e-med
[Top] [All Lists]

[e-med] Ulcère de Buruli: vaccination par le BCG

E-MED: Ulcère de Buruli: vaccination par le BCG
-------------------------------------------------------------------------

Ulcère de Buruli: les experts recommandent une vaccination par le BCG
GENEVE, 13 mars (AFP) - 17h54
http://www.medisite.fr/actualites/AFP/
La centaine d'experts réunis depuis lundi à Genève sur le thème de l'ulcère
de Buruli, une maladie qui ronge la peau et les os, particulièrement
handicapante et virulente en Afrique de l'ouest, recommandent une vaste
vaccination des populations avec le BCG utilisé contre la tuberculose.

Cette recommandation sera formellement adoptée jeudi à l'issue de ce
colloque qui a rassemblé des experts du monde entier pour échanger leurs
expériences sur cette maladie encore largement mystérieuse.

"Nous recommandons le lancement de vastes programmes de vaccination par le
BCG contre la tuberculose dans les pays plus particulièrement touchés par
cette maladie", a déclaré le professeur Wayne Meyers, responsable de la
division Microbiologie à l'Institut de pathologie des forces armées
américaines,  situé à Washington.

Ce vaccin est surtout efficace dès l'apparition de la  maladie et immunise
pour une courte période d'environ six mois, selon l'OMS.

L'ulcère de Buruli, de plus en plus répandu dans les zones pauvres et
humides des pays d'Afrique de l'ouest, est provoqué par une bactérie
(mycobacterium ulcerans) de la même famille que la tuberculose et la lèpre.

Les médecins-experts ignorent comment cette bactérie se glisse sous la
peau -ils privilégient l'hypothèse d'une  coupure ou d'une piqûre
d'insecte-, puis libère une toxine qui ronge la chair, les nerfs et la peau,
de manière le plus souvent indolore et sans fièvre.

Ils ont constaté que cette maladie n'était pas transmissible de personne à
personne, qu'elle affectait plus particulièrement les enfants de moins de
quinze ans et ne se détectait que visuellement, c'est-à-dire une fois le
malade infecté.

Jusqu'ici, le principal traitement consiste à enlever les tissus malades ou
à amputer, avec un risque de récidive d'environ 30%.

Toutefois, plusieurs spécialistes ont noté qu'une rapide prise en charge de
cette maladie permettait de stopper sa progression.

Certains d'entre eux recommandent une antibiothérapie précoce afin d'en
limiter les effets, bien que celle-ci ne soit pas toujours efficace.

L'ulcère de Buruli a été observé pour la première fois en grand nombre dans
le district de Buruli, en Ouganda, à la fin des années 1960. Il avait
également été diagnostiqué en Australie et en Papouasie-Nouvelle Guinée,
après la Deuxième guerre mondiale, ainsi qu'en Guyane française, au Mexique
et en Bolivie

********************

Communiqué de presse OMS/16
8 mars  2002
http://www.who.int/inf/fr/cp-2002-16.html
LES MYSTèRES DE L?ULCèRE DE BURULI
De nombreuses questions sans réponses pour une épidémie qui prend de l?
ampleur

L?ulcère de Buruli, qui déferle désormais sur toute l?Afrique, est une
maladie cruelle qui ronge à bas bruit la peau, les muscles et les os et qui,
dans sa forme la plus grave, laisse des séquelles inesthétiques et
handicapantes. Il pose à la communauté scientifique une avalanche de
questions. Personne ne sait avec certitude où la bactérie se trouve dans l?
environnement. Les modalités de sa pénétration dans l?organisme restent un
mystère, même s?il est clair qu?elle ne peut y arriver seule. On ignore
pourquoi cette pathologie tropicale apparaît spontanément dans des climats
tempérés, comme celui de l?Australie, ou dans les 25 autres pays où on l?a
repérée.
On ne sait pas non plus clairement si toute personne infectée développe la
maladie et, dans le cas contraire, pourquoi certains sujets sont capables d?
y résister. Il n?y a aucun moyen de diagnostic en dehors de l?examen visuel.
La durée de l?incubation fait l?objet de spéculations et, pour des raisons
inconnues, le traitement médicamenteux échoue fréquemment.

« On observe plus de 50 % des cas chez les enfants de moins de 15 ans ;
pourtant nous connaissons mieux la plupart des maladies chez l?animal que l?
ulcère de Buruli, fait observer le docteur Kingsley Asiedu, responsable à
l'Organisation mondiale de la Santé du programme de lutte contre l?ulcère de
Buruli. A l?aube du 21e siècle, alors que les chercheurs ont décodé l?
ensemble du génome humain, il est surprenant d?en savoir si peu sur une
maladie aussi incapacitante. »

Il devient urgent de trouver des réponses. L?ulcère de Buruli fait des
ravages échappant à tout contrôle dans plus de 25 pays. L?Afrique de l?Ouest
notifie des milliers de cas chaque année. Avec toutes ces questions en toile
de fond, la plupart des spécialistes mondiaux de cette maladie se réuniront
la semaine prochaine à l?OMS à Genève, du 11 au 14 mars 2002, pour faire le
point sur les progrès de la recherche.

D?une manière ou d?une autre, le bacille franchit la barrière cutanée et,
par un moyen qui n?est pas encore bien compris, il désactive ensuite le
système immunitaire. Une fois sous la peau, il libère une toxine corrosive
mais les signes d?alarme courants des infections, la fièvre et la douleur,
apparaissent rarement. Sans ces symptômes évocateurs et en l?absence de
réaction immunitaire pour contrôler la situation, l?ulcère de Buruli ronge
les chairs pendant des semaines, voire des mois. Puis la peau finit par se
creuser avec la formation de l?ulcère. D?abord de petite taille, il s?
agrandit mais cette évolution cesse un jour sans que l?on sache pourquoi. En
général, les  médicaments sont inefficaces dans les cas avancés mais peuvent
arrêter la  progression de la maladie s?ils sont administrés à un stade
précoce.

Pourtant, on connaît certaines caractéristiques de cette maladie avec
certitude ou avec de fortes présomptions. Les travaux qu?un petit groupe d?
experts a consacrés à l?ulcère de Buruli depuis 30 ans ont permis de faire
avancer nos connaissances.
Mais, en raison de l?insuffisance des fonds et de la faible visibilité de
cette pathologie, par rapport à d?autres comme le SIDA ou le paludisme, nous
n?avonstoujours que peu de certitudes dans de vastes domaines comme ceux de
l?épidémiologie, de l?étiologie ou du traitement.

Un médecin australien a découvert que Mycobacterium ulcerans était à l?
origine de l?ulcère de Buruli. Ce bacille fait partie de la famille des
bactéries provoquant la tuberculose et la lèpre. Mais, dans l?organisme, il
ne reste pas à l?intérieur des cellules, ce qui est rare, mais plutôt dans
le substrat qui les entourent.

Certains chercheurs soupçonnent fortement qu?il existe un lien entre les
modifications de l?environnement et la propagation de la maladie. Cette
hypothèse a vu le jour à la suite des études sur une flambée épidémique bien
documentée, apparue dans un lieu de villégiature sur une île australienne en
1997. On y a observé 29 cas, dans une région où il n?y avait jamais eu d?
ulcère de Buruli auparavant. Pour le médecin qui a étudié la flambée, le
docteur Paul Johnson, « Ce problème a une composante écologique et nous
devons nous poser la question suivante : que faisons-nous à l?environnement
pour que cette maladie soit de plus en plus fréquente ? »

Pour les patients à un stade avancé, l?ablation des tissus malades est le
seul traitement, ce qui implique parfois des amputations. Dans cette
situation, les interventions chirurgicales entraînent toujours une longue
hospitalisation et une incapacité définitive. En moyenne, les malades
restent hospitalisés trois mois après l?opération mais il arrive que la
rééducation demande jusqu?à 18 mois. Les conséquences très préjudiciables ne
se limitent donc pas au niveau physique : elles sont également d?ordre
économique. Au Ghana, le traitement de l?ulcère de Buruli coûte en moyenne
US $780, ce qui représente une somme considérable dans un pays où la
majorité de la population vit avec moins d?un dollar par jour. En outre, la
chirurgie n?assure pas toujours un traitement définitif : on observe des
récidives dans 30 % des cas opérés.

Compte tenu du manque d?informations dans tant de domaines clefs, l?OMS a
orienté sa stratégie sur le dépistage précoce : il est en effet possible d?
identifier et de traiter au niveau local et à faible coût les nodules et les
ulcères de petite taille. L?OMS a lancé une action de sensibilisation à la
maladie et recommande d?aller consulter  rapidement les services médicaux au
moindre soupçon. L?objectif est d?enrayer l?extension des lésions et les
incapacités qui en découlent.

Selon les premières informations sur cette réunion, les experts devraient
être en mesure d?apporter un certain nombre de réponses.

De plus amples informations à cette adresse :
http://www.who.int/inf-fs/fr/am199.html

[Posté par CB]

--
Adresse pour les messages destinés au forum E-MED:
<e-med@usa.healthnet.org>
Pour répondre à un message envoyer la réponse au forum
ou directement à l'auteur.
Pour toutes autres questions addresser vos messages à :
<e-med-help@usa.healthnet.org>

<Prev in Thread] Current Thread [Next in Thread>
  • [e-med] Ulcère de Buruli: vaccination par le BCG, remed <=