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[e-med] nonoxynol-9 : inefficace pour la prévention de linfection à VIH

E-MED:nonoxynol-9 : inefficace pour la prévention de l?infection à VIH
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Communiqué de presse OMS/55
28 juin 2002


nonoxynol-9 : inefficace pour la prévention de l?infection à VIH
http://www.who.int/inf/fr/cp-2002-55.html

Les spermicides à base de nonoxyl-9 n?offrent aucune protection contre l?
infection à VIH et pourraient même augmenter le risque pour les femmes qui
les utilisent fréquemment, selon un rapport publié par l?OMS aujourd?hui. Ce
document conseille même aux femmes très exposées à ce risque de ne pas les
utiliser pour la contraception.

Le rapport donne les recommandations faites par les experts lors de la
réunion organisée par le département OMS Santé et recherche génésiques et le
Programme CONRAD* dont le siège se trouve à l?Eastern Virginia Medical
School. Les spécialistes ont également conclu que ces spermicides n?offrent
pas davantage de protection contre deux autres infections sexuellement
transmissibles courantes : la gonorrhée cervicale et la chlamydiose.

On trouve aujourd?hui le nonoxynol-9 dans la plupart des spermicides sur le
marché et il a été utilisé depuis cinquante ans dans toute une gamme de
produits, gels, crèmes, mousses, ovules, etc., utilisés seuls ou associés à
d?autres moyens de contraception comme le diaphragme. Si l?on a espéré que
ces produits pouvaient réduire le risque d?infections sexuellement
transmissibles, y compris le VIH, ils ont servi avant tout de moyens de
contraception. Selon les estimations, le nombre de femmes utilisant des
spermicides varie d?un pays à l?autre : moins de 1 % en Asie et près de 17 %
dans certains pays d?Amérique latine.

« Il est clair que le nonoxynol-9 n?empêche pas l?infection par le VIH et
pourrait même contribuer à sa transmission en cas d?utilisation fréquente.
Il faut d?urgence mettre au point pour les femmes un agent microbicide
capable de diminuer substantiellement la transmission des infections
sexuellement transmissibles, dont le VIH », a déclaré le docteur Tomris
Türmen, Directeur exécutif à l?OMS de Santé familiale et communautaire.

Dans les années 70 et 80, des tests en laboratoire ont montré que le
nonoxynol-9 inactivait les agents responsables de la gonorrhée, des
chlamydioses et d?autres infections sexuellement transmissibles, dont le
VIH. Ces découvertes ont alimenté l?espoir de pouvoir utiliser ce produit
non seulement comme spermicide mais aussi comme microbicide. Hélas, les
essais cliniques réalisés à ce jour n?ont pas répondu à cette attente.

Deux études citées dans le rapport font au contraire état d?une augmentation
du risque de transmission des infections sexuellement transmissibles, VIH
compris, chez les femmes utilisant le nonoxynol-9. L?une des explications
possibles, ressortant des résultats d?autres études, serait que ce principe
actif pourrait provoquer des lésions de l?épithélium vaginal et faciliter
ainsi l?invasion des organismes infectieux.

La fréquence de ces lésions épithéliales semble varier avec l?intensité de l
?utilisation  du produit : de 18 % chez les femmes l?appliquant une fois
tous les deux jours à 53 % pour celles qui s?en servent quatre fois par
jour, d?après une étude. Selon les conclusions des experts, il faut
conseiller aux femmes ayant plusieurs rapports sexuels dans la même journée
d?adopter d?autres méthodes de contraception. Ils ajoutent néanmoins que
pour celles qui n?utilisent pas fréquemment les spermicides et qui ne sont
pas exposées à un risque élevé de transmission du VIH, les produits
contenant de faibles doses de nonoxynol-9 sont « probablement sûrs ».

Le docteur Henry Gabelnick, Directeur du CONRAD, donne une précision
importante : « le fait que le nonoxynol-9 n?offre aucune protection contre
le VIH ou d?autres infections sexuellement transmissibles (IST) ne doit pas
faire conclure à l?impossibilité de mettre au point des microbicides mais,
au contraire, inciter à accélérer les recherches pour trouver des produits
sûrs et efficaces. »

Les chercheurs travaillent sur une soixantaine de molécules prometteuses,
dont 11 sont parvenues au stade de l?essai clinique. Le manque de fonds
ralentit cependant les progrès. Le marché potentiel est important : on
estime à 340 millions le nombre annuel des cas d?infections guérissables des
voies génitales, mais la plupart d?entre elles surviennent dans des pays en
développement manquant de ressources.

En ce qui concerne la contraception, le rapport conclut que le nonoxynol-9,
s?il est utilisé seul, n?a qu?une efficacité modérée dans la prévention de
la grossesse mais il a tout de même une certaine utilité en l?absence de
tout autre moyen. Selon le docteur Tim Farley, travaillant au département
Santé et recherche génésiques :
« Même si les spermicides au nonoxynol-9 sont beaucoup moins efficaces que
la pilule, le stérilet, les contraceptifs injectables ou les implants, ils
présentent quelques avantages. Ils sont facilement accessibles, en vente
libre, disponibles pratiquement partout dans le monde et la femme en a le
contrôle ».

On ajoute parfois le nonoxynol-9 aux préservatifs masculins pour son effet
lubrifiant.
Les spécialistes n?ont pas trouvé la preuve que ces préservatifs offraient
une protection meilleure contre la grossesse ou les infections sexuellement
transmissibles que ceux qui sont lubrifiés à la silicone, le produit le plus
couramment utilisé à cet effet dans les pays en développement. Le
nonoxynol-9 pouvant provoquer certains effets secondaires, les experts
recommandent de ne plus faire la promotion de ces préservatifs mais font
observer qu?il vaut tout de même mieux les utiliser plutôt que d?avoir des
rapports non protégés.

On retrouve également le nonoxynol-9 dans de nombreux lubrifiants pour les
rapports anaux. Il arrive que certains utilisateurs aient l?impression d?
être protégés contre l?infection à VIH, mais les faits étudiés par les
experts sont particulièrement troublants. Les études chez la souris et l?
homme « font apparaître un décollement important de feuillets épithéliaux
(dans le rectum) », ce qui, selon le rapport, indique  « une augmentation
très probable du risque d?infection peu après l?application des produits
contenant du nonoxynol-9 ».

Si les spermicides au nonoxynol-9 restent un moyen de contraception pour les
femmes exposées à un faible risque d?infection à VIH, ils sont toutefois
bien moins efficaces que la plupart des autres méthodes. Celles qui sont
exposées au risque du VIH et veulent une contraception doivent être
informées que l?utilisation systématique et correcte des préservatifs est
très efficace, pour éviter à la fois les grossesses et les infections
sexuellement transmissibles, y compris le VIH.

* Le Programme CONRAD est une organisation non gouvernementale gérée par le
biais de l?Eastern Virginia Medical School aux Etats-Unis. Elle a pour
mission de mettre au point de nouvelles techniques de régulation de la
fécondité et de  prévention des infections sexuellement transmissibles
applicables dans les pays  en développement.


Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec le docteur
Tim Farley, Infections de l?appareil génital, Santé familiale et
communautaire, OMS, Genève, tél. : (+41 22) 791 3310 ; courriel :
farleyt@who.int ou Chris Powell, responsable de l?information, Santé
familiale et communautaire, OMS, Genève, tél. (+41 22) 791 2888 ; portable :
(+41 79) 217 3425 ; courriel : powellc@who.int.






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