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[e-med] Revue de presse africaine sur le sida (suite)

E-MED: Revue de presse africaine sur le sida (suite)
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[Posté par Christian Labadie, CLabadie@t-online.de]

Revue de presse africaine sur le sida:

12 Mars 2001 - La Côte d'Ivoire obtient des prix pour les traitements
anti-sida
12 Mars 2001 - Les imams mauritaniens s'engagent dans la lutte contre le
sida

Article - JMT (Madagascar) - Expériences et opinions:
Enjeux et perspectives de la recherche médicale tropicale -
Quelle recherche, au profit de qui, et par qui ?

Pour suggérer un site envoyer un message à:
mailto:prevges.SIDA@ml.free.fr

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Source:
http://www.lesoleil.sn/santeenv/article.CFM?articles__id=2023

Lundi 12 Mars 2001

La Côte d'Ivoire obtient des prix pour les traitements anti-sida

Le gouvernement de la Côte d'Ivoire a annoncé, samedi soir, qu'il avait
conclu un accord avec les principaux laboratoires pharmaceutiques pour
obtenir, à des prix extrêmement réduits, les traitements contre le SIDA.
Des laboratoires américains, Bristol-Myers Squibb et Merck and Co., et
britannique, Glaxo SmithKline, fourniront leurs traitements pour 65.000 à
75.000FCFA par mois au lieu d'environ 300.000FCFA, selon le ministre chargé
du dossier, Assana Sangare, qui a précisé que des accords similaires
étaient en cours de négociation avec d'autres firmes.

Le secteur pharmacie s'est engagé à rendre les traitements plus abordables
pour les pays en voie de développement, et particulièrement l'Afrique
sub-saharienne où vivent 25 des 36 millions de personnes infectées par le
virus VIH. Durant la seule année 2000, 2,4 millions d'habitants y sont
morts du SIDA. Les laboratoires Merck ont précisé que l'Ouganda, le Sénégal
et le Rwanda bénéficiaient également de telles réductions.

Lundi dernier, s'est ouvert à Pretoria un procès opposant 39 firmes
pharmaceutiques au gouvernement sud-africain, qui a mis en application la
loi de 1997 permettant de copier les médicaments en cas d'urgence
sanitaire. Or 10% des 45 millions de Sud-Africains sont séropositifs ou
malades et Pretoria affirme ne pas avoir les moyens de s'offrir les
traitements originaux, même à prix réduit.

AP

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Source:
http://www.lesoleil.sn/santeenv/article.CFM?articles__id=2022
Lundi 12 Mars 2001

Les imams mauritaniens s?engagent dans la lutte contre le sida

Une organisation de lutte contre le sida en Mauritanie a entrepris de
convaincre les chefs religieux musulmans de parler de cette maladie dans
leurs prêches et dans les écoles coraniques, un défi en passe d'être relevé
malgré les réticences initiales.

Pendant deux jours, jeudi et vendredi, l'ONG "Stop-sida" a organisé une
session de formation et de sensibilisation d'une dizaine d'imams de
mosquées et de directeurs d'écoles coraniques sur les dangers du virus du
sida (VIH), sa transmission et les méthodes de lutte contre la pandémie.

L'ONG est, elle-même, dirigée par un érudit musulman, Hamden Ould Tah.
Selon Mme Fatimettou mint Maham, directrice adjointe de l'organisation,
"ces religieux ne se laissent pas facilement convaincre s'agissant de la
lutte contre cette maladie, liée dans leurs esprits aux mauvaises m?urs et
aux rapports sexuels extra-conjugaux".

Pour les associer à ses efforts, l'ONG a dû placer la lutte contre le sida
dans le cadre d'une éducation sanitaire plus générale, reposant sur des
questions liées à la santé de la famille, de la mère et de l'enfant, "afin
d'éviter des blocages et de heurter une certaine conscience collective dont
ils se sentent dépositaires". Ainsi, le "gavage" des femmes, pratique
consistant à "engraisser" les jeunes filles, ou le problème des mariages
précoces, ont été abordés.

"Dans la foulée", explique Mme Fatimettou, des questions telles que
"l'espacement des naissances et l'existence, dans certains milieux, de
rapports sexuels interdits" ont été évoquées pour souligner l'intérêt de
l'usage du préservatif.

Cette approche a déjà permis à l'association d'obtenir l'appui de trois
membres sur cinq du Haut conseil islamique et de cinq professeurs de
Médersas (écoles coraniques), instaurant une véritable solidarité entre
scientifiques et théologiens.

Selon les organisateurs de la session de formation, un comité de grands
ulémas (docteurs de la loi musulmane) doit être incessamment constitué et
rendre un avis, pour donner une certaine caution morale et religieuse aux
imams et autres théologiens désireux de s'engager dans la lutte contre le
sida, a indiqué à l'AFP Mme Fatimettou.

Selon elle, une proposition émanant de la Mauritanie est en cours d'examen
par le Programme des Nations Unies sur le sida (Onusida), qui la soumettra
aux pays musulmans d'Afrique de l'Ouest et du Nord, en vue de créer un
forum sous-régional des imams de mosquées et des écoles coraniques pour la
lutte contre la propagation du VIH.

La directrice adjointe de Stop-sida estime que la situation épidémiologique
est inquiétante en Mauritanie où le nombre de personnes vivant avec le sida
est de l'ordre de 6.600, dont la moitié de femmes et 260 enfants. Selon des
statistiques de l'Onusida, la maladie y aurait fait 610 morts en 1999.

La République islamique de Mauritanie compte quelque 2,5 millions
d'habitants, presque tous musulmans.

AFP
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Journal de Médecine et de Thérapeutique
La première revue scientifique malgache sur Internet
http://www.refer.mg/madag_ct/rec/jmt/index.htm

Source:
http://www.refer.mg/jmt/num3/rech2.htm


EXPERIENCES ET OPINIONS


ENJEUX ET PERSPECTIVES DE LA RECHERCHE MEDICALE TROPICALE

Quelle recherche, au profit de qui, et par qui ?

Ces trois questions ne sont en fait que les facettes d'une même
interrogation. En principe, il ne peut y avoir aucun à priori; toute
recherche médicale devrait pouvoir être conduite. La recherche se doit
d'être universelle et intéresser tous les domaines de la médecine, mais
dans le monde tropical actuel, elle se doit avant tout d'être spécifique et
pragmatique; elle doit viser à procurer, le plus vite possible, le mieux
être de l'homme, de l'homme qui vit dans des régions tropicales, c'est- à-
dire de l'homme qui est encore trop souvent exclu des circuits de santé;
elle ne peut que s'atteler à défricher le vaste champ des inconnues de la
pathologie qui règnent dans ce monde tropical. C'est un réel devoir pour
les chercheurs tropicaux. Qui s'intéressera à ce type de recherche, qui la
conduira, si ce ne sont d'abord et avant tout les chercheurs réellement
concernés, c'est-à-dire les chercheurs du Sud? Elle doit être conduite en
priorité par des chercheurs originaires de ces régions. Ils ne peuvent
attendre que d'autres la conduisent à leur place ; c'est d'abord à eux de
définir les priorités spécifiques de la Région dans laquelle ils vivent, et
d'essayer d'apporter une réponse aux multiples inconnues qui existent
encore. Les priorités du Nord ne sont pas obligatoirement celles du Sud; la
fraction du PNB consacrée au Nord pour aider à la résolution des inconnues
du Sud est réduite. Les rares chercheurs du Nord qui consacrent leur
énergie à ces recherches le savent, et en pâtissent eux-mêmes. Ceci est
particulièrement vrai pour les recherches concernant la thérapeutique.
Quelle est la part consacrée en particulier par l'industrie pharmaceutique
à la recherche de thérapeutiques visant au traitement de quelques endémies
uniquement tropicales, comme la trypanosomiase? Cette part est pratiquement
nulle; les potentialités économiques des pays tropicaux ne sont pas encore
suffisamment attrayantes. Les recherches concernant le SIDA utilisent, et
c'est heureux, d'énormes fonds, mais il s'agit d'une pandémie mondiale,
même si ce sont les pays tropicaux qui, pour le moment, payent le plus
lourd tribu à cette affection; des montants identiques ne sont
malheureusement pas drainés par des affections, qui ont le tort de ne
pouvoir se contracter que dans des pays tropicaux, et avec des moyens de
contaminations moins nobles que le sexe.

La recherche médicale conduite sous les tropiques doit donc, avant toutes
choses, être dirigée vers les inconnues qui existent sous les tropiques,
sans perdre de vue l'impératif primordial que la Recherche doit viser à
procurer le bien être physique et moral de l'homme, c'est à dire à le
maintenir dans la plénitude de sa santé au milieu d'un environnement
souvent défavorable.

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