Afrique de l'Ouest, selon un
médecin très impliqué dans la lutte contre le VIH.

«En Côte d'Ivoire, on n'effectue aucune recherche sur les différents modes
de contamination. Si l'on veut freiner la propagation du virus, il faut
aller au-delà des rapports sexuels entre les hommes et les femmes», a
expliqué Henri Chenal, un médecin ivoirien qui possède sa propre clinique de
prise en charge de patients vivant avec le sida à Abidjan, la capitale
économique.

Chaque année, a-t-il poursuivi, des centaines d'avortements illégaux sont
pratiquées et des médecins utilisent du matériel gynécologique non
stérilisé. «On devrait avoir un système mis à jour et conforme afin de
contrôler la qualité des services hospitaliers», a dit le docteur Chenal à
PlusNews.

Henri Chenal a fait lui-même l'amère expérience d'une contamination au VIH
par voie sanguine. Alors qu'il opérait un patient au Centre hospitalier
universitaire (CHU) de Cocody, dans la banlieue huppée d'Abidjan, le
chirurgien s'est blessé à la main.

C'était en 1986, aucun soin n'était encore disponible pour les personnes
séropositives en Afrique, les médicaments antirétroviraux (ARV), qui
permettent de prolonger l'espérance de vie des personnes vivant avec le VIH,
étaient encore à développer.

«Je me suis dit : 'J'espère que ça va aller' en essayant d'oublier
l'incident», a-t-il raconté. Cinq mois plus tard, les résultats d'un test
ont révélé sa séropositivité.

Le chirurgien n'a quitté l'hôpital que deux ans plus tard, très choqué après
avoir découvert qu'un infirmier de garde avait, dans la nuit, piqué 76
patients avec la même seringue et la même aiguille hypodermique.

«Il n'y avait aucun moyen pour travailler au CHU, nous n'avions plus de fil,
plus de gant, plus d'éther, plus de Bétadine [une solution nettoyante], plus
de produits anesthésiques. Nous cuisions nos gants pour pouvoir les
remettre, jusqu'à quatre fois de suite», a-t-il révélé dans un entretien
accordé, l'année dernière, au journal gouvernemental Fraternité-Matin.

Aujourd'hui, Henri Chenal est à la tête du Centre intégré de recherche
biologique d'Abidjan (Cirba), dont les bureaux et les laboratoires,
fraîchement repeints et disposés sur un étage, se trouvent à un jet de
pierre de l'hôpital de Treichville, l'un des quartiers de la capitale.

Créé au début des années 1990, grâce à l'appui de bailleurs privés et du
gouvernement du président Félix Houphouet-Boigny, le Cirba a commencé ses
activités avec le strict minimum: deux bureaux, un laboratoire et vingt
patients.

<table align="right" border="0" cellpadding="3" CellSpacing="3"
width="180"><tr><td><img border="0"
src="../images/20063145.jpg"></td></tr><tr><td><font SIZE="1"><b>Le Cirba
est un centre de prise en charge aux normes
européennes</b></font></td></tr></table>Aujourd'hui, la structure est
considérée comme étant l'un des meilleurs centres de conseil et de
traitement ARV de Côte d'Ivoire, avec 3 500 patients. Il est également l'une
des premières structures de prise en charge aux 'normes européennes', comme
l'ont précisé des partenaires étrangers.

Mais, selon le docteur Chenal, il n'y a toujours pas de système certifié
d'inspection d'hygiène dans les hôpitaux publics de Côte d'Ivoire.

Or, a-t-il expliqué, «les programmes de prévention du VIH/SIDA portent
essentiellement sur les rapports sexuels comme moyen de transmission du
virus, mais ils omettent de traiter des graves problèmes liés aux soins
sanitaires».

Il a notamment fustigé les campagnes d'information financées par le plan
d'urgence américain pour la lutte contre le sida du Président George Bush
(Pepfar) -- dont la Côte d'Ivoire est l'un des 15 Etats bénéficiaires -- qui
promeut l'abstinence comme le moyen le plus fiable de se protéger contre le
VIH.

Pour le docteur Chenal, demander aux jeunes de retarder leurs premiers
rapports sexuels est "purement irréaliste".

«Soyons honnêtes», a-t-il dit d'un ton irrité. «La fidélité et l'abstinence
n'existent pas en Afrique. Les campagnes d'abstinence sont concoctées par
des personnes (.) qui essaient juste de faire valoir leur propre idéologie.»

Selon le Centre pour la santé et l'égalité entre les sexes (Change), une ONG
basée aux Etats-Unis qui étudie l'impact des politiques américaines sur la
santé et les droits des femmes et des filles, l'aide financière du Pepfar
s'accompagne de conditionnalités d'ordre moral et remet en cause certains
aspects de la prévention -- les programmes d'abstinence se tailleraient
ainsi la part du lion au détriment des budgets accordés à
l'approvisionnement et à la distribution de préservatifs.

Le taux de séroprévalence est estimé à sept pour cent en Côte d'Ivoire. Mais
plusieurs organisations, parmi lesquelles RetroCI, un projet financé par le
département américain de la santé, estiment que ce taux pourrait dépasser 11
pour cent à l'intérieur du pays, notamment dans la partie nord du pays,
tenue par la rébellion armée des Forces nouvelles depuis septembre
2002.[ENDS]


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