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[e-med] France: A propos de la prescription en DCI

E-MED: France: A propos de la prescription en DCI
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Journal Quotidien du Médecin
 N°7044 du 15-Jan-2002
http://www.quotimed.com/

Les pouvoirs publics veulent inciter les médecins à prescrire, au plus vite,
en DCI
Le gouvernement et l'assurance-maladie ne veulent pas perdre de temps.

La loi de financement de la Sécurité sociale 2002 qui légalise enfin la
prescription des médecins en dénomination commune internationale(DCI) a été
à peine publiée que sont élaborées les directives qui doivent convaincre les
médecins, et notamment les généralistes, à utiliser rapidement cette
possibilité. Avec l'objectif clairement affiché de développer les
génériques, dont le marché a bien du mal à décoller.
Pour y parvenir, plusieurs actions vont être rapidement lancées en direction
du grand public et des médecins.
D'abord, comme le confie au « Quotidien » le ministre délégué à la Santé,
Bernard Kouchner, des campagnes de communication et de sensibilisation aux
génériques vont être organisées à l'intention des patients et de l'opinion,
mais surtout le gouvernement, pour rassurer les médecins qui ne sont pas
toujours préparés à cette nouvelle forme de prescription, va prochainement
leur fournir des aide-mémoire, pour leur faciliter la tâche, qui leur
indiqueront les médicaments et leurs génériques correspondant aux noms des
molécules. Pour le ministre, « la prescription en DCI doit être l'occasion
pour le médecin de reprendre la main », concernant en particulier le droit
de substitution.
L'assurance-maladie, elle aussi, est bien décidée à inciter les médecins à
utiliser ce droit qui leur est maintenant accordé par la loi. Et pour cela,
elle va s'appuyer sur l'expérience de la caisse primaire de la Marne, qui
est toujours citée en exemple lorsque l'on parle de génériques.

Un logiciel DCI-nom de marque

Dans ce département, l'action conjuguée des médecins, des pharmaciens et des
responsables de l'assurance-maladie a fait que, lorsqu'une prescription
médicale peut être faite ou délivrée en générique, elle l'est réellement
dans 50 % des cas. La possibilité donnée aux médecins, avant le vote de la
loi, de rédiger leur ordonnance en DCI, est un facteur clé de ce succès,
explique le directeur de la caisse primaire, Alain Gautron, « puisqu'elle
participe pour 28 % à la délivrance des génériques dans les pharmacies ».
Pour aider les médecins, un document papier, élaboré en collaboration avec
les professionnels de santé du département, permet de lier les médicaments,
ou les génériques, de marque à la DCI.
Dans ce contexte, la CNAM a demandé à la caisse de la Marne et à son
directeur d'aller maintenant plus loin et d'élaborer un logiciel
informatique facilitant la tâche des médecins. Il est vrai qu'aujourd'hui,
la rédaction à la main de certaines DCI, compliquées dans leurs libellés,
peut prendre un certain temps. Sans compter que le médecin n'est pas
infaillible et peut faire des erreurs de rédaction, ce qui pourrait
embarrasser le pharmacien. D'où l'idée de ce logiciel informatique. « Nous
sommes chargés de mettre au point ce nouvel outil. Nous avons déjà bien
avancé et nous espérons aboutir dans les prochains mois. Il sera alors temps
de l'expérimenter dans la Marne, avant peut-être que tous les généralistes
français l'utilisent », explique Alain Gautron. Le logiciel, qui pourrait
être disponible au 1er janvier prochain, devrait permettre enfin, dans
l'esprit des pouvoirs publics, le décollage des génériques. Car avec 3 % , à
peine, du marché des médicaments remboursables, on est bien loin des
ambitions affichées en 1999, lorsque le droit de substitution accordé au
pharmacien est entré en vigueur.

**************
Bernard Kouchner : l'occasion pour les médecins de reprendre la main

Le ministre délégué à la Santé, qui rappelle que les études médicales
comportent désormais un enseignement obligatoire sur la prescription en DCI,
souhaite ardemment que les médecins utilisent la faculté qui leur est
désormais donnée de prescrire par cette biais. Pour Bernard Kouchner, c'est
l'occasion pour eux de reprendre la main, face au droit de substitution
accordé au pharmacien.

Bernard Kouchner : le gouvernement lancera, en mars, une campagne de
sensibilisation à l'intention des médecins et des patients(photo S
Toubon/"le Quotidien")

LE QUOTIDIEN
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2002 institue la
prescription du médecin en DCI. Pensez-vous que le corps médical y est
préparé et que la formation thérapeutique, que le praticien reçoit en
faculté, soit suffisante pour qu'il puisse exercer ce droit en toute
sécurité ?

BERNARD KOUCHNER
La disposition en question prévoit la possibilité pour les praticiens de
prescrire en DCI, ou plus précisément le droit pour les patients à être
remboursés dans ce cas. J'espère que les médecins se saisiront de cette
faculté. Leurs études vont désormais les y préparer : la réforme du
programme du deuxième cycle des études médicales, mise en euvre à la
dernière rentrée universitaire, prévoit un enseignement obligatoire
comportant la prescription des médicaments en DCI. Cet enseignement est
étalé sur les deuxième, troisième et quatrième années du deuxième cycle.
Auparavant, l'enseignement de la prescription en DCI avait déjà lieu, sans
être obligatoire, dans de nombreuses UFR médicales.
Il est vrai que, notamment avec la visite médicale, les habitudes de
prescription se sont prises en nom de marque, mais cela peut évoluer. Nous y
contribuerons. Nous lançons en effet, en mars prochain, une campagne de
communication sur les médicaments génériques à l'intention du grand public.
Elle comporte aussi un volet sur la prescription en DCI pour les médecins,
et en particulier la fourniture d'aide-mémoire facilitant la prescription en
DCI.
Nous travaillons aussi sur une charte de logiciels d'aide à la prescription
qui devront proposer une fonction optionnelle de passage du nom de marque à
la DCI.
La prescription en DCI ne risque-t-elle pas cependant de compliquer la
relation médecin-malade ? Cela ne va-t-il pas décourager le médecin de
mettre en pratique cette réforme ?

La campagne de communication sur les génériques permettra de sensibiliser le
grand public, ce qui devrait simplifier l'explication à donner par le
médecin. Je crois que l'on sous-estime toujours la capacité des patients,
c'est-à-dire de nous tous, à participer à une évolution dès lors qu'elle est
utile et expliquée. La prescription en DCI doit être l'occasion pour le
médecin de reprendre la main, s'il le souhaite, en ce qui concerne la
substitution effectuée en pharmacie, en expliquant à son patient qu'il
accepte, par avance, que le pharmacien délivre un médicament générique.

Négociations avec les pharmaciens

Le gouvernement, par cette innovation, espère un développement important des
génériques. Croyez-vous cependant que le pharmacien sera plus enclin
qu'aujourd'hui, avec cette réforme, à délivrer un générique, le moins cher
de la classe thérapeutique ?

L'obligation faite au pharmacien de délivrer un médicament parmi les moins
chers a simplement pour objet d'éviter que, face à une prescription en DCI,
le pharmacien ne délivre le princeps, sauf si celui-ci s'est aligné sur le
prix des génériques. Les modalités pratiques de mise en euvre de la mesure
seront négociées avec les pharmaciens, avec l'idée d'une marge de maneuvre
significative, permettant au pharmacien de choisir parmi l'ensemble des
génériques disponibles.

Une enquête de « 60 Millions de consommateurs » montre que moins d'un tiers
des pharmaciens pratiquent d'une façon régulière le droit de substitution.
Cela ne traduit-il pas l'échec de la réforme de 1999 et plus largement celle
de la politique du générique en France ?

L'enquête de « 60 Millions de consommateurs » porte sur un faible
échantillon. Les statistiques de la CNAM montrent qu'au plan national
environ un pharmacien sur deux substitue régulièrement. C'est à la fois un
bon résultat, le droit de substitution n'ayant été accordé aux pharmaciens
qu'en 1999, et un résultat insatisfaisant, l'objectif étant de convaincre
tous les pharmaciens de substituer. La prescription en DCI est un complément
au droit de substitution qui permettra aux pharmaciens qui ne le font pas
spontanément de délivrer des génériques sur prescription du médecin.

Propos recueillis
par Jacques DEGAIN

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Jeudi 27 Décembre 2001
 Le Rhône expérimente la DCI
 sur www.egora.fr
 Catherine Holué

Depuis le 15 décembre, la prescription et la délivrance des médicaments sous
leur dénomination commune internationale (DCI) sont possibles dans le
département du Rhône, suite à un accord intervenu entre les caisses
primaires d´assurance maladie de Lyon et Villefranche, les syndicats de
pharmaciens UNPF et FSPF et le syndicat de généralistes MG France.

Destinée à promouvoir le médicament générique, l´expérience rhodanienne va
durer 9 mois et tiendra lieu de test grandeur nature pour l´ensemble du
territoire. Une charte de 11 articles, accompagnée d´une fiche de
signalement des difficultés rencontrées et d´une liste rappelant les
correspondances entre les produits de référence et leur DCI vient ainsi
d´être adressée à tous les généralistes et pharmaciens du département, pour
les inciter à adopter le système.

"Ce dispositif était souhaité par beaucoup de médecins : le prescripteur
choisit la molécule et le dispensateur retrouve sa fonction de délivrance du
produit commercial", se félicite le Dr Vincent Rébeillé-Borgella,
responsable de MG France 69.

"Le maillon de départ reste le médecin, qui opte pour une DCI et se soulage
ainsi des noms de marque.
Ensuite, il revient au pharmacien de délivrer le médicament le mieux
possible, en veillant à sa qualité, à son coût, à l´observance du traitement
par le patient et aussi selon la disponibilité en stock", résume Gérard
Vitti, président du Syndicat des pharmaciens du Rhône (affilié à la FSPF).

Si l´objectif affiché dans la charte est de "délivrer un générique pour
toute prescription en DCI", il s´agit de le faire avec "tact et mesure".
Autrement dit, le pharmacien comme le médecin se garderont de forcer la main
à un patient réfractaire, surtout s´il est atteint d´une affection lourde et
chronique... "Le rôle du pharmacien est encore plus important dans ces cas
de figure", souligne Gérard Vitti.

Une fois les fêtes et les congés passés, les premières prescriptions en DCI
devraient être effectuées en janvier. Les caisses évalueront dès lors chaque
mois la progression des délivrances de génériques, avant une synthèse finale
fin 2002 qui inclura des entretiens menés auprès d´un échantillon de
généralistes et de pharmaciens.

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