e-med
[Top] [All Lists]

[e-med] Lutte contre le marché illicite des médicaments au Mali (suite)

E-MED: Lutte contre le marché illicite des médicaments au Mali (suite)
-------------------------------------------------------------------------

[Modérateur : remerciements à Chrales Rambert de la traduction de ce message
d'Afro-nets.CB]

Ventes de médicaments dans la rue
http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID=28550&SelectRegion=West_Africa&S
electCountry=MALI
[Ce rapport n'engage pas les Nations Unies]

BAMAKO, 28 Juin 2002 (IRIN) - Au Mali, à la ville comme à la campagne, on
vend dans la rue de tout, des anti-inflammatoires aux antibiotiques. Rien de
plus simple. Vous croisez un vendeur et vous lui expliquez votre mal. Dans
la seconde, il, ou elle, plonge dans un sac en plastique, en extrait un
flacon plein de pilules, en détaille les propriétés et vous tend le paquet
en encaissant la monnaie.

Il est plus que probable que le vendeur ne connaît rien du principe actif du
médicament ou de ses effets secondaire étant donné qu'il n'est pas
pharmacien ni même autorisé à vendre ces médicaments.

Cependant, eux et leurs partenaires représentent un large pourcentage (entre
30 et 60% selon les estimations) de la fourniture de médicaments en Afrique
de l'Ouest.

Les pharmaciens du Mali sont en train de lancer une campagne contre la vente
sans autorisation de médicaments. "Le médicament de la rue çà tue" tel est
le slogan utilisé pour sensibiliser la population sur les risques majeurs de
santé publique représentés par ses médicaments.

"Ces médicaments sont un grand danger accepté par les patients et les
autorités" a déclaré le Dr. Deidia Diallo, présidente de l'Ordre des
pharmaciens du Mali.

Comment expliquer la prolifération de ces vendeurs? L'un des arguments
majeurs mis en avant par la population, selon le Dr. Diallo, est la
pauvreté. Ils disent devoir assurer leur gagne-pain.

"Autrefois, on mettait en avant la proximité et l'accessibilité,
ajoute-t-elle, mais ce n'est plus vrai. Partout on trouve des drugstores où
on peut trouver tous les médicaments. Même l'argument du prix a perdu son
sens face aux génériques."

Quant à eux, les clients des vendeurs des rues voient les choses
différemment.

Un enseignant d'une école secondaire a déclaré à Irin que les médicaments de
la rue "sont efficaces, bon marché et achetables à l'unité ". "J'en (des
médicaments de la rue) prend chaque fois que quelqu'un est malade chez moi.
Par exemple, ma fille était malade, je l'ai conduite au centre de sainte. Le
médecin m'a prescrit des médicaments pour CFA 7,000."

"Savez-vous combien cela m'a coûté pour la traiter? Moins de CFA 1.500 grâce
à ces gens (les vendeurs des rues)."

Une mère au foyer a déclaré à Irin qu'elle achète toujours ses médicaments à
la même vendeuse. "Je ne sais où ils se fournissent, mais ils ont des
produits particulièrement efficaces."

Le marché informel des médicaments est tout ce qu'on veut, mais il est bien
organisé. Les grossistes introduisent en fraude des médicaments du Nigeria
ou de la Guinée que les revendeurs vendent dans la rue.

"Parfois vous ne trouvez pas en pharmacie ce que vous cherchez, alors que
vous le trouvez toujours dans la rue" dit Sadio Samake, un étudiant à
l'Université du Mali. "Vous pouvez même n'acheter qu'un seul comprimé si
vous le voulez, ce qu'on vous refuse en pharmacie" ajoute-t-il.

Pour le Dr Abdrahamane Tounkara, Secrétaire Général du Ministère de la
Santé, "la fourniture régulière de médicaments est un élément essentiel d'un
système de soins qui fonctionne correctement, et leur accès est un signe
tangible de la valeur du système".

Il souligne que les patients doivent avoir un accès facile aux médicaments à
des prix raisonnables.

Cela a été la pierre angulaire du système de santé publique du Mali dans les
dernières années, selon les autorises de santé. L'une des mesures visant à
améliorer l'accès aux médicaments a été l'autorisation donnée aux
pharmaciens de remplacer des produits chers par des génériques bon marché,
pour autant qu'ils sont aussi efficaces.

Il y a 12 grossistes importateurs au Mali. Toute importation est autorisée
et contrôlée par l'agence du médicament du pays.

Malgré ces mesures toutefois, la vente illicite de médicaments est devenue,
en dix ans, un probleme majeur pour la population, selon le Dr. Diallo.

Elle déclare que les médicaments devraient entre dispensés seulement par des
pharmaciens et seulement contre des prescriptions. Tous les médicaments
circulant au Mali devraient entre autorisés et régulièrement vérifiés par
les autorités de santé, en accord avec la réglementation.

Mme Diallo déclare qu'elle est inquiète des effets secondaires de la vente
informelle comme le développement de la résistance aux antibiotiques à cause
de la mauvaise utilisation des médicaments. "Il faut me prendre très au
sérieux quand je dis que la résistance aux antibiotiques pose de graves
problèmes de santé publique" ajoute-t-elle.

Les pharmaciens ont aussi été accusés d'alimenter le marché illicite en
vendant les produits périmés aux vendeurs des rues.

Elle ajoute: "Je ne pense pas que quelqu'un qui a prêté serment devrait le
faire. Tout bon professionnel sait qu'il peut être traduit devant la
commission de discipline et que sa licence lui sera retirée s'il est reconnu
coupable."

 Une commission nationale a été établie au Mali pour lutter contre la vente
illicite de médicament, mais elle doit maintenant développer son plan
d'action.

 --

A. Odutola demande:

La vente de médicaments dans la rue est endémique dans la plupart des pays
africains. Cet information éclaire brillamment cette horrible pratique et
rend bien compte de son impact désastreux sur la santé publique en Afrique.
Quelles politiques et quels programmes faut-il développer contre ce fléau,
soit par pays, soit au niveau regional?


Vos commentaires sont bienvenus.



A. Odutola
Moderator
Datelinehealth - Nigeria
mailto:chpss_abo@yahoo.com




-----Original Message-----
From: Carinne Bruneton [mailto:remed@remed.org]
Sent: Wednesday, 3 July 2002 12:19 AM
To: Charles Rambert
Subject: TR: AFRO-NETS> Street vending of drugs in Africa


-----Message d'origine-----

De : owner-afro-nets@usa.healthnet.org
[mailto:owner-afro-nets@usa.healthnet.org]De la part de A Odutola
Envoyé : vendredi 28 juin 2002 18:38
À : afro-nets@satellife.healthnet.org
Objet : AFRO-NETS> Street vending of drugs in Africa


Street vending of drugs in Africa
---------------------------------


MALI: IRIN Focus on efforts to curb the vending of medicines:

http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID=28550&SelectRegion=West_Africa&S
electCountry=MALI

[This report does not necessarily reflect the views of the United Nations]

BAMAKO, 28 Jun 2002 (IRIN) - From painkillers to antibiotics, just about any
medicinal drug can be had on the streets of Mali's towns and villages. The
process is easy. You simply go up to the vendor and describe your pains. In
a flash, he or she dives into a plastic bag,whips out a bottle of pills,
reels off its healing properties, hands it over and pockets your money.

Chances are the vendors knows absolutely nothing about the chemicals from
which the pills are made, or about potential side effects since none are
pharmacists not do they have any licenses to sell drugs.

Yet, they and their counterparts elsewhere in West Africa administer a large
percentage (estimates range from 30 to 60 percent) of the drugs sold in the
subregion.



Pharmacists in Mali are spearheading a campaign against unlicensed drugs.
"Street drugs kill," is the slogan they have been using to make people aware
that such medicines are a major public health risk.

"These drugs are a great danger which is tolerated by the people and the
government," says Dr. Deidia Diallo, president of the Order of Malian
Pharmacists.

Why the proliferation of unlicensed medicine vendors? One major argument
people put forward is poverty, says Diallo. They say they have to do
something to earn a livelihood.


"Before, people would raise the argument of proximity and accessibility,"
she adds. "This is no longer true today. At every corner you have a
drugstore where you can find all kinds of medicines. Even the price argument
is no longer valid because of generic drugs."

The drug vendors' clients think differently.

Street drugs "are very efficient, cheap and can be bought even singly", a
secondary school teacher told IRIN. "I use them (street drugs) whenever
someone in my family is sick. Let me give you an example. My daughter was
sick so I took her to the health centre. The doctor gave me a prescription
that amounted to more than CFA 7,000."

"Do you know how much I used to cure her? Less than CFA 1.500 with these
people (the vendors)."

A housewife told IRIN she always bought her drugs from the same woman. "I
don't know where they get their drugs," she said, "but you find them with
extraordinarily efficient drugs."


The informal trade in medicinal drugs is anything but disorganized.
Wholesalers smuggle in the drugs from countries such as Nigeria or Guinea,
while retailers sell them on the street.

"Sometimes when you go to the pharmacy you don't find some drugs, but you
never have that problem in the street," says Sadio Samake, a student at the
University of Mali. "You can even buy a single tablet if you want, which is
not possible in pharmacies," he adds.

For Dr Abdrahamane Tounkara, secretary-general of the Ministry of Health,
"the regular provision of drugs is an essential component of a health care
system that works satisfactorily, and their accessibility is one of the
tangible symbols of the quality of health care".

He stresses that it is necessary to make sure people have easy access to
quality drugs at affordable prices.

This has been a cornerstone of Mali's public health policy in recent years,
according to the health authorities. One measure to improve access has been
to allow pharmacists to replace costlier medicines with cheaper, generic
ones as long as they are also effective.

Twelve wholesale distributors import generic medicines into Mali. All such
imports are authorised and controlled by the national drug administration.

Despite such measures, however, the illicit sale of drugs has become, within
a decade, a major danger for people's health, according to Diallo.

Drugs, she says, should be prescribed solely by pharmacists and only to
people with prescriptions. All drugs sold in Mali, she adds, should be
authorised and checked regularly by the relevant health authority, as per
state regulations.

Diallo says she is worried by the negative spinoffs of informal drugvending
such as the development of resistance to antibiotics due to the misuse of
medicines. "I am very serious when I say that resistance to antibiotics is
posing a lot of public health problems," she says.

Pharmacists themselves have been accused of encouraging the illicit market
by selling expired medicines to the street vendors. However, Diallo does not
believe such claims.



"I don't think someone who has taken an oath would do that," she says.
"Every professional knows that he or she can be prosecuted by a disciplinary
commission and his/her license can be withdrawn if found guilty."

A national commission has been created in Mali to fight the illicit sale of
medicines, but it is yet to develop its plan of action.

--

A. Odutola asks:

Street vending of all types of drugs and medicaments is endemic in most
countries in Africa. This focus on Mali vividly illustrates the horrifying
practice and drives home its disastrous impact on public health in Africa.
What policies and programmes are required to address this menace on a
country-by-country and regional basis?

Comments welcome.
 A. Odutola
Moderator
Datelinehealth - Nigeria
mailto:chpss_abo@yahoo.com



--
Adresse pour les messages destinés au forum E-MED:
<e-med@usa.healthnet.org>
Pour répondre à un message envoyer la réponse au forum
ou directement à l'auteur.
Pour toutes autres questions addresser vos messages à :
<e-med-help@usa.healthnet.org>

<Prev in Thread] Current Thread [Next in Thread>
  • [e-med] Lutte contre le marché illicite des médicaments au Mali (suite), remed <=