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[e-med] Débats sur les médicaments au Sénégal

E-MED: Débats sur les médicaments au Sénégal
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L'ordre des pharmaciens : le temps de se prendre en main

Sud Quotidien (Dakar)
12 Mai 2003
Publié sur le web le 13 Mai 2003

Véronique Jampy (stagiaire)

L'Ordre national des Pharmaciens du Sénégal et la Section Pharmacie de la
Faculté de médecine, de Pharmacie et d'Odonto-Stomatologie ont organisé,
samedi 10 mai, la troisième Journée de l'Ordre et la Première Journée de la
Section Pharmacie de l'UCAD.

Le thème de la journée, qui s'est déroulée à la Faculté de Médecine, de
pharmacie et d'Odonto-Stomatologie de Dakar, était le pharmacien face aux
défis du NEPAD.

Les médecins mais surtout les pharmaciens étaient réunis, ce samedi à
l'amphithéâtre de la Faculté de Médecine de l'Université de Dakar pour
discuter ensemble de l'avenir de la corporation.

" Le Nepad change les données. Nous devons prendre notre futur en mains " a
déclaré le président de l'ordre National des Pharmaciens du Sénégal.

Après la cérémonie d'ouverture présidée par le doyen de la Faculté, le
président de l'ordre et le délégué Général au Nepad, les participants ont eu
droit à trois exposés. Le premier a été fait par le Délégué Général au Nepad
portait sur le thème " La pharmacie et le Nepad ".

Le professeur Amadou Diouf a, quand à lui, développé dans une seconde
intervention le thème " Environnement et Sant "é. Elle est suivi par le
professeur Omar Ndir qui a abordé la question de la profession
pharmaceutique, faisant le bilan de la situation actuelle et les
perspectives qui s'offrait à elle.

L'après-midi a été consacrée à une table ronde au sujet des médicaments
génériques dans les officines au Sénégal. Plusieurs intervenants ont eu à
s'exprimer sur la question : le président de l'ordre des pharmaciens, un
représentant des grossistes, le directeur de la Pharmacie Nationale
d'Approvisionnement ainsi que le Directeur de la Pharmacie et du Médicament.
Le professeur Issa Lô était le modérateur des débats.

Les pharmaciens qui ont décidé de participer à cette journée pour la somme
de 15 000 F Cfa ont abordé tous les problèmes se rapportant de près ou de
loin à leur profession et à leur quotidien. Tous ont rappelé la nécessité
pour le pharmacien de s'engager dans le domaine qui est le leur et de ne pas
dépendre des grossistes et du secteur privé. " Nous devons nous prendre en
main " a déclaré l'un des participants.

La soirée s'est conclue par la tenue de l'assemblée générale de l'ordre des
Pharmaciens et par un dîner dansant à l'Océan.

Les pharmaciens en tout cas etait venu plutôt nombreux assister à des
discussions sur leur avenir proche, qui sera désormais étroitement lié au
Nepad.


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Journée de l'Ordre national des pharmaciens: les génériques très bientôt
dans les officines

Le Soleil (Dakar)
12 Mai 2003
Publié sur le web le 13 Mai 2003

Fara Diaw

Dans quelques semaines, voire peu de mois, les officines privées de
pharmacies vont commencer à commercialiser une première gamme de médicaments
essentiels génériques (MEG) dès que l'arrêté d'application du décret qui
accorde le droit aux pharmaciens de substituer sera signé par le ministre de
la Santé, de l'Hygiène et de la Prévention.

Nous l'avons appris samedi lors des débats qui ont suivi la conférence sur
la place des médicaments génériques qui se tenait dans le cadre conjoint de
la 3ème journée de l'Ordre national des pharmaciens et de la 1ère journée de
la section de Pharmacie de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l'UCAD.
D'autres conférences étaient à l'ordre du jour, notamment sur la situation
de la profession pharmaceutique, les interrelations entre la santé et
l'environnement et la place du pharmacien dans le Nouveau partenariat pour
le développement de l'Afrique (NEPAD) (nous y reviendrons).

DEBATS PASSIONNES AUTOUR D'ENJEUX

Sur le registre des médicaments génériques essentiels, le Pr. Mamadou Keith
Badiane, directeur de la Pharmacie et du Médicament, a déclaré «qu'une liste
de 33 médicaments génériques sera dans une première phase dans les officines
qui débuteront ainsi la mise en oeuvre de comptoir «Génériques». Sur ce
sujet, les débats ont été très passionnés et francs dans la mesure où
c'était un grand marché et que les secteurs public, avec, d'une part,
l'Etat, à travers la direction de la Pharmacie et du médicament, la
Pharmacie nationale d'Approvisionnement (PNA) et les structures sanitaires
actrices de l'initiative de Bamako et, d'autre part, privé, comprenant les
officines et les grossistes répartiteurs, qui représentent globalement un
marché annuel de près de 60 milliards de Fcfa, dont 11 milliards
actuellement pour la PNA, deux fois plus qu'en 1998 où ce n'était que 6,5
milliards, sont restés longtemps dans un désaccord total. Entre 1996, année
du décret de substitution, et aujourd'hui, les choses ont traîné en longueur
et les pharmaciens ne demandaient que plus de garantie, mais aussi de
justice dans la mesure où ils sont seuls autorisés par la loi à
commercialiser les médicaments et les dispenser en toute sûreté publique.

Et samedi, le président de l'Ordre des pharmaciens a rappelé que les
pharmaciens n'ont jamais refusé de rentrer dans cette voie, parce que
principalement soucieux du rôle qu'ils doivent jouer dans le développement
de la Santé.

«Ils fallait seulement bien camper les choses et que chacun accepte de jouer
le jeu», a-t-il dit. D'ailleurs, la plupart des intervenants, dont de
nombreux pharmaciens venus de toutes les régions du Sénégal, ont insisté sur
la nécessité que toutes les parties acceptent de jouer le jeu. Et attendre
l'effet de masse Les marges sauvages qui étaient constatées dans les
structures sanitaires, l'assurance sur la qualité par le contrôle en
laboratoire des génériques dont le gouvernement souhaite qu'ils (les
pharmaciens d'officines) s'approprient, la régularité de l'approvisionnement
et l'existence de «spécialités» dans les circuits de l'initiative de Bamako,
ont été aussi au centre des débats.

Sur les marges à tous les niveaux du circuit du médicament, le Pr. Badiane,
directeur de la DPM, a révélé qu'un arrêté interministériel (Finances,
Commerce et Santé) a été signé le 3 janvier 2003.

HARO SUR LES MARGES SAUVAGES DE L'IB

«Cet arrêté permettra de mettre fin aux dérives constatées dans les
structures publiques, où les marges atteignent parfois 200 à 300 %, lorsque
dans le secteur privé, le médicament est vendu au même prix à Dakar et dans
toutes les localités où des officines sont établies (ndlr : en tout près de
600)», a indiqué le Pr. Badiane. Il a relevé avec le pharmacien-Colonel
Diop, directeur de la PNA, le consensus qui est sorti sur cette première
liste de 33 MEG entre les acteurs de la profession pharmaceutique dont la
DPM, la PNA, les grossistes (Cophase, Sodipharm et Laborex), le syndicat et
l'Ordre des Pharmaciens.

«Nous allons lancer cette première phase et le tout sera évalué par tous les
acteurs du secteur, avant de poursuivre». Le Directeur de la Pharmacie et du
Médicament a indiqué que «ce programme est une volonté politique du
gouvernement et il en va, pour une grande part, du développement de la Santé
du Sénégal dans laquelle les pharmaciens ont un grand rôle essentiel à
jouer». Cette liste de 33 MEG a été remise à la PNA en vue d'une commande,
qui sera ensuite rétrocédée aux grossistes qui fourniront les officines.

Toutefois, le Pr. Badiane est allé plus loin en expliquant qu'au Burkina, le
gouvernement est allé plus loin en ouvrant directement des liens entre leur
PNA locale et les officines. Il paraît que cette façon de faire marche très
bien au bonheur des officines.

GUIDE D'EQUIVALENCES THERAPEUTIQUES

Il a, par ailleurs, souligné qu'il y a d'autres outils, dont le guide
d'équivalences thérapeutiques qui vont être remis aux pharmaciens
d'officines en vue de la substitution des médicaments contenus sur
l'ordonnance du client. Le pharmacien commandant Mangane de la DPM a aussi
poussé le bouchon plus loin en demandant aux pharmaciens de montrer qu'ils
sont les maîtres de l'Art.

«On devrait, en principe, arriver un jour au dépérissement de l'initiative
de Bamako, voire à une atténuation forte du commerce illicite avec
l'introduction des génériques à une large échelle dans les officines, qui
sont les lieux les plus sûrs pour ne pas dire les seules qualifiées à
dispenser le médicament», a dit le Dr Ngom. Le Directeur de la PNA a dit la
même chose en précisant que sa structure joue un rôle et, pour des raisons
de libéralisation, elle est aussi appelée à se retirer pour se reconvertir
sur une autre voie du secteur de la santé.

Le choix du médicament générique, copie fidèle du médicament de référence
dénommé aussi «princeps» ou «spécialité», se justifie par le seul fait qu'un
bon générique est aussi efficace que le médicament de référence, et qu'il
coûte 30 à 50% moins cher, rappelle-t-on. Cette édition 2003 de la journée
des pharmaciens a été clôturée par l'assemblée générale de leur Ordre, à la
tête duquel se trouve le Dr Mamadou Ndiadé.

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Affaire des médicaments anti-retroviraux : le juge Baal refuse de faire le
"sale" boulot

Wal Fadjri (Dakar)
13 Mai 2003
Publié sur le web le 13 Mai 2003

Momar Dieng

Le ministère public a rendu ses réquisitions tendant à l'inculpation de
l'ex-secrétaire exécutif de l'Ong L'Afrique aide l'Afrique (Aaa) mêlé à
l'affaire des médicaments anti-rétroviraux. Mais le désormais ci-devant
doyen des juges, Amadou Baal, aurait refusé de faire le sale boulot, selon
notre source au tribunal régional de Dakar.

Quelle suite l'Etat compte-t-il donner à la scandaleuse affaire des
médicaments anti-rétroviraux (Arv) ? La question est d'autant plus
d'actualité que toute la hiérarchie judiciaire vient d'être bouleversée à la
faveur de la dernière réunion du Conseil supérieur de la magistrature. Ce
qui semble clair, c'est que Abdou Latif Guèye, secrétaire exécutif de l'Ong
L'Afrique aide l'Afrique (Aaa), devra répondre devant la justice. Une haute
autorité du ministère de la Justice, interpellée la semaine dernière en
pleine affaire Khadim Boussou, a rappelé le fait suivant : Ici, on en veut
quasiment désormais à l'ancien doyen des juges d'instruction du tribunal
régional hors classe de Dakar de n'avoir rien fait pour donner à ce dossier
. , nous dit notre interlocuteur. .

Cependant, une source judiciaire ayant accès au dossier nous donne une
version tout à fait contradictoire qui établit de manière plus vraisemblable
la petite odyssée du dossier mettant en cause l'ancien ambassadeur. En
réalité, nous dit-elle, ce sont plutôt les autorités qui n'ont pas joué le
jeu : Peu disert sur le contenu de ces réquisitions, notre interlocuteur
n'en rappelle pas moins qu'elles sont datées du 15 avril 2003 et ont été
remises au juge Amadou Baal, le 16 avril alors que la réunion du Csm était
déjà calée pour la journée du 18, précédée de la réunion du pré-conseil le
17 :
Proche du juge, notre source proche de la hiérarchie explique ainsi le
auquel fait allusion le fonctionnaire du ministère de la Justice : le juge a
refusé d'exécuter le contenu des réquisitions, c'est qu'il était conscient
qu'on voulait lui faire jouer un sale jeu. On voulait le faire passer pour
un exécuteur de basses besognes. On voulait l'utiliser, simplement. L'autre
volet de cette explication réside dans les implications de l'affaire : «Si
le juge Amadou Baal, dont pas un auxiliaire de justice ne doute de la
probité et de l'impartialité, s'était amusé à rendre une décision d'une
manière ou d'une autre, on aurait interprété celle-ci comme l'acte ultime
d'un desperado aigri qui fait ce qu'il veut au détriment d'une
administration lucide de la justice. C'est cette instrumentalisation
malhonnête et machiavélique dont mon collègue s'est refusé à être l'objet.»

Pour une affaire d'une telle gravité qui requiert un examen sérieux et
minutieux de contenu, notre source se dit tout étonnée : «En réalité, ils
ont mis au placard le dossier pendant plus de deux mois pour le ressortir la
veille du départ du doyen des juges d'instruction. Or, pour une bonne
imprégnation du document, il faut au moins quatre à cinq jours complets de
lecture. Au bout, il y a une décision capitale.» C'est pourquoi .

En tout cas, les réquisitions demandées par le ministère public contre Abdou
Latif Guèye, tendent à son inculpation. Ce dernier est l'objet d'une
procédure judiciaire suite à la découverte d'un trafic de médicaments
anti-rétroviraux à destination de l'Europe. Mis au courant de l'affaire, le
président Abdoulaye Wade avait immédiatement déchu le président de l'Ong
Jamra de ses fonctions à la tête de Aaa. Ce de médicaments anti-rétroviraux
(Arv) avait d'autant surpris les milieux médicaux que des milliers de
malades du sida au Sénégal sont en attente de disposer de ces Arv.


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