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E-MED: Le HCR plaide pour les réfugiés dans les stratégies anti-SIDA
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Le HCR plaide pour les réfugiés dans les stratégies anti-SIDA
Par Anaclet Rwegayura
Un des envoyés spéciaux de la PANA

Maputo, Mozambique (PANA) -  Le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés,
Ruud Lubbers, a plaidé pour une prise en compte spécifique des réfugiés dans
les stratégies nationales de lutte contre le VIH/SIDA.

M. Lubbers, un ancien Premier ministre des Pays-Bas, soutient que les
réfugiés "ne doivent être ni blâmés pour la pandémie du VIH/SIDA ni ignorés
dans le cadre de la lutte contre ce fléau" comme c'est le cas dans plusieurs
pays avec d'importantes populations de réfugiés.

Dans un compte-rendu distribué à la réunion des chefs d'Etat et de
gouvernement de l'Union africaine (UA) à Maputo, au Mozambique, M. Lubbers a
déclaré que les 20 millions de réfugiés dans le monde ne sont pas la cause
de la pandémie catastrophique du VIH/SIDA.

"Ils sont cependant, inextricablement liés à tout effort couronné de succès
dans la lutte contre cette maladie dévastatrice dans les pays d'accueil",
a-t-il ajouté.

M. Lubbers a qualifié l'exclusion des populations de réfugiés des stratégies
nationales de lutte contre le VIH/SIDA de "situation malheureuse".

Par exemple, les plans stratégiques du Kenya, de la Tanzanie ou de
l'Ouganda, a-t-il fait remarquer, "ne mentionnent ou ne font que brièvement
référence à eux" alors que ces pays abritent plus de 900.000 réfugiés, une
population beaucoup trop importante pour être ignorée.

Puisque les réfugiés et les communautés environnantes agissent
réciproquement les uns sur les autres, a indiqué M. Lubbers, "il nous faut
des programmes nationaux qui couvrent les deux groupes".

Le HCR et ses partenaires peuvent apporter un soutien en accordant des
financements limités, du personnel et une expertise technique, a-t-il dit.

Une solution pour les gouvernements d'accueil est d'inclure les réfugiés
dans leurs propositions de demandes d'aide aux institutions de financement
telles que le Fonds mondial et la Banque mondiale. Peu d'entre eux l'ont
fait, ce qui a rendu leur lutte nationale contre cette maladie beaucoup
moins efficace.

En outre, l'élaboration de stratégies intégrées de lutte contre le VIH/SIDA
bénéficiera d'un énorme élan si les gouvernements donateurs assouplissent
les restrictions actuelles sur les financements, afin que les fonds puissent
être utilisés de manière plus flexible pour mettre sur pied des programmes
de lutte contre le VIH/SIDA aussi bien pour les réfugiés que les communautés
locales.

Selon le HCR, ceci est actuellement réalisé en Ouganda où une stratégie
d'autosuffisance a permis de nombreuses activités dansle domaine de la lutte
contre le VIH/SIDA, comme le dépistage volontaire et l'assistance.

Le financement insuffisant du HCR et des autres organisations qui
travaillent avec les réfugiés affecte gravement les programmes de lutte
contre le VIH/SIDA pour les personnes déplacées et les populations
environnantes utilisant les mêmes services.

Les services sanitaires du HCR destinés aux jeunes parmi les réfugiés au
Kenya, en Tanzanie, en Ouganda, en Zambie et en Afrique du Sud ont été
réduits ou fermés faute de fonds.

Dans un monde d'hostilité croissante envers les demandeurs d'asile, il y a
trop perceptions fausses sur les réfugiés et le VIH/SIDA.

Selon M. Lubbers, une de ces idées fausses a récemment été exprimée par une
ressortissante kényane vivant près d'un camp de réfugiés tentaculaire. "Nous
n'avons pas le SIDA. C'est pour les réfugiés", a déclaré cette femme en
parlant de ses compatriotes kényans.

De tels sentiments ne sont pas seulement exprimés par les résidents locaux,
mais aussi par les hommes politiques, une certaine presse et même des agents
de l'aide humanitaire.

En réalité, a affirmé M. Lubbers, "les taux de VIH sont souvent plus bas
dans les camps de réfugiés que parmi les populations environnantes".

Une nouvelle étude a montré que la perception générale selon laquelle les
réfugiés apportent le VIH/SIDA dans le pays d'asile et transmettent à la
population d'accueil est fausse et discriminatoire.

Au cours des deux dernières années, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR)
et ses partenaires ont mesuré la prévalence du VIH parmi les femmes
enceintes dans plus de 20 camps abritant environ 800.000 réfugiés au Kenya,
au Rwanda, au Soudan et en Tanzanie.

"Nous avons trouvé que les populations de réfugiés dans trois des quatre
pays étudiés ont en fait des taux de prévalence du VIH plus bas que ceux des
communautés d'accueil environnantes. Dans le quatrième, les réfugiés et la
communauté d'accueil présentaient des taux comparables", a indiqué M.
Lubbers.

Dans le Nord du Kenya, par exemple, le taux de prévalence du VIH parmi les
réfugiés est de 5% contre 18% dans la population environnante.

M. Lubbers a insisté sur le fait que ces données doivent contribuer à
dissiper le mythe qui veut que les réfugiés exacerbent la pandémie du
VIH/SIDA dans la plupart des pays d'accueil.

Le patron du HCR a souligné qu'il ne s'agit pas de dire que le VIH/SIDA
n'est pas un sérieux problème pour les réfugiés. "C'est particulièrement un
problème pour les femmes et les adolescents vulnérables qui sont davantage
exposés à contracter le VIH en raison de la pauvreté, de l'impuissance, de
l'instabilité sociale et des abus sexuels", a-t-il ajouté.

M. Lubbers a invité la communauté internationale à adopter une approche plus
novatrice et plus large pour lutter contre la pandémie du VIH/SIDA à travers
les frontières internationales.

Les récents conflits en Côte d'Ivoire et au Liberia, par exemple,  ont vu
les réfugiés traverser plusieurs frontières en Afrique de l'Ouest.

"Bien qu'il existe plusieurs initiatives sous-régionales pouvant résoudre ce
problème, il leur faut davantage de soutien international", a encore dit le
Haut-Commissaire aux réfugiés.

Lors de sa visite en Afrique du Sud, le président américain George W. Bush a
souligné que l'Afrique a la volonté de lutter contre le VIH/SIDA, mais pas
les ressources et a réaffirmé sa promesse de 15 milliards de dollars pour
lutter contre ce fléau mondial.

Maputo - 11/07/2003

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