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[e-med] Revue de presse africaine sur le sida

E-MED: Revue de presse africaine sur le sida
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[Ci-joint cette revue de presse, des réactions ? CB]



L'Afrique du Sud refuse des kits de dépistage du SIDA

Panafrican News Agency (Dakar)
March 19, 2001
Posted to the web March 19, 2001

Johannesbourg, Afrique Du Sud

Le gouvernement sud-africain a refusé un important don de kits de
dépistage gratuit du VIH offerts par une société pharmaceutique
américaine en raison des coûts élevés de refrigération, a annoncé
dimanche le département de la Santé à Johannesbourg.

"Les kits achetés par appel d'offre pourraient être stockés à
température ambiante", a déclaré Jo-Anne Collinge, porte-parole du
département de la Santé.

Les journaux ont critiqué ce week-end le gouvernement pour avoir
refusé le don de la société pharmaceutique américaine, Guardian
Scientific Africa Incorporated.

Collinge a déploré que les médias n'aient pas donné une explication
complète concernant la décision du gouvernement.

Il a indiqué que les règlements de la Fonction Publique ont interdit tout
don qui pourrait compromettre ou être perçu comme "un appel d'offre
équitable et impartial" pour des marchandises et des services.

Parmi les autres raisons invoquées, le département de la Santé avait
également écrit à la société pour l'informer que son geste pourrait
enfreindre les contrats que le département de la Santé a signés avec
les sociétés Abbott Diagnostics et World Diagnostics pour fournir des
kits de dépistage du VIH.

En outre, il a indiqué que le personnel du ministère de la Santé était
déjà formé ou recevait une formation sur les kits achetés par appel
d'offre.

"Cela risque d'être difficile et déroutant d'élaborer une deuxième
méthode de formation à ce stade", a-t-il souligné.

Les kits offerts doivent être stockés dans un endroit refrigéré entre 2
et 8 degrés centigrades tandis que ceux achetés par appel d'offre
pourraient être gardés à température ambiante.

Le département de la Santé a indiqué qu'il était stipulé dans le
document d'appel d'offre que les produits devraient pouvoir être
stockés à température ambiante parce que les tests de dépistage
seront effectués dans des cliniques ne disposant pas de système de
refrigération.

"Nous sommes toujours conscients que des produits de valeur qui
sont stockés à des endroits inappropriés peuvent devenir peu fiables
ou inutilisables".

Les kits de dépistage utilisés par le département de la Santé doivent
être approuvés par l'Institut National de Virologie.

La société Guardian Scientific Africa avait apparemment obtenu un
rapport favorable de l'Institut, mais ce document n'avait pas été mis à
la disposition du département de la Santé au moment du don, et il
n'était pas indiqué qu'une évaluation avait été effectuée à cet égard.

Collinge a indiqué que la société avait été informée que les kits
pourraient servir à des ONG dont les noms lui avaient été remis.

Il n'était pas inhabituel que le gouvernement redistribue des dons à
des ONG, chargées de la prévention et de l'assistance en matière de
VIH/SIDA.

"La décision du département de la Santé de ne pas accepter ce don
spécifique ne signifie absolument pas que le gouvernement refuse
systématiquement les contributions du secteur privé", a déclaré
Collinge.

Le chef de l'Alliance Démocratique, (AD-opposition), Tony Léon, a
critiqué la décision du gouvernement qui, selon lui, atteste une
nouvelle fois de son scepticisme vis-à-vis du SIDA et de son manque
de promptitude à résoudre cette crise nationale.

La seule raison valable pour expliquer ce refus est que le
gouvernement réfute toujours l'idée selon laquelle le VIH cause le
SIDA, a déclaré Léon dans un communiqué avant celui rendu public
par le département de la Santé.

Le gouvernement devrait revenir sur sa décision, a-t-il souligné.

La DA a invité le président Thabo Mbeki à dissoudre son Comité
consultatif sur le SIDA. La plupart de ses membres ont affirmé qu'il n'y
a pas de lien causal entre le VIH et le SIDA.

Le Pr Peter Duesberg, qui est membre du Comité consultatif, a
officiellement déclaré que l'idée selon laquelle le VIH causait le SIDA
est "incohérente, paradoxale et absurde", et que 75.000 personnes
seulement étaient porteurs du SIDA en Afrique.

Selon Marthinus Van Schalkwyk, chef-adjoint de la DA, le Dr Roberto
Giraldo a indiqué que la promotion des préservatifs et des seringues
propres étaient une conspiration des fabricants de préservatifs et de
produits médicaux.

Dans une lettre adressée au Financial Mail et intitulée "le VIH est un
virus inoffensif", le Pr David Rasnick a également dit: "Des preuves
accablantes attestent que le SIDA n'est pas une maladie contagieuse
et sexuellement transmissible et n'est pas causé par le VIH".

Van Schalkwyk a indiqué que le président Mbeki devrait dissoudre
son Comité consultatif sur le SIDA et le remplacer par des personnes
mieux placées pour donner des conseils scientifiques fiables et
rigoureux.

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Inquiétude des prescripteurs des antirétroviraux et des ONG


Panafrican News Agency (Dakar)

March 19, 2001
Posted to the web March 19, 2001

Abidjan, Côte D'ivoire

Quelques jours après l'annonce de la baisse des prix des antirétroviraux en
faveur des malades du SIDA en Côte d'Ivoire, les milieux médicaux et les
ONG de lutte contre la pandémie émettent des inquiétudes sur la qualité des
médicaments et l'approvisionnement régulier du marché.

Le directeur des maladies infectieuses au niveau du Centre Hospitalier
Universitaire de Treichville, quartier populaire au sud d'Abidjan, doute de
l'origine de ces médicaments qui ne garantissent pas selon lui, la qualité
de ces génériques antirétroviraux qui proviennent pour la plupart, des pays
en développement tels que l'Inde.

Quand aux ONG de lutte contre le VIH, l'inquiétude se situe au niveau de la
rupture des stocks de médicaments antirétroviraux. "L'on devrait permettre
un approvisionnement permanent aux malades pour plus d' efficacité" a fait
remarquer Madame Kaboré Amy, vice présidente de l'ONG Amepou, engagée dans
la lutte contre le VIH/SIDA.

Rappelons que la volonté manifestée il y a deux semaines par les
laboratoires MERKS SHARM et DOM, BRISTOL MEYERS et GLAXO SMITH KLEINE, de
réduire de façon drastique, le coût des médicaments antirétroviraux, fait
suite à une négociation menée par le nouveau ministère délégué auprès du
Premier ministre chargé de la lutte contre le SIDA, le ministère de la
santé publique et l'ONUSIDA.

L'objectif de ces laboratoires est de ne plus faire de bénéfices sur la
vente de leurs médicaments antirétroviraux en Afrique, permettant ainsi à
des filiales installées dans des pays en développement, de fabriquer des
antirétroviraux.

Malgré ces doutes émises par certains médecins prescripteurs sur la qualité
de ces antirétroviraux, les négociations se poursuivent pour convaincre
d'autres firmes à procéder à une réduction des coûts de leurs médicaments.

La baisse représente une réduction de 80 à 90 pour cent sur les prix
initialement vendus aux malades du SIDA en Côte d'Ivoire. Ainsi, le coût de
la trithérapie passe de 300.000 FCFA à 75.000 FCFA, voire 65.000 FCFA par
mois et par malade selon les médicaments.


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Le continent doit être plus combatif, selon un ministre ghanéen

Panafrican News Agency (Dakar)
March 20, 2001
Posted to the web March 20, 2001

Accra, Ghana

Le ministre ghanéen de l'Education, Ameyaw-Akumfi, a exhorté lundi
les pays africains à traduire leurs discours sur le VIH/SIDA en actions
concrètes.

S'exprimant à l'ouverture d'une conférence des Experts de la
Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest
(CEDEAO) sur le VIH/SIDA à Elmina, à 100 kms à l'ouest d'Accra, le
ministre ghanéen a insisté sur le fait que l'éducation et la conquête du
savoir devraient aider le continent à relever les défis de la
mondialisation.

"C'est par l'éducation que nous parviendrons à émanciper nos
populations des chaînes effroyables de la maladie, de la pauvreté et
de l'ignorance", a-t-il dit.

Le thème de cette conférence de cinq jours, qui vise à mettre en place
un partenariat international contre le VIH/SIDA, est "Vers des
stratégies et une coopération régionale en matière d'éducation
nationale".

La concertation vise également à mobiliser les acteurs du secteur
éducatif pour lutter contre ce fléau dans les pays de la CEDEAO.

Quelque 130 participants, venus des pays de la CEDEAO, de la
communauté des donateurs et des ONG, prennent part à la réunion.

Le ministre ghanéen a invité les pays de la CEDEAO à renforcer leurs
stratégies de lutte contre la pandémie en consacrant des ressources
financières nécessaires à cette cause.

Il a dit que son département était impliqué dans des stratégies de lutte
contre cette maladie, et qu'un programme national a été développé
dans le cadre de la politique de réduction de la pauvreté formulée par
son gouvernement.

Le directeur général-adjoint de l'UNESCO, chargé de l'Education,
Aïcha Bah-Diallo, s'est dit inquiète de taux de la prévalence du
VIH/SIDA dans la sous-région, et a déploré le fait que l'espérance de
vie a chuté en raison de la pandémie.

Elle a appelé non seulement à une intensification des cours
d'éducation sexuelle dans les écoles, mais aussi à une approche
spéciale pour sensibiliser les populations analphabètes.

Le fonctionnaire de l'UNESCO a également demandé à la conférence
de proposer des suggestions concrètes sur les stratégies efficaces
de lutte contre la maladie.

Pour sa part, Pierre Mpele Kilaba, responsable de l'équipe interpays
de l'ONUSIDA pour l'Afrique de l'ouest et du centre, a rappelé les
effets dévastateurs de cette maladie dans les secteurs de l'éducation
en Afrique subsaharienne, et a appelé à des mesures plus urgentes et
plus énergiques.

Il a souligné la nécessité pour les écoles de jouer un rôle plus efficace
dans la formulation des stratégies, la promotion de l'éducation
sexuelle et la formation de partenariat entre les leaders des
communautés, les enseignants et les parents en vue de sensibiliser
les populations.

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Burundi.
Sur tous les fronts du sida.

Déjà très présente sur le terrain auprès des malades, une association
participe activement au combat pour l'accès aux médicaments génériques.

Par CÉCILE HENNION
Jeune Afrique [13/03/2001] - Numéro 2096 - Pages 41 -

Le 5 mars 2001 s'est ouvert à Pretoria le procès intenté au gouvernement
sud-africain par trente-neuf géants mondiaux de la pharmacie, regroupés en
une Association de l'industrie d'Afrique du Sud (Pmasa). L'objet du procès
: une loi promulguée en 1997, facilitant l'accès aux médicaments génériques
contre le sida via les importations parallèles ou la production locale et
qui, selon la Pmasa, est contraire aux accords internationaux sur la
propriété intellectuelle conclus dans le cadre de l'Organisation mondiale
du commerce (OMC).

Le procès de Pretoria est suivi de près par les associations de lutte
contre le sida, toutes mobilisées autour du problème de l'accès aux
traitements, notamment pour l'Afrique, détentrice du triste record du
nombre de personnes contaminées : 24,5 millions sur 34,3 millions

en 2000. Quelle que soit son issue, le combat continuera à Ouagadougou,

du 3 au 7 mai, lors du premier Sommet pour l'accès aux médicaments
génériques antisida. À côté d'acteurs connus, comme Act-Up, Oxfam ou
Médecins sans frontières, l'Association nationale de soutien aux
séropositifs et aux sidéens (ANSS) du Burundi participe énergiquement à la
préparation de ce sommet.

C'est la raison de la visite à Paris du Dr Marie-José Mbuzenakamwe,
coordinatrice d'ANSS. Installée dans les bureaux de Sidaction, principal
partenaire de son association, elle évoque les efforts déployés par l'ANSS
pour « réveiller les consciences, faire réagir et agir ».

L'association a été créée sous l'impulsion d'une autre femme, Anne Gapiya,
qui est l'une des premières au Burundi à avoir osé parler publiquement de
sa maladie. C'était le 1er décembre 1995, dans une église. Après cette
leçon de courage, d'autres personnes ont suivi. Dans ce pays où la
séroprévalence est de l'ordre de 20 % chez les adultes et de 16 % chez les
adolescentes enceintes, le sida reste une maladie honteuse. Marie-José est
néanmoins optimiste : « Les gens dédramatisent le VIH et sont moins
défaitistes. L'association leur a insufflé l'esprit de lutte et ceux qui
apprennent leur séropositivité viennent adhérer plus facilement à notre
association. »

Le nombre de malades dépendant de l'ANSS est passé d'un peu moins de 100 en
septembre 1999 à 700 un an plus tard, et à 801 en février 2001. C'est très
peu dans un pays de 6 millions d'habitants. Deux médecins et deux
conseillers psychologiques, eux-mêmes séropositifs, donc « plus proches des
gens », apportent leurs compétences. Grâce à l'aide de Sidaction, l'ANSS a
pu ouvrir un centre d'accueil qui propose un dépistage gratuit et une prise
en charge médicale des malades. Trois lits permanents ont été organisés en
mini-hôpital de jour pour pallier le problème des frais d'hospitalisation.
« Les hôpitaux du pays exigent des cautions exorbitantes. Avant un
quelconque soin médical, ils demandent 50 000 F CFA (500 FF) : un véritable
salaire de ministre ! »

La tâche n'est pas facilitée par la situation politique du pays. La guerre
civile larvée paralyse toutes les initiatives. « Pour les Burundais,
explique Marie-José, le problème numéro un, c'est la guerre, pas le VIH. »

Autre plaie, les enfants orphelins du sida. En 1999, l'OMS et l'Onusida
estimaient leur nombre à 230 000. Il s'y en ajoute 11 000 chaque année.

Autre action essentielle, le combat pour la détaxe des antirétroviraux. Le
gouvernement burundais n'a pas encore signé les accords de l'OMC et il a
jusqu'à 2005 pour aligner sa législation sur le droit international.
Marie-José s'emporte : « En tant que médecin, je trouve insupportable de ne
pas avoir accès aux médicaments. Les années passées, nous avons vu mourir
beaucoup de nos amis, de nos parents. On se consolait en se disant qu'il
n'y avait pas de remède. Mais aujourd'hui... Continuer de les voir mourir
alors que les médicaments existent, c'est révoltant ! »

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