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[e-med] De la fabrication et de l'importation d'ARV au Kenya

E-MED: De la fabrication et de l'importation d'ARV au Kenya
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[Modérateur: extrait de la revue de presse Infoaction réalisée par Olivier
Jablonsky, Act Up Paris.CB]

Le Kenya a les pilules. Maintenant la difficulté, c'est de les fournir aux
séropositifs

[Les activistes se préparent à demander en justice la permission pour le
Kenya de fabriquer et d'importer des antirétroviraux génériques.]
Rory Carroll à Nairobi
LE 21 mai 2003
The Guardian
(traduction Elisabeth Chamorand pour Infoaction)

Il n'y a pas de serrure sur la porte, pas de phalange de gardes, pas
d'obstacle visible à ce que les médicaments quittent la pièce vitrée que les
laborantins appellent une "pièce de stabilité". Les pilules sont dans de
petites boites blanches qui portent des étiquettes comme lamivudine,
zidovudine et efavirenz, des appelations techniques qui dissimulent le fait
que ces comprimés représentent la vie.
Prenez-les à la fois, et si vous avez le sida, vous pouvez retarder la mort
pendant des années. Des millions d'Africains ont le virus, mais pas les
pilules. A un jet de pierre du labo, le sida décime des communautés,
pourtant ces pilules ne peuvent pas quitter la pièce.

On est à Nairobi, l'usine est Kenyane et une toile tissée par les géants
puissants de la pharmacie entoure ses labos, et force les médicaments contre
le sida à rester dans la pièce. Pour l'Afrique, les faire sortir serait un
évènement marquant dans le combat pour contrôler la pandémie.

Deux choses sont en train de se passer qui pourraient défaire cette toile.
Les activistes se préparent à demander en justice la permission pour le
Kenya de fabriquer et d'importer des antirétroviraux génériques. Et les
usines de Nairobi sont en train d'augmenter leur capacité de produire leurs
propres médicaments bon marché dans l'attente de ce procès qui sera
remporté.

Depuis des décennies, des entreprises africaines produisent des copies
génériques d'antibiotiques et autres médicaments et versent des royalties
aux compagnies occidentales qui ont développé et breveté les formules. Les
prix ont dégringolé au point qu'ils sont abordables pour les pauvres.

Mais cela ne s'est pas passé ainsi pour le sida. Les compagnies occidentales
craignant de voir leurs profits et leur part de marché se réduire, ont
refusé d'autoriser des copies génériques des médicaments appelés
antirétroviraux(ARV).

Mais dans les labos des fabricants de Nairobi, comme Cosmos, on sent qu'un
changement est proche. En suivant les directives de l'Organisation mondiale
de la santé, ils ont copié avec succès les médicaments de marque contre le
sida, les ont enregistrés auprès des autorités compétentes de la santé, ont
imprimé des étiquettes pour les boites et les ont rangés dans la pièce de
stabilité. Selon la réglementation internationale sur les brevets, c'est là
qu'ils doivent rester jusqu'à ce que les fabricants obtiennent une licence.
"Rien ne m'empêche de produire en grande quantité. Nous avons l'expertise,
l'accès aux matières premières, l'enregistrement" dit Prakash Patel, le
président et directeur général. "Avant la fin de l'année, nous allons
produire des ARV. Je pense que nous serons les premiers en Afrique à en
produire." [Au Bénin, Pharmaquick produit déjà. Olivier]

Ce défi lancé par le Dr Patel reflète la confiance grandissante que les
multinationales ne bloqueront pas la production de génériques africains. Un
autre labo de Nairobi, Laboratory and Allied, a aussi dit qu'il pourrait se
mettre aux antirétroviraux en quelques semaines

Cet optimisme provient d'une série de victoires remportées durant les
dernières semaines qui ont affirmé le droit de pays confrontés à des crises
sanitaires dans le tiers monde de ne pas tenir comppte des droits de
propriété intellectuelle et d'octroyer ce qu'on appelle des licences
obligatoires pour produire ou importer des médicaments génériques.

Des pays comme la Grande Bretagne octroient des licences obligatoires de
temps en temps et procure des médicaments moins chers au service de santé
national, mais les pays africains ont hésité: les géants de l'industrie
pharmaceutique ont des amis à Washington et dans d'autres capitales qui
peuvent retirer leurs investissempents et leurs concessions commerciales de
pays africains trop sûrs d'eux.

Mais une telle menace s'est maintenant dissipée. La déclaration de Doha a
affirmé que les pays en développement pouvaient produire ou importer des
génériques. Même le Président Bush veut des médicaments moins chers en
Afrique. [ cÕest un peu rapide comme commentaire. Ce qui a été acquis à Doha
n'est pas encore réglé, puisque cela bloque au niveau de l'exportation de
produits génériques à destination de pays qui nÕont pas la capacité de
fabrication. Olivier]

Cependant, l'industrie pharmaceutique est passée à la contre offensive en
réduisant les prix des médicaments de marque, en prévenant les ministres de
la santé que des programmes nationaux de traitement des séropositifs
seraient ruineux pour leurs budgets, et en décrivant les génériques comme
des médicaments peu sûrs.

John Musunga, le directeur commercial de GlaxoSmithKline à Nairobi, dit que
la firme ne projetait pas de bloquer les génériques, pourtant sur le mur de
son bureau était décrite la stratégie qui préconisait apparemment la
"promotion du doute" à propos des génériques. Monsieur Musunga a aussi
rejeté l'accusation que l'industrie exerçait des pressions sur le
gouvernement Kenyan.

Il y a deux ans, un amendement qui protégeait les brevets, s'était glissé
dans la législation Kenyane. Après les protestations, il fut enlevé. The
Guardian a obtenu une lettre de Kaplan & Stratton, un cabinet d'avocats de
Nairobi, envoyée au service de la propriété industrielle exigeant un
amendement pour un client qui n'était pas nommé.

Mais la dynamique conduisant à la production de génériques est lancée. Le
Consumer Project on Technology(CpTech), un groupe à but non lucratif fondé
par le candidat radical des E.U., Ralph Nader, montre à des groupes en
Afrique du Sud, au Ghana, en Ouganda et au Kenya comment préparer des
demandes de licences obligatoires.

Le projet consiste à rassurer les gouvernements africains que le climat
international a changé. Ils ne gagneront pas seulement des prix plus bas,
mais un approvisionnement plus durable adapté à l'Afrique comme des pilules
contenant trois médicaments en un. Le Kenya semble être le pays qui avance
le plus vite, certains responsables soutiennent l'initiative avec
enthousiasme.

le premier procès en Afrique va avoir un effet fantastique sur les autres
pays africains. Si c'est une décision positive, ils s'en inspireront, elle
causera un effet de dominos" dit James Love de CpTech." Nous devrions
réussir au Kenya. Ce serait un crime contre les malades si nous échouions.

Dans le plus grand taudis de Nairobi, Kibera, les gens attendent. Médecins
sans Frontières a choisi les candidats pour le traitement antirétroviral,
des gens comme Kevin Wanjala, 11 ans qui est né avec le sida et qui est
malade continuellement.

Timide et petit pour son âge, il était le premier de sa classe dans son
cours favori, l'anglais, avant d'abandonner l'école à cause de la maladie.
"Qunad je serai grand, j'aimerais être mécanicien", dit-il. Kevin est proche
du stade le plus avancé du sida, dit Florence Clanya, une infirmière de
MSF.. Sans médicaments, il ne va pas vivre deux ans.

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[Activists are preparing a legal challenge to allow Kenya to make and
import generic Aids drugs]


Africa's Aids drugs trapped in the laboratory
http://www.guardian.co.uk/international/story/0,3604,960106,00.html
Kenya has the pills. Now the fight is on to get them to the people

Rory Carroll in Nairobi
Wednesday May 21, 2003
The Guardian

There is no lock on the door, no phalanx of guards, no visible impediment
to the drugs leaving the glass chamber that the laboratory technicians call
a "stability room". The pills come in little white boxes with labels such
as lamivudine, zidovudine and efavirenz, technical names disguising the
fact that these tablets are the stuff of life. Take them together and if
you have HIV you can stave off death for years. Millions in Africa have the
virus but not the pills. A stone's throw from the laboratory Aids is wiping
out communities, yet these pills cannot leave the stability room.

This is Nairobi, the factory is Kenyan, and a web of influence spun by the
world's pharmaceutical giants encloses its labs, ensuring the Aids drugs
stay inside. For Africa, getting them out would be a milestone in
controlling the pandemic.

Two things are happening which could untangle the web. Activists are
preparing a legal challenge to allow Kenya to make and import generic Aids
drugs. And Nairobi's factories are boosting their capacity to make their
own cheap drugs in expectation of that court victory.

For decades, African companies have produced generic copies of antibiotics
and other drugs, paying royalties to those western companies which
developed and patented the formulas. Prices tumbled, making them affordable
to the poor.

But that has not happened with Aids. The western companies, fearing for
profits and market share, have refused permission for generic copies of
drugs known as anti-retrovirals (ARVs).

But in the labs of Nairobi manufacturers such as Cosmos they sense change
coming. Following World Health Organisation guidelines, they have
successfully copied branded Aids drugs, registered them with health
authorities, printed labels for the boxes and stored them in the stability
room. Under international patent law, there they must stay unless the
makers obtain a licence.

"There is nothing preventing me mass producing. We have the expertise, the
access to raw materials, the registration," said Prakash Patel, Cosmos's
chairman and managing director. "By the end of the year we will be
producing. I think we will be the first to produce ARVs in Africa."

Dr Patel's boast reflects swelling confidence that the multinationals will
not block African generics. Another Nairobi firm, Laboratory & Allied, also
said it could switch to ARVs within weeks.

That optimism stems from a series of victories in recent years which
asserted the right of countries facing public health emergencies in the
developing world to override intellectual property rights by issuing what
is called a compulsory licence to make or import generic drugs.

Countries such as Britain issue compulsory licences occasionally, giving
the NHS cheaper drugs, but African states have hesitated: the drug giants
have friends in Washington and other capitals who can withdraw investment
and trade concessions from uppity African states.

But such a threat has now receded. The World Trade Organisation's Doha
declaration said that developing-world countries could make or import
generics. Even President Bush wants cheaper drugs for Africa.

Yet the drugs industry is fighting back, by cutting prices of branded
drugs, warning health ministers that national treatment programmes would
bankrupt their budgets, and depicting generics as unsafe.

John Musunga, commercial director of GlaxoSmithKline's Nairobi office, said
the firm had no plan to stop generics, yet pinned on his wall was a
strategy apparently advocating the "promotion of doubt" of generics. Mr
Musunga also rejected claims that the industry exerted improper influence
over the Kenyan government.

Two years ago, an amendment protecting patents was slipped into Kenyan
legislation. After an outcry it was removed. The Guardian has obtained a
letter from Kaplan & Stratton, a Nairobi legal firm, to the Kenya
industrial property office, requesting an amendment for an unnamed client..

But the momentum towards African generics is growing. The Consumer Project
on Technology (CPTech), a not-for-profit group started by the radical
American campaigner Ralph Nader, is coaching groups in South Africa, Ghana,
Uganda and Kenya to mount legal bids for compulsory licences.

The plan is to reassure African governments that the international climate
has changed. The prize is not just lower prices, but more sustainable
supplies suited to Africa, such as all-in-one pills. Kenya seems to be
moving fastest, with some government officials enthusiastically backing the
initiative.

"The first case you get in Africa is going to have a huge effect on other
African countries. If it's a positive decision they'll look to that, it'll
have a domino effect," said James Love, of CPTech. "We should succeed in
Kenya. It would be a crime against patients if we don't succeed."

In Nairobi's biggest slum, Kibera, they are waiting. Médecins Sans
Frontières has identified candidates for ARVs, people such as Kevin
Wanjala, 11, who was born with HIV and has been chronically sick.

Shy and small for his age, he was at the top of his class in his favourite
subject, English, before dropping out due to illness. "When I grow up I'd
like to be a car mechanic," he says. Kevin is nearing full-blown Aids, said
Florence Olanya, an MSF nurse. Without drugs he is unlikely to last two
years.


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