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E-MED: L'Afrique du sud et la névirapine, suite
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Traitement du sida: une autre province défie l'Etat, de plus en plus isolé
DURBAN (Afrique du Sud), 22 jan (AFP) - 12h50
http://www.medisite.fr/actualites/AFP/article9.html

Une deuxième province d'Afrique du Sud va défier la ligne gouvernementale
sur le sida en fournissant un anti-rétroviral aux femmes enceintes
séropositives, laissant de plus en plus isolé le gouvernement, déjà sommé
par la justice d'amender sa politique.

Le Premier ministre du KwaZulu-Natal (est), Lionel Mtshali, a affirmé que sa
province fournira, dans les hôpitaux publics, le médicament anti-rétroviral
Nevirapine, qui selon des études, limite jusqu'à 50% la transmission du
virus VIH de la mère à l'enfant à naître.

"Nous avons pris cette décision sur la base de la prévalence du VIH-sida
dans la province (...) qui a le plus grand nombre de malades et le plus fort
taux de décès" dus au sida, a déclaré mardi M.Mtshali sur la radio publique

Chaque année, quelque 70.000 bébés naissent séropositifs en Afrique du Sud,
où selon une étude en 2000, 24,5% des femmes enceintes sont séropositives.
Au KwaZulu-Natal, cette proportion atteint 36% des femmes reçues en
consultations pré-natales.

Le KwaZulu-Natal, où le Parti Inkatha (IFP) de Lionel Mtshali co-gouverne
avec le Congrès National Africain (ANC), devient ainsi la deuxième des neuf
provinces du pays, avec le Cap Occidental, à rompre avec la ligne
gouvernementale très contestée sur le traitement du sida, qui refuse de
fournir la Nevirapine dans la Santé publique.

Au Cap Occidental (sud-ouest), la Nevirapine est  disponible depuis 2000, à
l'initiative de l'executif local d'alors, alliance entre Nouveau Parti
National et Parti démocratique (droite). L'ANC gouverne seul dans les autres
provinces.

L'Etat met en avant une efficacité non prouvée et une toxicité de la
Nevirapine, et invoque des ressources et  infrastructures insuffisantes pour
un suivi adéquat.
Traduit en justice par une ONG d'aide aux malades, il a pourtant a été sommé
en décembre par la Haute Cour de fournir le médicament au-delà des 18
sites-pilotes. L'Etat a fait appel auprès de la Cour constitutionelle, une
procédure qui devrait prendre des mois.

"Nous acceptons le fait que la Nevirapine cause des complications, mais
c'est le droit d'une femme enceinte d'empêcher son enfant de contracter le
virus du sida", a  insisté M.Mtshali. "Le Cap Occidental a pris une décision
responsable, et n'a pas eu besoin d'autorisation du gouvernement national,
la Santé étant une compétence  commune Etat-province. Ils le font, et ils
sauvent des vies".

"Il est crucial d'aller au-delà des sites-pilotes, dans les zones
affectées", a-t-il ajouté, citant des zones rurales isolées du KwaZulu-Natal
où le VIH-sida est très présent, et dotée d'un seul site-Nevirapine, loin
des villes de Durban et Pietermariztburg.

La décision du KwaZulu-Natal a été rendue possible par l'offre en 2001 d'un
"groupe pharmaceutique allemand", pour la fourniture gratuite de Nevirapine
sur cinq ans et une offre de la Croix-Rouge pour aider à l'application et au
suivi, a ajouté Mtshali, qui n'a pas donné d'échéancier pour le programme.

L'Alliance démocratique (DA-opposition) a salué la décision du
KwaZulu-Natal, signe selon elle d'une "révolte nationale" croissante contre
la ligne gouvernementale, à l'image de "docteurs à travers le pays qui
ignorent les directives et fournissent, parfois de leur poche, la Nevirapine
à des femmes enceintes".

Des représentants du corps médical, le monde syndical,  les églises, ont
appelé en vain ces derniers mois le  gouvernement à revenir sur sa position
et généraliser la Nevirapine, des personnalités comme le Prix Nobel de la
Paix Desmond Tutu ajoutant leur voix.

 Selon le quotidien Business Day, une majorité de  ministres provinciaux de
la Santé, membres de l'ANC compris, commencerait désormais à pencher en
faveur d'un vaste programme Nevirapine. La porte-parole du  ministère de la
Santé ne pouvait être jointe mardi matin.

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