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[e-med] Revue de presse sur le sida

E-MED: Revue de presse sur le sida
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Burkina : lutte contre le SIDA - Le pays a-t-il enfin compris ?

Le Pays (Ouagadougou)
10 Juillet 2002
Publié sur le web le 10 Juillet 2002

La démarche a surpris plus d'un observateur en ce qu'elle a d'audacieux. Le
Burkina a pris la décision de faire fi des accords de Bangui, cette
convention qui, entre autres dispositions, proscrit l'importation de
médicaments essentiels génériques par ses signataires. Et pour prouver toute
sa détermination, le pays des hommes intègres achète déjà au profit de ses
malades du SIDA, les fameux produits interdits et menace de saisir les
juridictions internationales compétentes si l'Organisation mondiale du
commerce s'avisait de sanctionner sa conduite. C'est en effet pour
bénéficier du label de bons élèves de cette toute puissante structure que
nos pays ont conclu ce pacte, dans un aveuglement à la limite du
supportable. Aujourd'hui, le tort est en passe d'être réparé. La conduite du
Burkina est d'un courage qui mérite d'être salué à sa juste valeur. Enfin,
est-on tenté de dire, les gouvernants pensent aux milliers d'anonymes dont
ils se réclament les représentants. Pourvu que la dynamique enclenchée ne
tourne pas court.

En prenant le risque d'essuyer le courroux de l'OMC, les autorités
nationales expriment une volonté, sinon un engagement qui, il faut le
souhaiter, gagnerait à s'exprimer également au plan interne. En matière de
mobilisation sociale contre le SIDA, le Burkina est cité en exemple par de
nombreuses institutions spécialisées dans la lutte contre la pandémie. Mais
la réalité demeure triste et têtue: le nombre de personnes infectées ou
affectées ne cesse de croître et le Burkina est le deuxième pays le plus
touché dans la sous-région ouest-africaine. C'est donc dire que beaucoup
d'efforts restent à fournir.

[...]

Dans l'attente de cet autre pas à accomplir, la courageuse décision prise
par le gouvernement burkinabè est incontestablement un camouflet pour l'OMC,
cette puissante machine qui écrase tout sur son passage. C'est également la
preuve que les dirigeants africains ont plus souvent pêché par peur et non
par ignorance et contrainte. Il est heureux de constater que, face aux
intérêts financiers internationaux, ces mêmes dirigeants choisissent le camp
de leur population. A l'image des grandes puissances qui font ce qu'elles
veulent, refusant de se soumettre à leurs engagements selon leurs intérêts
du moment, les Africains devraient être plus conséquents sur l'arène
internationale. Cela pourrait donner plus de chance à d'autres combats du
continent ballotté par des lobbies qui n'ont jamais pris en compte nos
préoccupations. Et dans cette perspective, les gouvernements africains
pourront compter sur le soutien de leur société civile. C'est la pression
discrète mais efficace de cette dernière qui pèsera toujours lourd dans la
balance des défis.

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L'arrivée des génériques contre le sida n'inquiète pas les géants de
l'industrie pharmaceutique
Ram Etwareea
Mercredi 10 juillet 2002

L'initiative «Access», un programme public et privé d'accès aux médicaments,
a soulagé 27 000 malades en deux ans. C'est peu par rapport aux 25 millions
de personnes affectées par le virus. Les génériques commencent enfin à
arriver en Afrique, le continent le plus touché par la pandémie

La virapine empêche la transmission du virus du sida de la mère à l'enfant
dans 50% des cas. Ce traitement antiviral a été développé par l'américaine
Boehringer Ingelheim en 1997, qui l'a aussitôt mis gratuitement et en
quantité illimitée pour une période cinq ans à disposition de tous les pays
démunis. Mais 23 pays seulement en ont profité. Pour le Dr Harvey Bâle,
directeur de la Fédération internationale des associations des fabricants
pharmaceutiques, des dizaines de pays n'ont simplement pas l'infrastructure
sanitaire ni le personnel nécessaires pour bénéficier d'une telle offre.
L'industrie pharmaceutique fait sa part pour faciliter l'accès aux
médicaments aux malades du sida mais, pour assurer que les médicaments
parviennent aux destinataires dans les meilleures conditions, il faut que
d'autres acteurs fassent leur part. Le Dr Harvey Bâle rappelle que
l'industrie pharmaceutique a consacré 1,9 milliard de dollars pour soulager
les sidéens dans le monde entier.

Badara Samb est chargé du programme «Accès aux médicaments» à l'Organisation
mondiale de la santé (OMS). Outre les dons, l'industrie pharmaceutique vend
ses produits avec des rabais pouvant aller parfois jusqu'à 90% du prix.
«Nous aidons les pays demandeurs à formuler leur programme de lutte contre
le sida et à négocier les prix», explique-t-il. Vingt pays profitent
actuellement des réductions dans le cadre de l'initiative «Access» signée le
11 mai 2000 entre cinq grands fabricants (Boehringer Ingelheim,
Bristol-Myers Squibb, GlaxoSmithKline, Roche et Pfizer) et des organisations
internationales (Onusida, OMS, Banque mondiale et Unicef). Si tout va bien,
un groupe de pays africains annoncera ce mercredi la constitution d'une
sorte de centrale d'achat pour pouvoir profiter des prix de gros. «C'est une
évolution incroyable, insiste Badara Samb. Il y a deux ans, l'accès aux
médicaments était un tabou. Aujourd'hui, il est devenu un droit.»

L'initiative «Access» est financée par la Banque mondiale, qui a mis près de
100 millions de dollars pour permettre l'achat des médicaments. Mais force
est de constater que seuls 27 000 malades sur 25 millions sont pris en
charge dans les vingt pays. Insuffisant. Pour Badara Samb, les pays
concernés, les bailleurs des fonds et le tout nouveau Fonds mondial contre
le sida doivent déployer plus de moyens non seulement pour acheter les
médicaments mais aussi pour financer la construction d'hôpitaux et la
formation du personnel soignant.

Le deuxième aspect concernant l'accès aux médicaments est lié à la
fabrication et à l'utilisation des génériques. A la XIVe Conférence de
Barcelone sur la lutte contre le sida, une annonce brésilienne faite lundi
n'est pas passée inaperçue: le Brésil veut aider les pays pauvres à copier
les médicaments de marque ou leur fournir des génériques. En effet, c'est
seulement en 2006 que l'Accord sur la propriété intellectuelle de l'OMC
entre en vigueur dans les pays en développement. D'ici là, ces derniers ne
sont pas tenus de respecter les brevets internationaux sur les médicaments.
Pour les pays les moins avancés, le délai vient d'être formellement repoussé
à 2016. Au-delà de ces dates, les pays peuvent encore faire prévaloir des
clauses de sauvegarde qui leur permettent en cas d'urgence nationale de
passer outre les brevets et produire des copies. Ce principe a été confirmé
l'an dernier à Doha.

Ces dispositions sont-elles de nature à inquiéter les grandes entreprises
pharmaceutiques occidentales? «Non, répond Harvey Bâle. Le Brésil et l'Inde,
deux des plus importants fabricants de génériques, sont avant tout des
importateurs net de médicaments et ne disposent pas des capacités à
concurrencer les leaders mondiaux.» Roche, signataire de l'initiative
«Access», n'est pas particulièrement inquiète non plus, même si le
porte-parole Horst Kramer relève que l'Inde a un énorme problème interne de
sida mais s'obstine à exporter des médicaments en Afrique.

Dans un communiqué publié avant la conférence de Barcelone, l'organisation
Oxfam craint que les Etats-Unis et l'Union européenne, sous la pression de
l'industrie pharmaceutique, tentent de réinterpréter la Déclaration de Doha.
Selon le groupe de pression britannique, ils accepteraient le droit de
fabriquer des génériques sous la clause de sauvegarde de l'OMC pour
seulement trois maladies et seulement aux pays les moins avancés, excluant
du coup les vrais concurrents comme le Brésil, l'Inde ou l'Afrique du Sud.
Les sidéens, un marché?


Commentaire
Ram Etwareea
L'industrie pharmaceutique occidentale ainsi que les nouveaux fabricants des
pays émergents, notamment de l'Inde et du Brésil, considèrent apparemment
les malades comme un marché à haut rendement. Sont également engagés dans
cette course au fric l'Organisation mondiale de la santé, l'Onusida et
d'autres organisations onusiennes qui demandent toujours plus de moyens pour
concocter toujours plus de programmes dont les résultats laissent à désirer.
Les uns comme les autres n'ont d'yeux que sur les millions, voire les
milliards de la Banque mondiale et du Fonds global contre le sida alors que
la maladie n'est que la quatrième cause de la mortalité dans le monde. Soit.
Entre les leaders mondiaux de l'industrie pharmaceutique et les nouveaux
joueurs, la course vient de prendre peut-être une forme extrêmement
vicieuse. Après avoir rejeté dans un premier temps toute idée de faciliter
l'accès aux médicaments dans les pays démunis, les grands fabricants ont
signé l'initiative «Access» en mai 2000. Avec un résultat plutôt médiocre:
27 000 patients pris en charge au bout de deux ans alors que la pandémie a
éclaté au début des années 80. Aujourd'hui, les mêmes entreprises se
montrent tout d'un coup très généreuses et vont vendre les médicaments non
pas au rabais mais à des prix au-dessous des coûts de production et,
surtout, meilleur marché que les génériques. Pour soulager les malades ou
pour casser les reins à la nouvelle concurrence?

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En bref,

LE Ghana a signé une contrat pour la fourniture d'antirétroviraux avec le
laboratoire MSD à prix négociés. (Pana, 03/07/2002)

*******************

Prise en charge des traitements ARV par des sociétés rwandaises

         Kigali, Rwanda (PANA) -  La Banque nationale du Rwanda (Banque
centrale) et le brasseur Bralirwa sont les premières entreprises
du Rwanda à payer les frais de traitement aux antirétroviraux
pour leurs employés malades du SIDA, ont annoncé à la PANA les
responsables médicaux de ces deux établissements.

De nombreux cadres et techniciens passaient, au frais de
l'entreprise, de longs séjours dans des hôpitaux où ils n'étaient
traités que pour les maladies opportunistes, ce qui causait un
manque à gagner à l'entreprise, a confié à la PANA le docteur
Gérard Ngendahimana, parlant pour son entreprise, la Bralirwa.

Depuis quelques mois, la direction de cette entreprise a décidé
de payer les soins pour les traitements du SIDA à leurs employés,
afin de leur permettre de continuer à travailler et incite tout
un chacun à se faire dépister, a-t-il encore expliqué.

Les assureurs SONARWA et SORAS ainsi que le banquier BCDI se
proposent également de commencer la prise en charge de leurs
employés malades du SIDA, ont confié à la PANA les responsables
de ces entreprises, avec le concours de Pharmacie Access
international, basé aux Pays-Bas, qui intervient dans l'aide aux
ressortissants des pays pauvres malades du SIDA.

Un employé d'entreprise sur trois est séropositif au Rwanda,
selon des estimations du ministère de la Santé communiquées à la
PANA.
Kigali - 01/07/2002

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 L'ONU fait état d'une accélération de la progression du SIDA

Par Jerome Hule
Correspondant de la PANA

         New York, Etats-Unis (PANA) -  Malgré l'attention accrue
accordée par la communauté internationale à la pandémie du
VIH/SIDA, cette maladie infecte toujours de plus en plus de
personnes à un rythme de plus en plus rapide, non seulement
dans les pays déjà très touchés, mais aussi dans les nations
qui avaient précédemment une faible prévalence, indique le
dernier rapport de l'ONU.

Ce document, intitulé "Rapport sur l'Epidémie mondiale du
VIH/SIDA" et rendu public, mardi à New York, par l'ONUSIDA,
l'agence mixte de l'ONU pour la lutte contre la pandémie,
prévoit que la mortalité liée au SIDA dans les 45 pays les plus
touchés pourrait être multipliée par cinq d'ici 2020.

Ces données correspondent à 68 millions de nouveaux décès,
comparé aux 13 millions de personnes mortes de cette pandémie
au cours des deux premières décennies.

"La destruction sans précédent engendrée par l'épidémie du
VIH/SIDA au cours des 20 dernières années va se multiplier au
cours des décennies à venir, à moins que la lutte contre cette
maladie ne soit radicalement renforcée", a averti Peter Piot,
le directeur exécutif de l'ONUSIDA.

Malgré les efforts consentis au niveau mondial contre la
maladie, il a attribué la progression de l'infection au fait
qu'il fallait cinq ans pour qu'une campagne efficace contre la
pandémie commence à porter ses fruits.

Le rapport de ONUSIDA, qui se base sur les données obtenues en
2001, montre cependant des évolutions positives dans des pays
comme la Zambie, l'Ouganda, le Sénégal et le Cambodge où des
efforts soutenus ont entraîné la baisse des taux d'infection.

La Zambie est désormais considérée comme le pays africain où la
lutte contre le SIDA a été le plus couronnée de succès après
l'Ouganda, dans le cadre de la limitation de la progression de
cette maladie.

Le rapport a indiqué que la prévalence du VIH parmi les jeunes
femmes vivant en milieu urbain en Zambie était passée de 28
pour cent en 1996 à 24 pour cent en 1999.

L'Ouganda a continué à enregistrer une baisse de la prévalence
de plus de huit pour cent parmi la population adulte en 1999 à
cinq pour cent en 2001.

Le taux d'infection de l'Ouganda avait presque atteint 30 pour
cent en 1992, avant de baisser grâce à la campagne de
prévention intensive lancée par le gouvernement.

L'ensemble des chiffres en Afrique subsaharienne où la maladie
a causé le plus de dégâts, ont montré qu'environ 3,5 millions
d'individus étaient infectés en 2001, ce qui porte la
population totale de personnes infectées sur le continent à
28,5 millions.

Alors que les experts avaient conclu que les infections au VIH
avaient atteint leur paroxysme dans la plupart des pays les
plus touchés du continent, ce nouveau rapport montre que ce
n'est pas le cas.

Au Botswana par exemple, la prévalence du VIH parmi les femmes
enceintes en zone urbaine est passée de 38,5 pour cent en 1997
à pratiquement 45 pour cent en 2001, a affirmé le rapport.

On assiste à une situation similaire au Zimbabwe et au
Swaziland.

Au Zimbabwe, le taux de prévalence parmi les femmes enceintes a
grimpé de 29 pour cent en 1997 à 35 pour cent en 2000 alors que
le Swaziland a enregistré une prévalence de 32,3 pour cent en
2000 comparé à 30,3 pour cent trois ans auparavant.

Le nouveau sujet de préoccupation est l'Afrique Occidentale et
Centrale où l'ONUSIDA constate une tendance à la hausse de
l'infection au Burkina Faso, au Cameroun, en Côte d'Ivoire, au
Mali, au Nigeria et au Togo, où les taux d'infection étaient
restés stables ces cinq dernières années.

Au Cameroun, la prévalence parmi les femmes enceintes est
passée de 4,7 pour cent en 1996 à 11 pour cent en 2001, alors
que le Nigeria et passé d'un taux de prévalence relativement
bas de 1,9 pour cent en 1993 à 5,8 pour cent en 2001, certaines
régions de ce pays présentant même un taux de prévalence aussi
élevé que celui du Cameroun.

"Déjà, plus de trois millions de Nigérians sont estimés vivre
avec le VIH/SIDA", a souligné le rapport.

Dans d'autres régions, l'ONUSIDA a relevé des tendances
préoccupantes en Chine, en Indonésie, en Russie et dans les
pays de l'ancienne Europe de l'Est.

La situation en Chine est telle que le mode de transmission du
virus est passé de la toxicomanie par injection et par des
pratiques de transfusion sanguines douteuses au contact
hétérosexuel.

Le rapport a montré que le taux d'infection national en Chine
avait augmenté de près de 70 pour cent au cours du premier
semestre de 2001, le nombre des individus infectés dans ce pays
étant estimé à un million.

L'infection en Russie et en Europe de l'Est touche aussi une
plus large population et pas seulement les toxicomanes, avec
l'Ukraine qui compte par exemple 25 pour cent de nouvelles
infections par le biais des contacts hétérosexuels.

L'Indonésie, le quatrième pays le plus peuplé du monde,
enregistre aussi une hausse des infections après des décennies
d'une faible prévalence.

Une autre conclusion négative de ce rapport de l'ONU est le
faible niveau de traitement et de prise en charge des individus
infectés.

Le rapport a démontré que seulement quatre pour cent des six
millions de personnes qui ont besoin d'un traitement aux
antirétroviraux dans les pays en développement avaient accès à
ces médicaments en 2001.

La situation est pire en Afrique, où seulement 30.000 personnes
sur une population infectée de 28,5 millions d'individus
bénéficiaient de la thérapie par les antirétroviraux à la fin
de l'année dernière.

"L'accès à un traitement et à un prise en charge adéquats est
un droit, pas un privilège", a insisté M. Piot.

Sur une note plus positive, le rapport a indiqué que les
financement destinés à la lutte contre le SIDA ont augmenté,
alors que le coût des antirétroviraux a baissé et que
l'engagement politique envers la lutte contre l'épidémie a
augmenté ces deux dernières années, avec un total de 100 pays
qui disposent de stratégies nationales de lutte contre le SIDA.

Mais il a insisté sur le fait qu'un engagement plus grand était
nécessaire pour combler les déficits des efforts déployés au
niveau mondial, y compris dans le domaine du financement.
New York - 03/07/2002

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Pour une usine pharmaceutique de médicaments anti-SIDA en Zambie

Lusaka, Zambie (PANA) -  Le ministre zambien de la Santé, M. Brian
Chituwo, a annoncé, mercredi, que son pays était en négociation
avec la Thaïlande pour l'installation d'une usine pharmaceutique
de fabrication de médicaments anti-VIH/SIDA en Zambie, précisant
que la taille et le coût de l'entreprise n'avaient pas encore été
définis.

La Zambie recherche désespérément un remède pour traiter ou
freiner le VIH/SIDA qui fait des ravages dans sa population.

Avec un taux de prévalence estimé à 20 pour cent et environ
93.000 nouveaux cas de SIDA chaque année, ce pays figure parmi
les plus touchés par la pandémie.
[...]
Lusaka - 10/07/2002


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Les Etats invités à aider dans la lutte contre le SIDA

 Londres, Royaume Uni (PANA) -  Un organisme caritatif, Christian
Aid, basé au Royaume-Uni, a exhorté vendredi les pays riches à
respecter la promesse qu'ils ont faite, il y a plus de trente
ans, de consacrer 0,7% de leur Produit intérieur brut (PIB) à la
coopération extérieure.

"Si les pays riches réussissent à respecter cet engagement, les
sommes disponibles seront alors largement suffisantes pour
financer la lutte contre le SIDA et investir dans l'éducation
primaire et les services de santé", a déclaré le Dr Rachel
Baggaley, chef de l'Unité VIH de Christian Aid, dans un
communiqué rendu public à Londres.

"La pauvreté est l'une des principales causes de cette épidémie
qui ne décime pas seulement l'Afrique mais également tout le
sous-continent indien et certaines parties des Caraïbes", a-t-
elle ajouté.

Commentant les résultats de la conférence sur le SIDA, qui s'est
tenue dans la semaine, à Barcelone (Espagne) sous l'égide des
Nations unies, le Dr Baggaley a affirmé qu'elle s'était terminée
par des discours et très peu d'actions.

"Aucune augmentation n'a été prévue en ce qui concerne les fonds
destinés à lutter contre l'épidémie et, sans de considérables
sommes d'argent, aucune percée n'est possible. Au cours de cette
conférence de cinq jours, 40.000 personnes sont mortes du SIDA
dans la seule Afrique subsaharienne", a affirmé la responsable de
Christian Aid.

Elle a ajouté que si les militants ont mis l'accent sur les
vaccins et les médicaments, très peu d'attention a été accordée
aux communautés de base, soulignant que les séminaires
s'intéressant au lien entre la sécurité alimentaire, l'éducation,
le VIH et les situations de conflit ont été très peu suivis.

"Le coût des médicaments a connu une baisse substantielle, mais
nous devons garder à l'esprit que seuls 30.000 des 28,5 millions
de personnes infectées en Afrique y ont accès", a fait remarquer
le Dr Baggaley.

"Il convient également de mettre l'accent sur les stratégies qui
donnent présentement des résultats, comme les préservatifs et
l'éducation sexuelle", a-t-elle précisé.

Christian Aid en a appelé au gouvernement du Premier ministre
Tony Blair pour une augmentation des dépenses destinées à la
lutte contre le SIDA afin de les porter à un minimum de 750
millions de livres sterling par an.

Selon l'organisme caritatif, de telles dépenses permettront de se
mettre en phase avec l'appel de l'ONU préconisant une
multiplication par cinq des crédits mobilisés pour le financement
de la lutte contre la maladie.
Londres - 13/07/2002

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La conférence de Barcelone sur le sida

Charlene Porter
Correspondante du « Washington File »


Barcelone - Des travaux de recherche effectués dans plusieurs pays en
développement et portant sur des méthodes peu onéreuses de prévention et de
dépistage du VIH ont donné de bons résultats, selon les données que le
Centre d'épidémiologie des États-Unis (CDC) et ses partenaires à l'étranger
ont diffusées à l'occasion de la XIVe Conférence internationale sur le sida,
qui se tient actuellement en Espagne.

Dans le cadre d'une étude effectuée par le CDC et par les autorités
sanitaires ougandaises, un nouveau test de dépistage a permis de recenser
dans le sang des sujets les cellules CD4+ - que le virus de
l'immunodéficience humaine (VIH) attaque directement - à un quart du coût
des tests les plus souvent utilisés à l'heure actuelle. Dans une autre étude
réalisée en Ouganda, un test servant à mesurer la quantité de VIH dans le
sang des sujets a donné de bons résultats à un cinquième du coût des tests
courants.

Le directeur par intérim des programmes de prévention du VIH, des maladies
sexuellement transmissibles et de la tuberculose du CDC, le docteur Harold
Jaffe, a déclaré à ce propos : « Les résultats de ces études montrent qu'il
existe des solutions réalistes pour faire face aux problèmes actuels dans le
cadre de la lutte contre le sida en Afrique. La réalisation de progrès
contre le VIH et le sida dans ces pays très touchés exigent des méthodes de
prévention et de traitement qui soient simples et d'un prix abordable et qui
donnent des résultats sur le terrain. »

L'accès des patients à un centre de dépistage du VIH constitue souvent un
problème en Afrique, a déclaré, le 8 juillet, le docteur ougandais Wilja
Mandy, qui a effectué les travaux de recherche en collaboration avec le CDC.
« En Afrique, le transport des échantillons de sang d'un village reculé au
laboratoire central exige plusieurs jours, et c'est pourquoi les essais ont
porté sur des échantillons de sang peu de temps après leur prélèvement ainsi
que sur des échantillons prélevés trois jours auparavant. » La précision du
nouveau test (PLG) a été aussi bonne pour les échantillons vieux de trois
jours que pour les échantillons récents. Le coût par patient du test PLG est
inférieur à 5 dollars, alors que les tests courants coûtent 20 dollars.

Le CDC a aussi effectué en Ouganda, qui est considéré comme le pays qui
réussit le mieux dans sa lutte contre l'épidémie de sida, des travaux de
recherche sur un test destiné à mesurer la propagation du virus dans le sang
des patients qui suivent un traitement intensif visant à réduire la charge
virale, a indiqué le directeur des laboratoires du CDC en Ouganda, M. Robert
Downing. Les tests destinés à savoir si les médicaments administrés
réussissent à réduire la reproduction du virus dans le sang sont essentiels
pour suivre les progrès réalisés par le patient et pour déterminer si les
médicaments donnent des résultats ou s'il est nécessaire de modifier la dose
prescrite.

Les résultats de la méthode expérimentale, qui porte le nom de RT-VLA, se
sont révélés comparables à ceux du test actuellement utilisé pour la plupart
des patients. M. Downing et ses collègues ougandais ont cependant signalé
que la nouvelle méthode avait échoué dans 2 des 13 échantillons et qu'il
était donc nécessaire de poursuivre les travaux de recherche. En réponse à
une question sur le petit nombre des échantillons, M. Downing a indiqué que
celui-ci était suffisamment important pour vérifier les possibilités du
RT-VLA, dont le prix était de quelque 30 dollars au lieu de 150 dollars pour
le test habituel.

Quel que soit leur coût, les tests de dépistage ne peuvent contribuer à la
maîtrise de la propagation de la maladie dans une population que si des
personnes sont prêtes à se soumettre à ces tests. La crainte, la
discrimination et l'ignorance constituent d'importants obstacles à la
réalisation de tests de dépistage dans de nombreux pays. Le CDC collabore
avec le gouvernement botswanais pour s'attaquer à ce problème en améliorant
l'accès aux tests, tout en lançant une campagne d'information visant à
encourager les habitants à subir un test de dépistage en vue de savoir s'ils
sont séropositifs.

Cette campagne d'information a reçu le soutien de hauts responsables du
gouvernement botswanais qui ont joué un rôle actif au fur et à mesure que de
nouveaux centres de dépistage du VIH ouvraient leurs portes, a déclaré le
directeur des programmes mondiaux de lutte contre le sida du CDC, M. Eugene
McCray. Chaque fois qu'un nouveau centre de dépistage s'ouvre, a-t-il dit,
le ministre de la santé ou d'autres hauts responsables assistent à
l'inauguration et ils sont d'habitude les premiers à se soumettre à un test.

M. McCray a souligné que les mesures prises par le Botswana montraient que
les progrès de la lutte contre la pandémie du sida ne dépendaient pas
uniquement des techniques médicales.

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mardi 9 juillet 2002, 16h29

Sida: les scientifiques "encore très loin d'un vaccin efficace", selon Luc
Montagnier

PARIS (AP) - A l'occasion de la 14e conférence internationale sur le sida à
Barcelone, le chercheur français Luc Montagnier a estimé mardi que les
scientifiques étaient "encore très loin d'un vaccin efficace" dans le
domaine de la prévention.

"Personnellement, je pense que la première approche d'un vaccin n'est pas de
prévenir l'infection, mais de traiter, d'être utilisé comme un traitement
complémentaire des médicaments actuels", a-t-il observé sur France-Info.

Selon le Pr Montagnier, qui était directeur du laboratoire de l'Institut
Pasteur qui a identifié à Paris en 1983 le virus du sida, "c'est une voie
que beaucoup de groupes sont en train de prendre aussi: d'aider à la
restauration du système immunitaire après une trithérapie".

Selon lui, il est "relativement facile de mesurer l'impact de cette
vaccination, car (ils ont) des critères assez précis de remontée du système
immunitaire et de la multiplication virale".

"Il est relativement facile, dans quelques mois on peut dire, de tester ces
vaccins. Ceci dit (...) le grand vaccin préventif va demander beaucoup
d'efforts et d'esprit d'innovation", a-t-il ajouté. "J'ai l'impression
plutôt qu'on piétine dans ce domaine."

Luc Montagnier s'est néanmoins dit "optimiste": "si on mesure les avancées
qui ont été faites, on peut être optimiste. On n'est pas resté sur place
depuis le début de cette maladie".

Les traitements actuels, a-t-il ajouté, "empêchent les gens de mourir (...)
C'est quand même un grand pas en avant, mais ils ne guérissent pas. Quand on
arrête ces traitements, le virus revient tout de suite." AP

ir/tl

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 8 juillet 2002 - Conférence mondiale sur le SIDA - Barcelonne 2002

De Durban à Barcelone : surmonter le déficit de traitement.
 Une faisabilité démontrée : le traitement est possible dans les pays en
développement ( Médecins sans frontières)

Le potentiel de prolongation de la durée de vie dans les pays en
développement grâce aux ARV est démontré depuis longtemps. Au Brésil,
l'accès au traitement offert aux malades du Sida a transformé une
condamnation à mort en une maladie chronique. L'accès universel au
traitement a entraîné une réduction de 54 % des décès dus au Sida entre 1995
et 1999

L'expérience de projets pilotes menés en Afrique, en Asie et en Amérique
Latine montre désormais que l'accès à des traitements efficaces offre des
avantages cliniques concrets et a des effets spectaculaires sur la vie des
personnes et de leur communauté.

Ces deux dernières années, MSF a lancé neuf projets de traitement dans sept
pays. En juillet 2002, environ 1000 patients suivent une thérapie. MSF
compte accroître significativement le nombre de projets et de patients l'an
prochain. Le but de ces programmes n'est pas de se substituer à l'action des
pouvoirs publics, mais d'améliorer et de prolonger la durée de vie des
malades VIH/Sida, et d'acquérir une expérience qui pourra aider à mettre en
place et à étendre des programmes nationaux.

La XIVème conférence internationale sur le Sida à Barcelone présente une
synthèse des données sur les projets menés en Afrique du Sud, au Malawi, au
Kenya, au Cameroun, au Cambodge, en Thaïlande et au Guatemala. Les patients
inclus dans les projets MSF sont à un stade avancé de la maladie (nombre
moyen de cellules CD4 : 48/mm3- n=684) et sont traités dans différents
environnements de soins, notamment des cliniques de soins de santé primaire
des quartiers pauvres, des cliniques rurales et des unités de consultations
externes d'hôpitaux de quartier et de capitale. La probabilité de survie des
743 patients suivis était estimée à 93 % sur 6 mois Les données détaillées
seront présentées à la rencontre 'Time to Treat: Transforming AIDS Treatment
from Right to Reality', rencontre satellite co-sponsorisée par Médecins Sans
Frontières (MSF) et Health GAP (Global Access Project), 7 juillet 2002,
XIVème conférence internationale sur le SIDA, Barcelone.. Au bout de six
mois, les patients pesés n=228 avaient pris en moyenne trois kilos ; ceux
dont on a compté le nombre de cellules CDA n=200 montraient un accroissement
de 104 cellules/mm3 en moyenne. Sur les trois projets qui testaient
systématiquement la charge virale après six mois de traitement n=118, 82 %
des patients présentaient un taux de virus indétectable dans le sang (<100
copies/ml).

L'adhérence au traitement est également impressionnante : 95 % des patients
prenaient correctement leur traitement au bout de six mois. « Nous ne sommes
pas surpris de la prolongation de la durée de vie des patients ­ après tout,
nous savons que ces médicaments sont efficaces - et nous étions également
convaincus qu'ils prendraient correctement leurs médicaments, en dépit du
scepticisme de certains. Nous avons néanmoins été particulièrement heureux
de la manière consciencieuse dont les patients se sont présentés aux
rendez-vous et ont pris leurs médicaments, » déclare le Dr Jean-Michel
Tassie, de MSF/Epicentre.

Ces projets, ainsi que d'autres initiatives de ce type dans les pays en
développement, montrent clairement qu'il est possible d'administrer un
traitement dans le cadre des structures de santé publiques des pays à
faibles ressources. Pour rendre ces projets reproductibles, MSF s'est
efforcé de maintenir les prix des médicaments aussi bas que possible et
d'optimiser l'utilisation des capacités existantes, notamment des ressources
humaines. Par exemple, dans plusieurs projets, des techniciens de
laboratoire ont effectué des décomptes de CD4 à l'aide de la technologie
Dynabeads® avec un microscope, éliminant ainsi la nécessité de recourir à
des équipements coûteux de cytométrie de flux et à un personnel hautement
spécialisé.

 Adapter les traitements à la réalité clinique : la nécessité d'une approche
simplifiée

Il est urgent de mettre en oeuvre dans les pays en développement des
approches de traitements simplifiés afin de toucher un nombre plus important
de patients. Il est urgent pour cela d'introduire des outils de suivi du
patient à prix abordables et des associations médicamenteuses à dose fixe
avec une prise par jour, mais aussi de faire de la recherche opérationnelle
pour adapter les traitements aux réalités cliniques. Par exemple, plutôt que
de mener des tests individuels de résistance, des sites sentinelles
permettraient de monitorer la résistance à l'échelon de la société. Des
médecins et chercheurs des pays en développement devraient diriger ce
processus en coopération avec les malades et avec l'appui de la communauté
internationale.

Les associations médicamenteuses à dose fixe : recommandées par le 12ème
comité d'experts de l'OMS sur l'utilisation des médicaments essentiels,
elles permettent d'améliorer l'adhérence au traitement et d'éviter
l'apparition de résistances. Les travaux actuels de l'industrie
pharmaceutique sur les besoins des personnes atteintes du VIH/Sida aux
États-Unis et en Europe aboutiront à de nouvelles associations susceptibles
d'être utilisées dans les pays en développement. Les études actuelles sur
les formulations à une prise par jour et les formulations à prise
journalière unique sont à cet égard particulièrement intéressantes. Les
fabricants génériques d'ARV sont de leur côté particulièrement bien placés
pour développer des associations médicamenteuses à dose fixe des schémas
posologiques recommandés. En fait, les seules associations à dose fixe
actuellement disponibles à prix abordable dans les pays en développement
sont produites par les compagnies génériques.

Vers une approche simplifiée. Parallèlement au développement de nouvelles
formulations, il faut aider les institutions et les médecins qui travaillent
dans des environnements à faibles ressources à élaborer des protocoles de
traitement simplifiés. La recherche axée sur une meilleure utilisation des
marqueurs cliniques pour réduire la dépendance au contrôle biologique doit
également être soutenue. Dans le même temps, il faut poursuivre la mise au
point de tests moins coûteux et moins complexes à utiliser, comme Dynabeads
et TRAx CD4. Enfin, d'autres stratégies prometteuses comme les interruptions
de traitement structurées, susceptibles de réduire les effets secondaires et
le coût des traitements, doivent faire l'objet d'études plus approfondies.

Au rang des autres priorités de recherche, figure le besoin urgent de
formulations pédiatriques adaptées aux pays en développement. Par exemple,
le stockage des sirops est souvent très difficile, et leur conditionnement
rend le dosage compliqué. D'autre part, les formulations sous forme solide
sont rarement disponibles en dosages adaptés aux enfants. Le médicament
antifongique fluconazole par exemple, n'existe pas en sirop et est difficile
à doser avec les concentrations des gélules disponibles.

Il est impossible de s'appuyer uniquement sur le secteur privé, qui n'a
aucun intérêt à adapter les traitements aux pays en développement. Les
chercheurs de ces pays et les groupes de personnes atteintes du VIH/Sida
doivent obtenir l'appui de leur gouvernement et de la communauté
internationale pour définir et mettre en ¦uvre un calendrier de recherche.

******************

Nelson Mandela appelle à la mobilisation générale contre le sida
vendredi 12 juillet 2002, 20h01

BARCELONE, Espagne (Reuters) - En clôture de la conférence internationale
sur le sida, la plus grande réunion jamais tenue sur le sujet, l'ancien
président sud-africain Nelson Mandela a appelé à la distribution de
médicaments dans les pays pauvres et à la mobilisation générale contre une
pandémie qui a "déclaré la guerre à l'humanité".

Mandela, lui-même atteint par la tuberculose et le cancer, a était applaudi
par les 15.000 délégués de la réunion lorsqu'il a prononcé son discours
final.

"Le sida est en guerre contre l'humanité. C'est une guerre qui demande la
totale mobilisation de l'entière population", a-t-il expliqué.

"Nous devons trouver les moyens pour rendre accessible les traitements à
tous ceux qui en ont besoin, sans se demander où ils vivent ou s'ils peuvent
les payer", a ajouté Mandela, qui a passé 27 ans dans les geôles
sud-africaines pour sa lutte contre l'apartheid.

Faisant une référence émouvante aux 14 millions d'orphelins que provoque
l'épidémie, il a expliqué que "c'est une tragédie qui a des conséquences
énormes".

L'ancien président américain Bill Clinton, co-président de la Fondation
internationale contre le sida, a rejoint Mandela pour la cérémonie de
clôture, après une semaine de discussions dominées par la demande répétée de
davantage de fonds pour traiter le malades dans les pays en voie de
développement.

Après deux décennies de ravages causés par un fléau qui tue une personne
toutes les dix secondes, l'abîme entre pays pauvres et pays riches n'a
jamais été aussi alarmant. Aussi les médicaments révolutionnaires qui font
du sida une épidémie contrôlable au Nord n'atteignent-ils qu'un malade sur
1.000 en Afrique, épicentre de la catastrophe.

Après la guerre nucléaire, le sida est le plus grand problème auquel le
monde est confronté, a estimé Bill Clinton, qui a appelé les gouvernements
occidentaux à financer un nouveau fonds mondial contre cette maladie.

VOEU PIEUX

"Pour la première fois de son histoire, le monde doit prendre ses
responsabilités face à ce qui est une crise mondiale de la santé", a-t-il
expliqué.

Les gouvernements occidentaux ont concentré sur eux toute la colère des
militants associatifs et autres activistes qui ont bruyamment demandé qu'ils
consacrent dix milliards de dollars par an au Fonds mondial pour la lutte
contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Créé en 2001, il a, pour
l'instant, recueilli à peine 2,8 milliards de dollars.

Sans cet argent, l'objectif de l'Organisation mondiale de la santé de
fournir des anti-rétroviraux à trois millions de personnes en 2005 a toutes
les chances de ne rester qu'un voeu pieux.

"Dans quelques années, les gens ne se demanderont pas où son passés les 10
milliards (de dollars), mais où sont passés les trois millions (de
malades)", a ironisé Joseph Scheich, de l'ONG néerlandaise Stop AIDS now.

Le débat entre prévention et traitement dans les pays en voie de
développement, qui concentrent 95% des personnes contaminées, s'est avéré
une question clé pendant toute la semaine de discussions.

La prévention est plus coûteuse. Et ignorer l'envoi de médicaments revient à
rouler sur des accidentés de la route en se rendant à une réunion urgente
sur la ceinture de sécurité, a expliqué Richard Feacham, le nouveau
responsable du Fonds mondial.

Malgré des tarifs revus à la baisse pour les pays pauvres, malgré la
généralisation des médicaments génériques, les trithérapies demeurent hors
de prix pour la plus grande majorité des malades de ces pays.

La conférence a en revanche offert de nouvelles perspectives aux malades des
pays industrialisés, qui auront bientôt accès à de nouveaux types de
médicaments capables de combattre des formes plus résistantes du virus.

On est, cependant, toujours très loin d'un vaccin. Pour Seth Berkley,
présidente d'Initiative internationale pour un vaccin contre le sida, la
conférence a permis de constater comment le monde s'y prend pour combattre
le virus.



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