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[e-med] (2)Histoire des ARV génériques en Chine

E-MED:(2)Histoire des ARV génériques en Chine
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Bonjour,

J'ai lu avec intérêt l'article diffusé sur "Histoire des ARV générique en
Chine" de Julian Roche, paru dans Ethical Corporation Magazine.
Je voulais commenter la partie de l'article sur la prévention où il est
écrit que "les sensibilités politiques se heurtent à des sujets comme la
promotion des relations sexuelles saines."
Je sais qu'il y a eu au moins deux études faites en Chine sur le préservatif
féminin. J'aimerais savoir si les lecteurs de E-MED ont d'autres infos à ce
sujet, en particulier sur l'étude de XU J., WU Y., CAO Q. sur l'efficacité
contraceptive du préservatif féminin en polyuréthane.
Merci

François Deniaud
médecin
minne@club-internet.fr
****************
E-MED:Histoire des ARV génériques en Chine
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mercredi 23 avril 2003 11:38
[Modérateur: remerciements à Charles Rambert pour la traduction de ce
message publié sur Ip-health. CB]

http://www.ethicalcorp.com/content.asp?ContentID=3D520

Les laboratoires multinationaux et chinois essaient de casser les prix des
des médicaments du SIDA pour faire face à la frequence croissante du virus.
Mais n'est-ce pas trop peu et trop tard? Enquête de Julian Roche.
Ethical Corporation Magazine du 17 Avril 2003

Le ministère chinois de la santé estime que environ 600.000 personnes
étaient infectées à la fin de 2001, soit une augmentation de 60 à 70% chaque
annee au cours des dernières années. En 2001 on a enregistré 30.736 patients
porteurs du virus dont 1.594 avaient le SIDA et 684 en étaient morts. Depuis
des années les autorités chinoises reconnaissaient que le nombre de cas
était bien trop faible. Les experts des Nations Unies jugent que le problème
est bien plus grand que les autorités chinoises ne le reconnaissent, de
l'ordre de 1,5 millions de cas.
Les nombres exacts ne sont pas disponibles parce que nombre de patients sont
marginalisés comme les drogués, les prostituées et les villageois infectés
par des produits contaminés par du sang. Pour la plupart le coût des
médicaments qui va de 200 à 400 dollars US par mois est hors d'atteinte. Il
est donc compréhensible que la plainte courante des médecins chinois est que
le prix des traitements du SIDA est trop élevé et que le gouvernement a été
trop lent à faire pression sur les laboratoires pour obtenir de meilleurs
prix.

La réponse du gouvernement a été qu'il fallait être prudent et s'assurer de
ne pas violer les droits de la protection intellectuelle.

La situation présente:
Le premier produit d'origine chinoise est sorti en 2002: le Kedu. Produit
par NCPC North China Pharmaceutical Company, c'est une copie légale de
l'AZT, le produit le plus puissant autorisé par la FDA des USA. Le brevet a
expiré en Chine en fin 2001.  Kedu a mis fin à la totale dépendance du pays
dans les importations. A cause d'elle, les patients et les porteurs du virus
VIH en Chine, dépensaient beaucoup plus pour se traiter que leurs homologues
en Thaïlande et au Brésil. Wu Hao un consultant du SIDA de l'hôpital Youan a
Beijing a annoncé que les malades recevaient un cocktail therapeutique dans
son hôpital pour un coût mensuel de 2.500(US$301) à 3.000 yuans (US$361).
Avec Kedu on s'attend à voir baisser le coût des traitements en dessous de
10.000 yuans par an (US$1204). Mais les médecins pensent que c'est encore
trop cher pour la majorité des patients infectés par le VIH en Chine.

Les produits d'origine chinoise devraient se vendre au dixième du prix de
leur homologue étranger. Mais leur circulation pourrait bien être entravée
par l'entrée de la Chine à l'OMC l'Organisation Mondiale du Commerce. Plus
récemment la Chine s'est décidée à fabriquer toute une gamme de produits du
SIDA parce que les détenteurs occidentaux de leurs brevets n'en baissaient
pas les prix.

Ce fut un revirement étonnant de la part des autorités chinoises qui
prétendaient que leur accés à l'OMC les conduisaient à être très prudents en
matière de respect des brevets et donc qu'ils devaient interdire l'usage des
génériques.

On ne comprend pas très bien ce qui a poussé les autorités chinoises à
changer d'attitude et à parler plus ouvertement. Cependant la Chine est sur
le point de demander un don de 90 milions de dollars US au Fond Mondial pour
le SIDA, TB et malaria. Elle doit donc tout faire pour montrer qu'elle fait
ce qu'il faut pour combattre le SIDA. Cette somme est en partie prévue pour
le SIDA en zone rurale, comprenant les "cocktails" thérapeutiques, d'après
un officiel qui a vu un brouillon de la proposition. Il est possible aussi
que la cause en soit le rejet de la première demande faite par la Chine,
demande qui portait sur la prévention et le traitement du SIDA chez les
drogués. Cette demande aurait été rejetée en partie à cause du manque
d'ouverture des autorités chinoises qui fournissaient des statistiques
incomplètes et d'autres manquements similaires.

L'OMC autorise ses membres à fabriquer des médicaments génériques du SIDA
pendant la période de transition, même si le produit est toujours protégé
par un brevet. Le Brésil et l'Inde sont des exemples où le coût moyen des
traitements mensuels par malades est de 50 dollars US, ces deux pays
fabriquants leurs propres médicaments du SIDA dans le cadre de la
règlementation de l'OMC.

Les médecins pensent que cela va aider quelques patients, même si Kedu seul
ne peut pas remplacer les cocktails médicamenteux disponibles pour les
patients des pays développés. Mais pour la majorité des malades du VIH/SIDA
en Chine, même les productions locales resteront trop chères.

Pour certains experts du SIDA, il faudrait se concentrer sur la prévention
du SIDA. Mais même dans de grandes villes comme Shangai, les sensibilités
politiques se heurtent sur des sujets comme la promotion des relations
sexuelles saines. Et même si des experts chinois ont commencé d'étudier le
modèle australien d'échange des seringues chez les drogués, cette pratique
doit encore être approuvée par les autorités en Chine.

Desano Shanghai, un laboratoire pharmaceutqiue chinois, a été l'un des
premiers à recevoir le feu-vert pour la production de ddI générique à bas
prix, un médicament d'usage courant contre le SIDA. Bristol-Myers Squibb, le
détenteur du brevet de ddI a admis que son brevet ne couvrait que la forme
comprimé alors que le produit de Desano Shangai est en poudre, donc hors du
champ du brevet.
On s'accorde généralement à penser que l'autorisation (de fabriquer la ddI
générique) fait partie des efforts de la Chine à presser l'industrie
pharmaceutique pour faire baisser les prix des produits importés, surtout
ceux du SIDA, on pense aussi que par le passé Beijing a procédé de la même
façon pour forcer les grandes multinationales à s'asseoir à la table des
négotiations. AZT, de GSK, sera aussi fabriqué localement. Dix autres
fabricants chinois ont déposés des demandes pour fabriquer des génériques de
médicaments dont le brevet est tombé. Ils pourraient commencer dès la fin de
cette année, selon Qi Xiaoqiu, Directeur Général du Département du Contrôle
des Maladies au Ministère de la Santé Chinois

A la suite de quoi on a vu les fabricants étrangers accorder des baisses du
prix de leurs produits allant de 16.000 dollars US par an pour une
association à 4.000 dollars US par an. Cependant cela reste très au dessus
de ce que la plupart des chinois peuvent payer, et le gouvernement cherche à
obtenir d'autres rabais.

Tout compte fait, quel est le prix de ces médicaments? Il reste exorbitant
et au-delà des capacités de la majorité des malades chinois. Y a-t-il alors
un plan en préparation pour y répondre? Pour l'instant pas grand-chose. Le
résultat de l'accès de la Chine à l'OMC et de son adhésion aux règlements
internationaux sur les brevets sera des millions de morts empêchées.

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