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E-MED: Lomé 2000

E-MED: Lomé 2000

[Le Centre européen de gestion des politiques de développement publie une
série d'articles dans son bulletin Lomé 2000 qui sont disponibles sur son
site http://www.oneworld.org/ecdpm
Voici pour information un article sur la promotion des partenariat
public-privé, débat qui est aussi d'actualité dans le secteur
pharmaceutique
Carinne Bruneton - ReMeD]

La promotion des partenariats public-privé
Texte intégral d'un article paru dans Lomé 2000, no. 9, novembre 1998: page
1

Les stratégies postindépendance conféraient à l'État un rôle prééminent
dans le développement. Durant les années 80, cette idéologie a été battue
en brèche. Le marché et la société civile ont été considérés comme les
moteurs du développement. En pratique, cela a conduit à un processus dans
lequel l'État a souvent été réduit à son expression la plus minime. À
l'approche de l'an 2000, le débat « État contre marché » perd une grande
partie de son intensité. La privatisation sauvage ou le démantèlement de
l'État sont désormais perçus comme étant tout autant une erreur que la
focalisation excessive sur le secteur public en vigueur par le passé. Cest
ainsi qu'en 1997, la Banque mondiale reconnaissait la nécessité d'un État
efficace qui puisse jouer un rôle de catalyseur - à côté des marchés, des
citoyens et des collectivités - dans la fourniture équitable de biens et de
services. 
Dans ce contexte, l'idée de promouvoir de nouveaux partenariats
public-privé gagne en popularité. Les défis posés par le développement, la
mondialisation et la lutte contre la pauvreté requièrent la mobilisation
totale des différents acteurs, ressources et capacités nationales.
L'établissement de liens entre secteur public et secteur privé - notamment
par le dialogue et des actions conjointes - pourrait se traduire par des
bénéfices majeurs en termes de développement. Cela pourrait également
accroître l'appropriation et la transparence, si des acteurs non étatiques
pouvaient participer à l'élaboration des politiques, pratiquer des choix et
fournir des biens et des services. 
Ce débat de politique semble être dune importance cruciale pour la
négociation d'un « successeur » à la Convention de Lomé IV. Les objectifs
de la coopération ACP-UE sont très ambitieux. Leur réalisation dépendra
surtout dun mélange approprié d'actions publiques et privées. 
Jusqu'à présent la coopération n'a pas vraiment contribué à la création de
synergies entre acteurs publics et privés. Au contraire, il y a eu une
tendance à « mettre tous les oeufs dans le même panier » (l'État central)
ou à adopter une « approche cloisonnée ». Durant le processus de
consultations préalable au livre vert, l'idée de diviser le « gâteau » de
Lomé en différents fonds (réservés respectivement à l'État, au secteur
privé et aux ONG) connaissait une certaine popularité. 
Les idées ont évolué depuis lors. Les mandats de négociation des ACP comme
de l'UE font référence à la nécessité de nouvelles formes de dialogue
public-privé. Il existe également un consensus sur le principe d'une plus
large implication du secteur privé et de la société civile dans la
coopération future, même si des divergences majeures apparaîtront sans
doute lorsqu'on en arrivera à la mise en oeuvre pratique. Pour l'UE, un
partenariat pluraliste ne semble pas simplement être une question
d'amélioration de l'efficacité, mais surtout un choix politique. La
promotion de partenariats public-privé efficaces et réellement équilibrés
ne sera cependant pas une tâche facile. Le degré de méfiance entre les
différents acteurs du développement est souvent particulièrement élevé. Ni
les gouvernements centraux, ni les représentants officiels de la CE ne
disposent d'une grande expérience en matière de dialogue, ni a fortiori
dans des formes d'action conjointe impliquant une large variété d'acteurs.
Les mécanismes et instruments adéquats facilitant les échanges
d'informations, la communication, la participation aux processus de prise
de décision et de mise en oeuvre, ne sont pas encore facilement
disponibles. Les capacités nécessaires à la génération de partenariats
public-privé font souvent défaut. Les acteurs non gouvernementaux des ACP
en particulier ne sont pas préparés à ce changement. Ils ont beaucoup trop
souvent tendance à voir encore l'État (et les gouvernements locaux) comme «
l'ennemi », contre lequel ils doivent lutter et avec lequel ils
n'envisagent sûrement pas de coopérer. Dans d'autres cas, il leur manque
tout simplement les capacités humaines et organisationnelles pour se
positionner en interlocuteurs crédibles des gouvernements et de l'UE. 
Dans ce contexte, il est bon signe de constater que les acteurs non
étatiques reconnaissent de façon croissante le besoin d'agir ensemble. 

La création dun forum des affaires ACP
Les acteurs non gouvernementaux reconnaissent de manière croissante la
nécessité de se préparer sérieusement s'ils veulent être considérés comme
des partenaires sérieux dans la coopération (future) ACP-UE. Un exemple
intéressant est la création récente dun forum des affaires ACP (24-25
septembre 1998). Emboîtant le pas à la Déclaration de Libreville des chefs
d'État des pays ACP, des chefs d'entreprise de différentes régions ACP ont
créé ce cadre organisationnel, de structure informelle, servant à articuler
les intérêts du secteur privé. Ce forum a été créé selon une approche à
partir de la base, les participants investissant leurs propres ressources
dans le processus et le suivi. Un comité informel de gestion, composé de
représentants d'associations d'entrepreneurs des différentes régions ACP, a
été chargé de préparer l'institutionnalisation progressive du forum qui
deviendra alors un organe réellement représentatif. Dans les prochains
mois, le forum se consacrera à l'établissement d'une base sociale de
soutien et tentera de formuler ses attentes par rapport à la future
convention par le biais d'un partenariat constructif avec les institutions
et les négociateurs ACP-UE. S'il jouit d'un soutien véritable, ce type de
collaboration public-privé peut se révéler bénéfique pour toutes les
parties en présence. 
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