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[e-med] Un système d'alerte pour garantir l'utilisation des financements du Fonds Mondial

AFRIQUE DE L OUEST : Un système d'alerte pour garantir l'utilisation des 
financements

ABUJA, le 16 septembre (IRIN) - Pour s'assurer de la bonne utilisation de 
ses subventions, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et 
le paludisme vient de se doter d'un système d'alerte précoce censé permettre 
une résolution rapide et sans dommage pour les populations des problèmes 
rencontrés par les Etats emprunteurs.

Ce mécanisme, baptisé 'système d'alerte et de réponse rapide' (EARS en 
anglais, pour 'Early Alert and Response System'), a pour but d'éviter aux 
pays bénéficiaires d'être privés de financement si des anomalies dans la 
gestion ou l'utilisation des fonds étaient découvertes par le Fonds mondial.

Il a été présenté officiellement à huit pays d'Afrique de l'ouest et du 
centre (Nigeria, Ghana, Liberia, Sierra-Leone, Gambie, Cameroun, Sao Tome et 
Principe et Guinée Equatoriale) lors d'une rencontre de trois jours qui 
s'est terminée vendredi à Abuja, la capitale du Nigeria.

Pour les responsables du Fonds, les difficultés rencontrées par les Etats 
bénéficiaires des subventions doivent être identifiées le plus tôt possible, 
afin d'éviter la suspension de l'aide et de préserver la crédibilité de 
l'organisme international de financement.

En janvier dernier, la Guinée a ainsi eu à subir les foudres du Fonds 
mondial qui avait interrompu ses subventions pour la lutte contre le sida et 
le paludisme, faute de justifications de l'utilisation des 1,3 millions de 
dollars accordés entre décembre 2003 et septembre 2004.

Bien que le Fonds continue de demander des 'éclaircissements' à Conakry, les 
problèmes se sont aplanis et l'on souhaite, de part et d'autre, éviter que 
cela ne se reproduise.

«Les partenaires [des Etats bénéficiaires des fonds] disposent d'un certain 
nombre de critères pour identifier les éventuels problèmes», a expliqué à 
PlusNews Mabingue Ngom, responsable de l'Afrique de l'Ouest et du centre au 
Fonds mondial.

«Une fois que les problèmes sont identifiés, le Fonds mondial prend contact 
avec le pays concerné», a ajouté M. Ngom. «Si les problèmes se confirment, 
un partenaire est alors choisi pour aider le pays à les résoudre : cela ne 
sert à rien de donner un avertissement s'il n'y a pas de processus 
d'accompagnement».

Ces problèmes peuvent aller d'un manque de transparence dans la gestion des 
fonds à des difficultés de gestion des achats et des stocks (de médicaments, 
de moustiquaires, etc) en passant par une non-utilisation des ressources 
allouées ou des retards dans les demandes de paiement.

Selon M. Ngom, la mise en place officielle du EARS, qui existait de manière 
informelle, aurait déjà permis au Fonds de 'demander des éclaircissements' à 
certains pays ouest-africains, qui en ont été informés.

Le Nigeria, le troisième pays le plus touché au monde en terme de nombre de 
personnes infectées, en fait partie, selon le Fonds mondial qui n'a pas 
souhaité donner plus de détails.

<b>Les partenaires doivent faire preuve de bonne volonté</b>

Pour ses responsables, le bon fonctionnement de ce mécanisme repose en 
grande partie sur la bonne volonté des partenaires des Etats, qu'ils 
s'agissent des organismes internationaux ou bilatéraux, des ONG, de la 
société civile ou du secteur privé.

«Pour que le système fonctionne, il faut donc un partenariat fort et 
suffisamment actif», a insisté M. Ngom. «En tant qu'organisme de 
financement, notre rôle est de mettre l'argent à disposition des pays et de 
leurs partenaires, qui ont ensuite le mandat, les moyens et la 
responsabilité de mettre en ouvre les programmes», a-t-il ajouté.

«Notre rôle n'est pas de régler les problèmes, mais nous pouvons faciliter 
leur résolution», a-t-il insisté.

Ce rôle, certains partenaires ont également des difficultés à l'assumer.

Sous couvert d'anonymat, l'un d'eux, présent à la réunion d'Abuja, a admis 
que des pays avaient des difficultés, et que celles-ci étaient clairement 
identifiées.

«Mais personne ne veut prendre la responsabilité de les dénoncer», a 
expliqué ce partenaire. «On a déjà vu des réunions où tout le monde fait 
semblant de ne pas comprendre pourquoi ça ne marche pas».

Parmi les problèmes fréquemment cités par ceux qui travaillent avec les 
Etats figurent notamment l'absence de volonté politique pour une mise en 
oeuvre des programmes, une forte corruption ou encore des conflits d'intérêt 
entre différents responsables.

Pourtant, selon M. Ngom, la mobilisation de nouvelles ressources pour la 
lutte contre ces épidémies et la réussite des programmes en cours dépendent 
de la capacité de tous à «faire leur travail et à prendre leurs 
responsabilités».

Entre sa création en 2001 et mai 2005, le Fonds a accordé près de 2,4 
milliards de dollars de financement à 125 pays, dont 56 pour cent ont été 
consacrés à la lutte contre le VIH/SIDA. L'Afrique sub-saharienne a reçu 
plus de 60 pour cent de ces subventions.

Selon les projections de l'organisme, les besoins en financements pour 
lutter contre les trois épidémies seront de 3,5 milliards de dollars en 2006 
et de 3,6 milliards en 2007.

Au terme d'une rencontre dans la capitale britannique les 5 et 6 septembre 
dernier, les bailleurs de fonds se sont engagés à verser quatre milliards de 
dollars au Fonds mondial, des ressources qui ne couvrent pas tous ses 
besoins financiers.

«On ne peut pas demander aux bailleurs de fonds de tenir leurs promesses de 
financement et d'intensifier leurs efforts si nous ne pouvons pas prouver 
que l'argent déjà versé est utilisé de manière correcte et effective», a 
plaidé Mabingue Ngom.

«Il ne faut pas que la mobilisation des ressources échoue à cause 
d'arguments tels que 'On ne savait pas'», a-t-il conclu. «On ne pourra plus 
dire 'On ne savait pas'». 



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