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[e-med] Selon la revue «Prescrire», les firmes qui investissent dans la promotion vendent plus.

Avec la pub, les médicaments se portent mieux
Selon la revue «Prescrire», les firmes qui investissent dans la promotion 
vendent plus.

Par Sandrine CABUT

lundi 05 septembre 2005 (Liberation - 06:00)

http://www.liberation.fr/page.php?Article=321307

Les médicaments ne sont pas des produits comme les autres, clament les 
firmes pharmaceutiques. Sous entendu, hors de question de les vendre comme 
une vulgaire lessive. N'empêche. La promotion des nouveautés est un facteur 
majeur de prescription, conclut une enquête du mensuel Prescrire de 
septembre. Peu surprenant, mais d'autant plus inquiétant que «seule une 
petite minorité de médicaments récemment mis sur le marché apporte des 
progrès thérapeutiques tangibles», dixit la revue professionnelle.

Lancement. Prescrire s'est appuyé sur deux études. La première, de 
l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), a 
analysé la pénétration des produits récents dans les prescriptions des 
médecins libéraux, comparativement aux investissements promotionnels au 
moment du lancement. Deux classes de médicaments très populaires, les 
antidépresseurs et les macrolides ­ des antibiotiques ­, ont été étudiées 
sur la période de fin 1992 à mi-1998. «Quel que soit le médicament étudié, 
le nombre de lignes prescrites par trimestre a été fortement corrélé à 
l'investissement promotionnel des firmes, rapporte Prescrire. A chaque 
action promotionnelle correspondait une augmentation du nombre de 
prescriptions des médecins, lequel nombre décroissait entre deux campagnes 
avec des courbes en dents de scie parallèles.»

La deuxième enquête, centrée sur les antihypertenseurs, enfonce le clou. 
Pour sa thèse de médecine générale, Oren Charbit a comparé l'évolution du 
chiffre d'affaires de plusieurs familles d'antihypertenseurs à celle des 
publicités dans les journaux médicaux (1). Verdict là aussi sans appel. 
Entre 1991 et 2001, la part des encarts pour les diurétiques ­ parmi ceux 
consacrés aux antihypertenseurs ­ a régressé de 15,5 % à 8,7 %. Et leur 
chiffre d'affaires a stagné : 1,016 milliard de francs (155 millions 
d'euros) en 1991, 998 millions de francs (152 millions d'euros) en 2001. 
Inversement, les antihypertenseurs de type «sartan» ont vu leur part 
d'encarts passer de 8,6 % en 1995 (commercialisation du premier sartan) à 
35,6 % en 2001. Le chiffre d'affaires de cette classe de médicaments a, lui, 
bondi de 43 millions de francs (6,56 millions d'euros) à 2,6 milliards de 
francs (400 millions d'euros). De quoi pousser les firmes à investir dans la 
promotion et l'information autour de leurs nouveautés. En 2001, elles y ont 
consacré 11 % de leur chiffre d'affaires, soit 2,2 milliards d'euros, 
rappelle la revue.

«Charte». Récemment, les entreprises du médicament, syndicats médicaux et 
représentants de l'Etat ont élaboré une «charte de la visite médicale» pour 
tenter de prévenir les multiples dérives. Le document stipule que les 
informations délivrées par le visiteur médical doivent être claires, 
actualisées et ne pas dénigrer les concurrents. Et que le représentant «n'a 
pas à proposer au médecin de cadeaux en nature ou en espèces, ni à répondre 
à d'éventuelles sollicitations dans ce domaine émanant du professionnel de 
santé».

(1) Les publicités pour les médicaments sur prescription médicale ne sont 
autorisées que dans la presse professionnelle, pas dans les médias grand 
public. 



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