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Re: [e-med] (15) Circuit du Médicament au Cameroun

Ci dessous quelques infos sur le secteur pharmaceutique Camerounais. A
actualiser par nos confrères Camerounais. La visite s'imposera à la DPM pour
avoir un descriptif complet.

Bon courage

Serge Barbereau 
serge.barbereau@wanadoo.fr

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Secteur pharmaceutique au Cameroun


L'Autorité de réglementation pharmaceutique est le Ministère de la Santé
Publique, représenté par la Direction de le Pharmacie et du Médicament (DPM)
conformément au Décret N° 95/040/PM du 07 Mars 1995 portant organisation du
Ministère de la Santé Publique.

L'exercice de la profession de pharmacien est régi par la Loi 90/035 du
10 Août 1990 et  ses textes d'application.

Cette Loi institut un Ordre National des Pharmaciens qui compte actuellement
environ 1000 pharmaciens inscrits, dont une trentaine sont employés dans le
secteur public.

Tous les Pharmaciens exerçant au Cameroun sont formés dans des universités
étrangères.

Le secteur pharmaceutique du Cameroun se divise en 2 sous - secteurs :

- Le sous secteur pharmaceutique public ;
- Le sous secteur pharmaceutique privé , comprenant  des structures a but
lucratif et des structures a but non lucratif.

Le sous secteur pharmaceutique public :

Son organisation est calquée sur celle du système national de santé :

- le niveau central comprend une Centrale Nationale d'Approvisionnement en
Médicaments et consommables médicaux essentiels (CENAME). Elle acquiert les
produits par des Appels d'Offre internationaux et les distribue aux Centres
d'Approvisionnement Pharmaceutiques Provinciaux (CAPP), aux formations
sanitaires à but non lucratif organisées en bureaux ou en centrales d'achat,
aux Hôpitaux centraux et généraux ainsi qu'à   d'autres clients avec
autorisation spéciale.
- Les CAPP, au nombre de 10,  dont un par province, constituent le niveau
intermédiaire. Ils s'approvisionnent principalement auprès de la CENAME et
peuvent, sous certaines conditions liées à la disponibilité, au coût et à la
qualité s'approvisionner auprès d'autres fournisseurs locaux ou étrangers.
Ils approvisionnent principalement les structures sanitaires publiques et
certaines formations sanitaires à but non lucratif. Les CAPP n'ont à l'heure
actuelle aucun statut officiel et fonctionnent sur base d'un système de
partenariat entre l'Etat et la communauté.

- Le niveau périphérique est constitué des pharmacies des formations
sanitaires publiques. Celles-ci s'approvisionnent principalement au niveau
des CAPP et dispensent des médicaments prescrits dans  le cadre de la prise
en charge des patients.

Le sous secteur pharmaceutique privé :

- Le privé à but non lucratif :

 Il est principalement constitué des formations sanitaires laïques et
confessionnelles (Catholiques, protestants et musulmans). Celles-ci sont
regroupées en Centrales ou en bureaux d'achats selon leur profession de foi
et s'approvisionnent à la CENAME ou à l'étranger par des importations
directes.  Des formations sanitaires non regroupées en Centrales ou en
Bureaux d'achats peuvent s'approvisionner auprès des CAPP de leur province.

- Le privé à but lucratif :

Il représente environ 70% du marché du médicament, avec  5 établissements de
fabrication locale dont un spécialisé dans la production des solutés massifs
(SIPP), un dans la production des formes sèches (CINPHARM) et trois autres
fabriquant des produits issus de la recherche sur les substances naturelles
locales (LABOTHERA, KAMSUKOM, AFRICAPHARM).

Une dizaine d'établissements de distribution en gros sont opérationnels,
parmi lesquels trois grandes structures assurent l'essentiel des
importations et de la distribution des produits pharmaceutiques (LABOREX,
CAMPHARM, PHARMACAM) qui approvisionnent  environ 310 officines de
pharmacie, tenues par des pharmaciens Camerounais.

Le secteur privé distribue principalement des spécialités pharmaceutiques et
une faible proportion de médicaments génériques. Plus de 90% des produits
sont importés, la production locale restant très  faible.

La répartition spatiale des officines de pharmacie montre une forte
concentration dans les zones urbaines principalement dans les 2 grandes
villes (Douala et Yaoundé). La localisation de ces officines à l'intérieur
des villes présente également un regroupement autour des centres commerciaux
sans rapport avec la répartition spatiale de la population.

Cet ensemble est régulé par la  Direction de la Pharmacie et du Médicament
qui est principalement chargée de :

- la mise en ouvre de la Politique Pharmaceutique Nationale,
- l'élaboration de la réglementation et des normes du secteur
pharmaceutique,
- le contrôle des approvisionnements,
- l'enregistrement des produits pharmaceutiques,
- l'inspection pharmaceutique,
- l'étude des dossiers de demandes d'agrément des établissements
pharmaceutiques en collaboration avec l'ordre des pharmaciens.

Pour l'activité d'enregistrement, la DPM s'appuie sur une commission
multidisciplinaire et un laboratoire de contrôle de qualité des médicaments
et d'expertise  (LANACOME).

 Bien que certains des organes de décision ne soient pas encore mis en
place, le LANACOME effectue déjà les essais physico-chimiques sur les
produits qu'il reçoit du Ministère de la Santé dans le cadre de l'
homologation et de l'inspection pharmaceutique, des diverses structures d'
approvisionnement en médicaments, et de tout autre intervenant dans le
domaine du médicament.


L'inspection pharmaceutique est assurée par des pharmaciens inspecteurs
nommés exerçant au niveau central et au niveau provincial, malgré la faible
disponibilité des ressources matérielles, financières et humaines d'une
part, et la faiblesse du cadre institutionnel d'autre part.

 A coté du Système National d'Approvisionnement ainsi décrit, se développe
malheureusement un marché  illicite de produits pharmaceutiques dont l'
impact sur l'économie et la santé des populations est loin d'être
négligeable. Ce marché est très diversifié et très étendu et les sources
sont variées.


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