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[e-med] Politique pharmaceutique au Cameroun

E-MED: Politique pharmaceutique au Cameroun
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Diagnostic - A maux couverts
Eveil et hoquets d'une politique nationale pharmaceutique
Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

17 Novembre 2003
Publié sur le web le 18 Novembre 2003

Depuis quelque temps, des officines de pharmacie ont fleuri dans les
principales agglomérations du pays, donnant fortement cette impression que
la couverture pharmaceutique est en nette augmentation au Cameroun.

C'est une manière de voir, somme toute empreinte de naïveté, un regard
superficiel de ceux-là qui pensent qu'il suffit de multiplier des points de
vente de molécules pour améliorer la santé des populations.
Tant s'en faut. Le problème est bien plus profond, et il n'est qu'à regarder
l'abandon dont fait l'objet le pays profond pour dire à quel point le chemin
est long pour que, enfin, on parle d'accessibilité et de disponibilité.
Accessibilité et disponibilité : deux mots clés qui résument pourtant la
politique pharmaceutique du Cameroun. Deux termes essentiels, pour traduire
l'éternel combat du ministère de la Santé publique dans un pays de 16
millions d'habitants environ qui, en 2003, compte encore moins de 1000
pharmaciens. N'empêche ! A la direction de la Pharmacie et du Médicament, on
continue de croire fermement en la "stratégie nationale de mise en oeuvre de
la politique nationale d'approvisionnement en dispositif, médicaments et
réactifs essentiels" dont les objectifs sont, entre autres, "rendre
disponible et accessible le médicament essentiel à la majorité des couches
de la population, promouvoir l'usage rationnel des médicaments essentiels,
mettre en valeur le potentiel des ressources locales". Adoptée le 7 juin
2002, cette politique préconise l'utilisation maximale des médicaments
génériques en Dci (Dénomination commune internationale) de qualité et
traçable (voir définition du médicament, page 9).

Le secteur pharmaceutique au Cameroun, aujourd'hui, présente toutes les
étapes, depuis la fabrication jusqu'à la dispensation au détail, dans une
chaîne de distribution qui regroupe le secteur public, le secteur privé à
but non lucratif, et le privé à but lucratif, soit, au total 80 milliards de
part de marché pour l'ensemble des acteurs du médicament au Cameroun,
d'après le directeur de la Pharmacie et du Médicament, Dr Ndo Jean-Rollin
Bertrand. Si on estime que ce chiffre représente la valeur du marché local à
la vente, on situe cependant le potentiel à quelque 60 milliards de Fcfa
environ à l'achat. Ce qui laisse deviner les marges de bénéfices que se
partagent la Cename (Centrale nationale d'approvisionnement en médicaments
essentiels) et autres les grossistes-répartiteurs. En réalité, un marché
colossal, qui justifie les batailles pas si feutrés que ça entre les
différents acteurs dont le souci n'est que de se faire de l'argent à tout
prix, parfois au détriment de la santé des populations. On sait aujourd'hui
à quoi a conduit la libéralisation des prix intervenue entre 1998 et 2000
Le gouvernement a dû intervenir afin que les prix de médicaments soient à
nouveau soumis à une homologation préalable. Un nouveau système de
tarification arrêté en novembre 2001 allait permettre de réaliser des
baisses de 42% sur les coûts pratiqués.

Tarification
En fait, le marché du médicament au  Cameroun est à l'image de tous les
autres  secteurs des " affaires " : on y rencontre un peu de tout. Des
professionnels dévoués, des hommes d'affaires véreux, des démarcheurs de la
santé, des débrouillards
Difficile de dire réellement combien de sociétés, à ce jour, opèrent comme
grossistes-répartiteurs. Quinze, d'après le directeur de la Pharmacie et du
Médicament au Minsanté, quarante neuf, d'après les sources proches de
l'Ordre des national des pharmaciens. En réalité, moins de dix opèrent en
toute légalité et dans la transparence. " En voulant libéraliser le secteur,
on a semé le désordre ", précisent ces mêmes sources, pour qui " des
agréments ont été octroyés à des entreprises sans assise financière réelle
".
Pourtant, assure le Dr. Ndo Jean-Rollin Bertrand, "on peut assurer la
disponibilité du médicament au Cameroun avec cinq grossistes. Il faudrait
juste organiser la distribution". Reconnaissance implicite du désordre
inutile qui règne dans le secteur et pour lequel le Minsanté semble
impuissant, se contentant de quelques mesures ponctuelles, certes généreuses
(liste des médicaments essentiels, tarification, homologation ). Mais tout
cela semble bien insuffisant pour ramener la sérénité et insuffler une
véritable baisse des coups, dans un secteur où les mastodontes de la
distribution dictent leurs lois.

Il est vrai, comme le soutient encore le directeur de la Pharmacie, "il y
aura toujours une bonne partie de la population qui ne pourra pas s'acheter
tous les médicaments sur une ordonnance". Quel que soit le bout par lequel
on prend cette affirmation du Dr Ndo, (paupérisation généralisée ou
insuffisance politique), cela traduit, tout de même, l'immensité du chemin à
parcourir. Au Minsanté, les espoirs sont désormais suspendus à cette étude
lancée l'année dernière par le ministre Urbain Olanguena et déjà "en attente
de validation", qui permettrait d'élaborer un système de tarification
crédible et surtout convenable au niveau de vie des populations. On va
sélectionner, indique le directeur de la pharmacie, "30 médicaments
essentiels (sur la liste des 150 que publie chaque année le Minsanté, Ndlr)
qui vont être subventionnés " Vaste programme donc que cette " Etude sur
l'accessibilité au médicament et les déterminants de recours aux soins ",
dont il faut cependant se garder de croire qu'elle sera la panacée au
problème de disponibilité - accessibilité du médicament au Cameroun. En
effet.

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Cename : l'essentiel est sauf, mais l'unique prestataire du secteur public
règne en maître sur le marché du générique.

Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

17 Novembre 2003
Publié sur le web le 18 Novembre 2003

C'est peut-être sans prétention que le directeur de la Cename (Centrale
nationale  d'approvisionnement en médicaments essentiels), le Dr Ousoumanou
Taousse affirme que sa structure occupe "au moins 60% du volume global des
stocks de médicaments disponibles sur le territoire, et réalise 30 à 35% de
la valeur financière de ces médicaments".

Autrement dit, " avec peu d'argent, on a beaucoup de médicaments, alors que
de l'autre côté (privé lucratif, Ndlr), on a beaucoup d'argent et peu de
médicament". Traduction, " La Cename fait du social ". Il est donc clair que
la Cename ne fait pas de bénéfice. En principe. On se serait même attendu,
avec ses multiples subventions, qu'elle dispose réellement au franc
symbolique le médicament directement au malade. Mais le coût du médicament
essentiel, quoi qu'on dise, reste élevé et pas toujours géographiquement
accessible pour le Camerounais moyen.

Structure d'achat et d'approvisionnement, la Cename a été créée en 1996
suite à une convention tripartite Cameroun-Union eupéenne-Royaume de
Belgique avec pour mission de " mettre à la disposition des populations
camerounaises en général et les plus démunis en particulier, des médicaments
de qualité sûre et accessible, financièrement et géographiquement ".
Initialement créée pour évoluer vers une société d'économie mixte au bout de
quatre ans, la Cename continue de garder, après deux prorogations, un statut
pour le moins ambigu de " projet ". Un gigantesque projet de plusieurs
milliards de Fcfa qui a fait du médicament essentiel générique son principal
fonds de commerce. Un chiffre d'affaires de 1,18 milliards de FCfa en 1999,
un an après son lancement, et 6 milliards de FCfa en 2003.

Antirétroviraux

La Cename vend aux formations sanitaires publiques et aux associations à but
non lucratif. Son réseau de distribution repose essentiellement sur les Capp
(Centres d'approvisionnement pharmaceutique provinciaux) basés dans les dix
provinces et chargés d'approvisionner le secteur public (Hôpitaux centraux,
hôpitaux provinciaux, centres de santé, districts de santé ) dans le cadre
du recouvrement des coûts. Elle applique une marge de 20% - sauf pour les
ARV - tandis que les Capp appliquent une marge de 36% (20% pour les
solutés). Au bout de la chaîne, les formations sanitaires qui revendent aux
patients avec une marge de 15%.

La Cename distribue aussi au secteur privé à but non lucratif (réseau des
hôpitaux catholiques, évangéliques, presbytériens, Ong ).

Seules les structures du secteur privé à but lucratif n'entrent pas - pour
l'instant - dans ses schémas de distribution. Et pour cause : " la Cename
reste la seule structure qui offre le meilleur rapport qualité-prix. Nous
n'attendons pas livrer des médicaments très moins chers aux privés pour
qu'ils aillent fixer les marges qu'il veulent ", s'en défend Ousmane
Taousse. Allusion faite sans doute à une proposition récente du secteur
privé qui voulait s'approvisionner à la Cename. Les discussions achoppaient
sur une liste de douze produits, et il n'y a que peu de chance qu'elles
aboutissent. En fait, ce n'est pas tant le marché du générique (il
représente 99% des stock de la Cename) qui intéresse les pharmaciens que
celui des anti-rétro-viraux (sur lequel la Cename détient encore le
monopole) qui offrirait de très grosses marges de bénéfice. Et Oussoumanou
Taousse de se dresser, énergique : " Ce n'est pas dans l'intérêt du privé de
faire des Arv aujourd'hui. Ce sont des produits largement subventionnés par
l'Etat dans un but social. Le privé à but lucratif cherche tout simplement à
gagner de l'argent ". Et pan ! Les pharmaciens et autres promoteurs privés
du générique apprécieront

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Générique : à dose homéopathique, une voie salutaire pourtant malmenée dans
les réseaux de distribution

Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

17 Novembre 2003
Publié sur le web le 18 Novembre 2003

Lorsqu'on demande à un pharmacien pourquoi il n'introduit pas de générique
dans son stock, il répond tout de go, " les marges de bénéfices sont faibles
et les clients n'en veulent pas ". Réplique sommaire devenue le leitmotiv de
ces professionnels de la santé rendus esclaves du profit. Et quels
commerçants ! Il a été prouvé dans une étude récente menée par un cadre de
la Compagnie camerounaise pharmaceutique, l'une des rares entreprises à
s'engager sur la voie du générique au Cameroun, que " les marges de
médicament générique sont en moyenne de 100% pour les pharmaciens contre 20%
pour les médicaments non-génériques ". De plus, "le renchérissement des
coûts est synonyme de réduction de l'accessibilité, ce qui signifie aussi,
réduction du nombre de patient en officine ". L'idée, en son temps, provoqua
une onde de choc auprès des pharmaciens, suscitant, tout au moins une prise
de conscience, où il a été démontré que le générique souffre encore d'un
problème d'information au Cameroun.

Pourtant il permet, d'après le Dr Oussoumanou Taousse, directeur de la
Cename, " de traiter jusqu'à 85% des pathologies ". Et le Dr Ndo de
renchérir, " Il ne s'agit pas de sous-médicament. C'est sur ces médicaments
qu'il faut renforcer l'assurance de qualité ". Pour sûr, cela leur
donnerait, assurément, un peu plus de visibilité. Va pour le discours
officiel. Dans la pratique, les choses sont encore perçues différemment.
Sans doute abasourdis par le choc de la dévaluation du Fcfa en 1994 et
soucieux de vite faire du bénéfice, les pharmaciens d'officine ont encore du
mal à intégrer le générique dans leur offre.
Pourtant, il est établi que l'efficacité du traitement est semblable, seul
le prix du médicament est différent.
[...]

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Dr Pierre Sopngwi : donnons la chance au générique


Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

INTERVIEW
17 Novembre 2003
Publié sur le web le 18 Novembre 2003

Propos recueillis par Roger A. Taakam

Pharmacien et acteur de la distribution, il propose des solutions
avantageuses à la fois pour le patient et le vendeur.

La politique pharmaceutique telle que mise en oeuvre par le Minsanté
garantit-elle, à votre avis, l'accessibilité et la disponibilité du
médicament sur l'ensemble du territoire ?

La politique pharmaceutique nationale offre une garantie réelle sur
l'accessibilité et la disponibilité ; toutefois, il est important de
renforcer les contrôles pour un respect des règles. Une transparence et une
application rigoureuse de politique nationale rendront le médicament
disponible et accessible. Le secteur public, à travers la Cename et les
Capp, est présent dans les dix provinces. Les modes de distribution et de
calcul des prix au malade sont connus. Le secteur Privé comporte un puissant
réseau de distribution avec environ sept grossistes et 400 pharmacies. On
pourrait également ajouter le secteur confessionnel. Les problèmes de
disponibilité et d'accessibilité se trouvent dans les modes de
fonctionnement des deux secteurs (privé et public).

De quel poids pèse le secteur privé dans la distribution du médicament
générique au Cameroun ?

Une précision pour commencer : les médicaments génériques sont des
médicaments vendus sous Dci (Dénomination commune internationale). Les
médicaments vendus sous nom de marque (Brand Name) ne sont pas concernés.

Le secteur privé représente malheureusement 30 % environ des parts du
marché. Le Leader incontesté reste évidemment la Cename. Le secteur privé
est entrain de s'organiser de manière à établir une complémentarité
équilibrée. La tendance mondiale (France, Usa, Angleterre, Allemagne)
obligera le secteur à mieux s'organiser pour rendre le médicament générique
disponible et accessible.

Actuellement les nouvelles sociétés agréées dans la distribution comme la
Compagnie camerounaise pharmaceutique (Ccp) sont spécialisées dans la
distribution des médicaments génériques de qualité. On lui reconnaît une
organisation structurelle et financière capable d'introduire facilement, et
dans un délai très court, le générique dans le secteur privé à travers les
10 provinces. Pourquoi penser que les solutions viendront forcément
d'ailleurs ? Je pense que la politique nationale pharmaceutique ne sera
efficace que s'il y a une parfaite complémentarité entre le public et le
privé.

Certains types de médicaments (comme les ARV) échappent au contrôle du
privé, comment appréciez-vous cette situation?

Concernant les Arv (antiretroviraux), le secteur Privé va engager des
négociations avec le Cnls (Comité national de lutte contre le Sida) pour
intervenir dans la distribution de ces produits. L'importance de
l'environnement psychologique du malade est un facteur déterminant dans la
prise en charge des Pvvs (Personnes vivants avec le Vih-sida, Ndlr). Ainsi,
les " tabous sociaux " bloquent certains malades qui, parfois, refusent les
traitements. Pour certains, (environ 20-30 %) la confidentialité au cours du
traitement doit être absolument assurée.
Le secteur privé peut bien assurer une bonne complémentarité avec des marges
extrêmement faibles, voire nulles. Dans les prochains mois, le secteur Privé
en négociation avec le Cnls mettra en place des Arv. La prise en charge par
exemple de 100.000 patients impose rigueur et organisation et sur ce point
le secteur privé pourra apporter son expérience et sa puissance de
distribution.

Vous parlez d'un secteur qui ne brille pas toujours par son
professionnalisme. La multiplicité des entreprises de distribution est-elle
un handicap ou un atout pour l'accessibilité du médicament au Cameroun ?

La multiplicité des entreprises de distribution sera toujours un atout pour
la disponibilité et l'accessibilité des médicaments au Cameroun.
Par contre, il est urgent de vérifier que ces entreprises fonctionnent et
qu'elles ne sont pas utilisées par d'autres personnes comme prête-nom. Une
société de distribution doit avoir au minimum un magasin de stockage avec
une localisation parfaite.

Que faire pour rendre le médicament moins cher ?

Le Médicament générique est disponible et accessible. Le handicap majeur
reste l'information. C'est-à-dire la promotion du générique. Il y a une
méfiance exagérée car ces médicaments ont du mal à rentrer dans les moeurs
au moment où la tendance mondiale est à l'utilisation des génériques. 95 %
des produits vendus dans le privé sont génériquables avec le prix inférieur
de 30 à 70 %. On peut déjà penser qu'une consommation effective dans le
privé réduira énormément le prix, et rendra de fait les médicaments
accessibles.
Au niveau du ministère de la Santé, on a pris des mesures incitatives.
Par exemple, la substitution : le remplacement d'une spécialité ou produit
de marque par un générique (Dci) est possible mais n'est pas encore rentré
dans les habitudes des pharmaciens et médecins. De plus, le patient n'est
pas assez informé sur les médicaments génériques.

La mise en place par la Direction de la pharmacie et du médicament d'une
politique d'enregistrement rapide des médicaments génériques.

Au Cameroun, contrairement aux autres pays de la zone CFA, il y a des
distributeurs privés spécialisés dans le médicament générique.
La forte promotion et une implication des médecins et pharmaciens sont les
conditions nécessaires pour rendre le médicament moins cher.

Peut-on tuer l'informel ?

Oui, on peut tuer l'informel ou tout du moins le réduire à une proposition
insignifiante. Les contrôles à l'entrée des produits et les contrôles dans
les circuits de distribution sont nécessaires.

Certaines sources du Remed (Réseau médicament et développement) pensent que
le secteur informel représente 22 % des parts du marché. C'est très énorme
et ce taux menace l'équilibre entre le privé et le public. Peut-on vraiment
définir l'informel ? Si on pense que l'informel est l'importation illicite
(par des personnes non agrées) on pourrait penser qu'une action rigoureuse à
l'entrée (douane) pourrait réduire le phénomène. Le ministère de la Santé a
pris des mesures pour s'assurer un contrôle efficace de médicament à
l'entée. La perméabilité de notre frontière avec le Nigeria ne permet pas
également de combattre facilement ce phénomène.

Au niveau interne, on devrait instaurer une transparence parfaite au niveau
de toutes les structures (publiques et privées) car le taux de 22 % est
énorme et permet de penser que les stocks provenant du circuit informel sont
vendus " légalement " dans le circuit formel. A ce niveau plusieurs
questions se posent, qui interpellent tous les acteurs :
Peut-on assurer une parfaite transparence au niveau des importateurs de
médicament et au niveau des distributeurs ? Ce stock de l'informel est-elle
de bonne qualité et bien conservé ? Les stocks de l'informel sont-ils
uniquement écoulés dans la rue ? Peut-on établir une traçabilité parfaite
des médicaments circulant dans le secteur formel ?

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